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Fio. 10.
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si chacune des deux photo-réceptions (bi-oculaires) avait une motricité pour le seul œil homonyme, mais, ainsi que nous l'avons dit, on parle d'une nouvelle motricité des photo-réceptions, de convergence celleci. Dans cette manière de voir, l'interprétation des cas des figures 7, 9, lo et ii se complique. Ces auteurs (Hering, etc.) admettent la bilatéralité de tout mouvement oculaire, mais l'analysent en deux composantes, en un mouvement bilatéral de direction, et en un mouvement bilatéral de convergence.
Reprenons a cet effet l'hypothèse des deux lignes visuelles dirigées droit au loin, et un point lumineux apparaissant en (photo-réceptions disparates). Les yeux exécuteraient d'abord (fig. 12) un mouvement de direction, c'est-à-dire un mouvement de fixation radiaire, qui amènerait les deux lignes visuelles dans les directions pointillées, et puis seulement surviendrait le réflexe de convergence (comme dans le cas de
NUEL. i3
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la fig. 8). Ce dernier mouvement devrait, pour l'œil gauche, être additionné au premier (nommé improprement mouvement de direction *), tandis que pour l'œil droit, il devrait en être soustrait : d'où dans ce cas l'inégalité du mouvement angulaire total des deux lignes visuelles. — Dans le cas d'un point lumineux apparaissant sur Tune des deux lignes visuelles
Fio. :
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parallèles, le mouvement de direction se produirait (fig. i3, lignes pointillées), puis, et presque simultanément, le mouvement de convergence ; mais comme les deux seraient égaux et opposés pour la ligne visuelle droite, cette ligne ne bougerait pas ^.
1. Les mouvements bi-oculaires simplement latéraux, en haut en bas, sans convergence, sont généralement appelés mouvements de direction. Ce nom est logique pour la théorie psychologique de la vision, qui fait découler précisément de ces mouvements la vision de la direction. En réalité, ce seraient des mouvements de fixation, mais de « 6xation de direction » si on veut. Les mouvements de convergence, nommés souvent mouvements de fixation binoculaire, seraient en réalité des « mouvements de fixation de distance ».
2. Hering trouve une preuve de ces deux mouvements dont serait animée ici la ligne visuelle dans un certain tremblement
LA \ISIU« (AÏE£ L HOMMIi:
11 est ce ri a
lors
le
t-erlain qiie lorsque le point « visuel o appa raît dans la |)ériphérie du cliiiiup visuel, le uiouvement bi-oculaire est au début plutôt un pur raouveaient de latéralité. El ce nosi f|ue lors(|ue le point appruêhe de la fixation que couimenoc le réilexe de convergence (positive ou négative, selon les cas). — Ce ne sont donc que les phuto-réceptions bi-oculaires de [a fovea et de son eiUourage qïiî provurpjent le réflexe de convergence, à peu près de uiénie que seuls les cercles de dîtlusion maculaircs provoquent le réflexe accanimodateur, — Il n'est pas sâus intérêt de faire observer c|ue la convergence et l'accommodation sont Tune et l'autre un réflexe servant à la vission iconique ; Tune et Tautre est provoquée par la rétine nouvelle, iconante. La périphérie rétinienne ne les provoque pas» — Une fois le mouvement de convergence commencé^ il interfère, il se combine avec celui de direclion, et les deux paraissent n'en former qu'un; les deux lignes visuelles se rendent plus ou moins directement à leur position définitive. — Cependant rien ne s'oppose à ce (pie l^interférence entre les deux niouveroents n'ait lieu déjà dans le cerveau.
