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VISION DE L\ DISTANCE MOYENNANT LES DEUX YEUX

Les faits de vision de la distance à l'aide des deux yeux sont innombrables, et force nous est de faire parmi eux un choix très restreint. Pour une première orientation, exposons les choses brièvement en nous servant du langage plus ou moins psychologant généralement usité. Nous allons voir reparaître tous les raisonnements psychologiques mis en avant à propos de la vision de dis tan ce qui se fait à l'aide de l'accommodation. C'est même sur le terrain de la vision bi-oculaire qu'on les développe généralement dans toute leur ampleur, mais, ainsi que nous allons le voir, pas avec plus de logique qu'à propos de l'accommodation .

XXI. Points rétiniens identiques. Horoptère. — Exposons d'abord une terminologie autour de laquelle on continue à beaucoup discuter. — Les deux yeux étant dirigés au loin, sur le firmament étoile par exemple, l'étoile fixée paraît simple. Les sensations des deux fossettes centrales sont reportées au même endroit de l'espace, et vues simples : les centres des deux foveae sont ce qu'on appelle des points rétiniens identiques ou correspondants. Mais pendant qu'on fixe une étoile, toutes les autres sont également vues

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simples. Il faut donc que chaque point rétinien ait dans l'autre rétine son correspondant. Si nous tirons de chaque étoile les lignes de direction (ligne tirée de l'étoile sur la rétine, à travers le centre optique de l'œil), qui, dans chaque œil, marquent l'image rétinienne de l'étoile, on remarque que les points iden- * tiques se disposent identiquement autour des deux foveae ; une étoile à droite de celle fixée forme ses deux images à gauche et à égales distances des deux foveae. Si on superpose par la pensée les deux rétines, dans leur orientation normale, les couples de points correspondants se couvrent. — Pendant que les yeux sont ainsi dirigés au loin, un point apparaissant à une distance plus rapprochée, et qui forme ses deux images sur des points rétiniens non correspondants, paraît généralement double. A la suite de J. Mueller, on en a conclu généralement a) qu'un point qui forme ses images sur des points correspondants, est vu simple, et b) qu'un point qui forme ses images sur des points non correspondants, est vu double. — La première de ces propositions est généralement vraie. Quant à la seconde, nous verrons qu'elle est manifestement fausse. Néanmoins, comme on l'a admise en somme comme vraie, on a été amené (à tort) à attribuer une importance très grande au lieu géométrique des points de l'espace qui, dans chaque position du regard, forment leurs images sur des points rétiniens correspondants. On a donné (J. Mueller) le nom dlioroptère à ce lieu géométrique. Seuls les points de l'espace situés dans l'horoptère devaient être vus simples ; tout point situé en dehors de l'horoptère momentané devait être vu double. La forme de l'horoptère varie avec la convergence

LA VISION CHEZ l'hOMME 187

et la direction du regard. Avec les yeux dirigés au

loin, un plan vertical très éloigné, perpendiculaire

à la ligne de regard, est approximativement l'ho-

roptère. Dans les autres directions du regard, Tho-

roptère (théorique) n'est pas une surface, mais une

ligne très compliquée, une courbe du 3® et même

du 4^ degré (pouvant être

coupée en 3 ou 4 points par

un plan). Lorsque (fig. 2)

les deux yeux convergent

droit devant nous sur le

point 0, le cercle de la figure

2 (passant par le point de

fixation et les deux centres

oculaires) en constitue la

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