Ziegler. Psychologie animale, in Biol. Ceniralbl.t
6. Le Dantec. La matière vivante, in Encyclop, se. des aide-mémoire. Paris (sans date).
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qu'un esprit non familiarisé avec l'analyse physique et physiologique suppose à nos actions à nous, hommes.
Les données éventuelles du sens intime des animaux étant non existantes pour nous, la psychologie pure, introspective, appliquée à l'animal, ne pourrait être qu'un assemblage difforme de suppositions plus ou moins arbitraires. Nous n'arriverons jamais à prouver par les méthodes de la science positive — les seules qui soient applicables à la biologie comparée — qu'un animal éproiive des sensations colorées de telle ou de telle espèce, ni même des sensations en général. Dès que nous discutons des phénomènes internes, nous quittons le terrain de l'observation externe, et nous passons sur celui de l'observation interne, de la psychologie pure, interne. C'est ce que nous faisons si nous admettons des sensations chez l'animal. Nous ne saurons jamais si une fourmi, une limace éprouve des sensations. Et d'autre part que gagnons-nous en affirmant la chose ? Dire qu'une mouche « recherche » la lumière est au fond synonyme de dire que la lumière excite chez elle des mouvements qui la portent vers la source lumineuse. La première forme de cette proposition, la subjective, nous est plus habituelle que la seconde, la forme objective. De plus, elle est plus brève. Mais elle est susceptible de nous induire en erreur, en ce sens qu'elle affirme quelque chose d'une « âme », de « sensations », d'une « volonté» chez la mouche. Les astronomes peuvent aujourd'hui parler sans danger de la marche diurne des étoiles fixes et du soleil; personne ne s'y trompera, et ils évitent
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ainsi des longueurs de phrases. La physiologie des organes des sens est trop peu avancée pour qu'on puisse s'y permettre sans danger l'emploi d'expressions impropres.
L'hypothèse de l'âme des animaux, impliquée dans celle de leurs sensations*, ne peut en rien avancer nos connaissances ; mais elle donne lieu à des confusions. La tendance à supposer gratuitement aux mouvements des animaux des mobiles analogues à ceux que renseigne chez nous la conscience humaine fruste, non formée aux études physiologiques, em- . pêche même de poser scientifiquement les questions, et est un obstacle sérieux au progrès. Un observateur « psychologant » ou « anthropomorphisant », dit LoEB, n'a qu'à négliger l'analyse des excitants extérieurs, et du coup il découvrira partout chez les animaux une intelligence analogue à celle de l'homme, à peu près comme le sauvage, ignorant de toute analyse physique, voit des dieux dans le soleil et dans le feu, c'est-à-dire des êtres semblables à l'homme, ou bien qui voit dans une locomotive un monstre vivante Supposer aux actions des animaux des motifs psychologiques, dit Tn. Béer, c'est en somme dire qu'on ne connaît pas la cause réelle, phy-
I. Admettre avec Wasmann {Die psych. b'dhigkeiten der Ameisen, in Zoologica, p. 26. Stuttgart, 1899) et d'autres chez les animaux une perception sensorielle (sinnliche Empfindung) n'ayant rien de psychique, c'est créer de nouveau un agent imaginaire, comme la force vitale. Ou bien il s'agit d'un effet psychique comme chez l'homme, au degré près si vous voulez, ou bien seulement d'un processus physiologique, c'est-à-dire physique. Il n'y a pas à sortir de là.
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sîologique, d'une action, et « qu'on n'en est pas autrement étonné » .
Il n'y a donc pas à hésiter: il faut abandonner le langage psychologant partout où nous le pouvons. Or, nous le pouvons surtout en biologie comparée, et spécialement dans les questions de «vision comparée » ; nous allons en faire la preuve dans les pages suivantes.
Mais si on renonce au raisonnement par analogie, objecte Wasmann, il faut renoncer à la psychologie comparée! — Parfaitement, répond Uexrlll*, c'est ce que nous faisons. Et nous proposons de ne plus parler de psychologie comparée, mais de physiologie nerveuse comparée, ou de biologie comparée. Le nom de « psychologie ' » comparée est un leurre ; c'est un de ces termes qui fait accroire que nous savons quelque chose des faits internes éventuels chez l'animal, alors que nous n'en savons absolument rien.
En dernière analyse, on conclut à l'existence de sensations chez l'animal en observant les mouvements qu'il exécute sous l'influence d'agents extérieurs. Analysons donc (physiologiquement) ces mouvements. — Tout mouvement (d'un membre ou de tout le corps) est le résultat d'une contraction musculaire. La contraction musculaire résulte de l'arrivée de l'influx nerveux au muscle. Mais cet influx nerveux ne naît pas spontanément dans le nerf; il a sa source dans un processus physiologique des cellules nerveuses, qui elles sont activées (physiologiquement) par l'influx nerveux d'un nerf centripète. Et ce dernier