Pa-Rinadd, conlirmé par d'autres auteurs, a décrit, » la suite de certaines lésions centrales rnal délinics encore, rme paraly'^ie de la seule eonvergencet sans paralysie véîitaljledo niufsclesocubiireïi- Les veux peuvent se tourner Ui*rmalemcnt a droite, à gauche (mouvement de direchiiu), uiaLs lu toiivergencc eist iuapO!)!»iljte. Pauinaui»
de t*œil droit pendant cjue «'obtient in (iiaUon binoculaire du point o (fig. i3). Mais ce trembtenient nVstîl pa» t'exprossion dû U rotAliôo que l'ceil exécute en même temps autour de sou #iti viîiucl. rotution dont nou» ne parlons pas ici ?
parle ici d'une paralysie d'un centre nerveux pour la seule convergence. En tout état de cause, l'observation semble démontrer que le fonctionnement d'une certaine partie du cerveau provoque le mouvement de convergence.
Ajoutons aussi qu'en cas de strabisme bien établi (concomitant), il ne se produit plus de convergence, mais seulement des mouvements (bi-oculaires) de direction. Enfin, chez les aveugles, il ne se produit plus guère de convergence mais souvent encore des mouvements (bi-oculaires) de direction.
D'autres observations récentes tendent à effacer toute distinction essentielle entre la vision de direction et celle de la distance. Il n'y aurait pas de simple vision de la direction. Dans leur repos musculaire, les yeux divergent plus ou moins. L'attention visuelle, l'acte de voir n'importe quoi, même très loin, les redresse, fait contracter les muscles droits internes, et place les lignes visuelles au moins parallèles. La vision bi-oculaire au loin ne serait pas une vision radiairc; ce serait une vision de distance, mais d'une distance très grande. — Si néanmoins nous avons maintenu la distinction entre la vision de la direction et la vision de la distance, c'est surtout comme moyen de grouper les matières, mais aussi pour ne pas trop nous écarter de la manière dont on expose généralement les questions de vision.
XXXin. L'importance véritable de la notion de l'horoptère et de celle de l'identité des deux rétines. — Dans les théories régnantes sur la vision, la notion des points rétiniens correspondants, et celle de l'horoptère, qui en est la conséquence, prend une importance absolument prédominante. Celte importance est outrée, puisque la définition primitive des points correspondants — couples de points qui servent à
h\ VTSînx CHEZ 1. HOMME
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voir simples — ne peut plus être maintenue^ puisqu'une infinité d'autres couples de points servent à voir simple. Nous jugeons inutile d'exposer les hypothèses conçues dans le but de sauver rnalgré tftut ridentite (dans le sens indK|ué) des points géonié- Iriquernent semblables dans les deux nMines.
Aussi longtemps qu'on parle d'identité des deux rétines, il y aura deux espèces de vision bi-oculaire de la dis lance, essenliellernent dilTérentes, dont l'une, comme on dit, se fait à Taide de la vision bi-oculaire simple, et moyennant les varîalions de la convergence, ou encore à l'aide de points rétiniens correspondants ; Tan Ire se ferait à Taide de la diplopie, k l'aide de photo-réceptions disparates, sur des points rétiniens non identiques, sans le secours de variations de la ci>n vergence. On peut retourner les choses comme on veut, on peut les exprimer à grand renfort de géométrie, moyennant la nrjtion de Thoroptere, ces deux espèces de vision restent, dans la théorie psycliologante, en une véritable opposition ; on nVntrevoit aucun hen i\\n les réunît, sinon que œ sont des ellctsde photo-réce|»tions bi-oculaires.
Nous estimons que les deux espèces dt* vision de la disb nce sont au fond la même chose ; que l'une passe insensiblement dans rnutre, et qtie Thyalus qui semble être béant entre les deux ne résulte pas des faits, mais seulement des théories régnantes, ainsi que du langage psychologico-géométrique dans lequel on nous représente les choses ; qu^enlin la notion do riioroptère ainsi que celle de Tidentitédes rétines n'ont pas Timportance qu'i>n leur attribue généralement, — I*our mettre la vérité de ces prof>ositions en évidence,
il importe de partir de ce fait qu'il peut y avoir vision bi-oculaire de la distance sans mouvements oculaites, à l'aide de photo-réceptions bi-oculaires quelconques en quelque sorte. Il est essentiel aussi de ne pas partir de la « vision psychique » , mais de parler des photoréceptions somatiques et de leur limitation par la biocularité des photo-réceptions.
D'après ce qui précède, chez un vertébré à deux yeux caméraires, immobiles (ou à peu près) dans la tête, et sans rétine iconante, une photo-réception bi-oculaire provoque en général une somato-réaction unique (vision simple), et nous pensons que celle-ci est limitée plus ou moins dans son excursion (vision de la dis lance). Chez un tel être, il ne saurait être question de points identiques, ni d'horoptère; la vision bi-oculaire de la distance se fait à l'aide de photo-réceptions bi-oculaires très diverses, sinon quelcpnques. Cet état est approximativement réalisé chez l'homme à large scotome central, et chez celui à paralysie congénitale complète des muscles oculaires extrinsèques : ils ne voient généralement pas double, mais voient bi-oculairement la distance à l'aide de photo-réceptions non identiques.
L'apparition d'un rudiment de fovea peut tout d'abord ne rien changer d'essentiel à cet état des choses. Cette fovea servira à produire des photoréactions somatiques hmitées quanta leur extension, de concert (et en combinaison) avec des points rétiniens assez variables. — Mais les choses doivent avoir changé avec l'afTermissement de la rétine nouvelle. Nous avons signalé l'utilité éminente qu'il y a de faire dépendre les photo-réactions somatiques, non
KA. VlSÎO:?f CHEZ L noinïE
de photo- réceptions quelconques, mais do celles qui prùduiseni. les suniaLo-réanfinns les plus précisées, cV^st-à"direde deux phoio-réac lions fovéales : le maximum de précision dans la linailation de ces réactions sera à ce prix.
Mais pour que Tobjel visuel forme ses images sur les deux foveae, il faut, notamment chez l'homme, des mouvements oculaires. Chez tous les animaux à rétines iconiques examinés à ce point de vue, Thomme y compris, il est im possible qu'avec les yeux au repos musculaire -^ un objet visuel produise deux photoréceptions fovéales. ^ous avons dit que déjà pour la vision bi-oculaire au loin, les yeux humains doivent converger activement ; el ils doivent converger d'autant jïlus t[ue l'objet est plus rnpprochc. Chez les divers vertébrés, ils doivent converger encore davantage.
La convergence n^a donc pas pour utilité, c'est-àdire pour raison phylogénique, de faire voir simple (ainsi qu'on le dit généralement), car la vision simple existait de tous temps. Elle n'a même pas pour raison de limiter l'excursion des somato-réflexes bi-oculaires, car la vision bi-oculaire de la distance préexistait à la convergence, et se produit encore sans variations de la convergence. Son but véritable (et sa raison phy logénique) est de liaire cpie cette limitation soit Teflet, non de photo réceptions bi-c^culaircs en quelque surte quelconques, mais de photo-réceptions bi-fovéales. A cet eflel, il ne su 111 1 pas du réflexe de convergence ; il faut encore, comme nous Tavonsdit, que le réllexe modifie les somato-réactions visuelles dans leur extension, ou plutôt qu'il les gradue prïur une excursion d'autant plus petite que la cnn vergence est plus forte (p. 2o5),
Le but du photo-réflexe de direction semblait aussi, à première vue, être de modifier les photo-réactions somatiques ; mais son but (physiologique) véritable à lui aussi est d'amener la fixation. La modification de toutes photo-réactions somatiques est, dans l'un et l'autre cas, un effet accessoire de la photo-réception, mais utile et nécessaire, pour des raisons physiologiques dont révidence saute aux yeux.
Su pposons maintenant une convergence pour une distance donnée. Toutes les somato- réactions bi-oculaires sont donc modifiées , limitées dans le même sens . La plupart des photo- réceptions sont bi-oculaires, et toutes servent à la vision simple et à la vision de la distance. On ne voit dans tout cela rien d'un horoptère, rien des points identiques ni des points non identiques. Déplacez un peu, par la pensée, l'une des deux foveœ (bien entendu dans le développement phylogénétique), cela ne changera rien à la vision psychique, mais le même somato-réflexe sera alors provoqué par des éléments récepteurs partielleipent autres. Ou bien supprimons par la pensée les deux foveaî — état d'ailleurs réalisé en cas de scotome central double — , et toutes les photo-réceptions serviront à voir simple et à voir (imparfaitement) la distance ; mais il ne pourrait plus être question de points rétiniens identiques, ni de points non identiques, ni enfin d'un plan ou d'une courbe horoptère.
Il y a en avant et en arrière du point de fixation une infinité de plans, dont tous les points sont, dans la vision habituelle, vus simples, et localisés exactement. Il y a donc une infinité de combinaisons entre couples de points rétiniens qui sont identiques. Physiologi-
hK VISIONS CITEZ L no\iMt:
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qucmonl parlaiiL, rien ne camct^^rise plus sptîcialeiiient ceux qui re<;oivent les réceptions des points d*nn plan ou (rime ligne dcterniinée, car ceux qui n'en dilItTciil qu'un peu servent à une localisation aussi exacte que les premiers. Prenons une courbe si tuée un peu en avant (ou en arrière) de rhoropterc des auteurs, et de chacun de ses points lirons les lignes de direction. Celles-ci mar€[ueront une autre série de couples de points, aussi identitpjes que c^ux des auteurs^ puisqu'ils servent à voir simple (et à localiser) les points de la courbe nouvelle. Ce cercle est lui aussi une courbe lioroptère, mais qui ne renfermerait pas le point de fixation. On peut imaginer, pour une convergence donnée, une inlinité de courbes boropteres, donnant chacune à considérer d^autres combinaisons pour les couples de points identiques. On a été amené à mettre hors pairTlioroptère renfermant le point de fixation, uniquement à cause de la supériorité évidente de la vision dans cette courbe puisqu'on accommode pour elle ; ensuite, le langage géomélritpje aidant, on en a fait quel(|ue chose de spécial, tVh part.
On ne ponrrait pas invoquer que seul un point luniineux situé dans V « horoptere de fixation » est fatalement vu simple* car nous avûns vu qu'un point apparaissant un peu au delà ou en deçà de cet horoplère est lui aussi fataleiniuit vu simple, puisque dans les cas les plus favorables, il faut pour voir doid)le une disparalion transversale des deux photo-réceptions de a à 3 uiiîliniotres (p. 197). Chez rhomme normal doue, il y a un très p-and nombre d'horoptères, une très grande comliinaison de points identiques.
On pourrait essayer de sauver physîologiquement le
plan lioroptère par la considération de raccommodalion . L'accommodation, toujours calculée pour la distance du point de fixation, donne le maximum de netteté à toutes les photo-réceptions d'objets situés dans un plan, vertical passant approximativement par le point de fixation, ou situés dans Thoroptère de fixation. Il y aurait donc une utilité physiologique, et partant une raison phylogéniquç, à faire dépendre les photo-réactions somatiques toujours de photo-réceptions correspondantes. Une photo-réception non nette, dans la périphérie du champ visuel, provoquerait un changement d'accommodation (et de convergence) qui amènerait l'objet dans l'horoptère. Les points rétiniens identiques seraient ceux qui produiraient ainsi habituellement les photo-réactions somatiques, et l'horoptère serait le lieu géométrique momentané des points lumineux qui produiraient habituellement les photoréflexes somatiques (binoculaires).
Mais, nous l'avons dit, ce n'est pas ainsi que les choses se passent. Des photo-réceptions périphériques provoquent des somato-réactions en somme identiques, qu'elles soient nettes ou floues. 11 n'y a donc pas de raison pour qu'elles provoquent le réflexe accommodateur, et en réalité elles ne le provoquent pas. Mais il y aune raison impérieuse pour qu'elles provoquent les réflexes oculaires qui portent les deux photo-réceptions sur les deux foveae.
Le réflexe accommodateur, comme du reste le réflexe de convergence pur, n'ont de raison d'être que pour des photo- réceptions fovéales. Seuls les photo-réflexes somatiques des réceptions fovéales peuvent être réellement précisés par l'accommodation. En fait (p. 147). les photoréactions sur la périphérie rétinienne commencent par provoquer un réflexe de direction, et ce n'est que lorsqu'elles sont plus ou moins fovéales que commencent et le réflexe accommodateur et le véritable réflexe de convergence.
I \ \ tSiON <:nEZ i. ITOMMP
L«» uiammileres chez lesquels un nidimenl de fovcaa fait soQ apparition, le bœuf, te cheval, ne convergeant guère, et cependant il est certain qu'aucune photo-réception bi-oculaire ne provoque chez eux une double léaclioii soniatique (diplopie). La possibilité niôrne de cette double photo-réaction somalîqua, en d'autres mois la possibilité de la diplopie, paraît s*élre développée au Fur et h mesure i|ue la lîxation bi -oculaire devint prédominante, aiitrenienl dit avec le développement de la Tovea, En vertu de ce développement, les photo-réactions somaliques devinrent de plus en plus ibnctîon des pholo-récopiions Ibvéales, Et révolution naturelle aidant, a disparu plus ou moins la néTessité de ruuité de réaction somatique pour les photo- réceptions très disparates. Cette imité de photo-réaction suppose en elTet une complication des mécanismes nerveux qui doit disparaître |>ar le non-usage. Ainsi doit-il être arrivé tpjc la diplopie est devenue possible |X)ur des photo-récepCions dépassant une incongruence transversale de deux à trois millimétrés dans et autour de la Fovea. Il en est arrivé que dans et vers la tovea, les points de Thoroptérede fixation, ainsi que ceux des plans voisins, sont plus nécessairement vus simples que ceui de plans situés Tort en deçà et fort au delà de Thoroplère des auteurs. Mais cette faculté, ou pluttM cette infirmité, n'apparaît même jias dans la vision habituelle ; elle ne se manifesle (pie dans des conditions (expérimentales) rendant plus diilicile la vision simple ' .
De même donc c[ue la vision radiaire tend à se faire toujours moyennant des mouvements oculaires (de direction) et la Ibvea, de même aussi la vision bi-ocuJaire de la distance tend de plus en plus h se faire moyennant
l. La vision simple avt^c de^ plioto-réceplions à dlsparîLiQn longitudinale n*3 pu s*étabiir (v, p. i 97), parce qno nornialement tt no se prodiïit pas de telles photoréct/plion».
des mouvements de convergence et les foveae, bien qu'au fond et originairement Tune et Tautre de ces visions se soient faites sans mouvements oculaires et à Taide de toute rétendue de la rétine.
Dans le strabisme concomitant, chez Thomme, il ne se produit plus de convergence, mais seulement des mouvements parallèles (de direction) des deux yeux. Les cas où il y a diplopie ne sont pas un retour à un état ancestral ; il y a plutôt désarroi fonctionnel ou mise hors fonction de l'appareil de vision bi-oculaire. Les cas où il n'y pas de diplopie sont plutôt un retour à un état ancestral ; il parait y avoir effectivement chez ces personnes une vision imparfaite, mais bi-oculaire, de la distance. On a môme parlé ici d'une correspondance nouvelle qui se serait établie. C'est plutôt la vision bi-oculaire simple, primitive, celle de la distance sans mouvements oculaires.
XXXIY. La notion psychique de la distance visuelle et la convergence. — De même que le simple photoréflexe oculaire de direction (voir p. i63), celui de la convergence est donc le résultat d'un mécanisme réflexe autQ-régulaleur des photo-réactions soma tiques. Si, comme on le fait généralement, on néglige totalement ces dernières, la notion de la distance paraît être répiphénomène psychique de la convergence. Mais la convergence ne produit cet eflel qu'indirectement, en modifiant les photo-réflexes somatiques. C'est à ceux-ci qu'est lié le fait psychique, et c'est avec eux que se modifie le fait psychique. La représentation psychique visuelle de la distance paraît être l'épiphénomène psychique de la convergence surtout dans les cas assez nombreux où le photo-réflexe de convergence parait être la seule photo-réaction. Nous
h\ VISION CHEZ L ÏÏOMMIi 229
prétendons que dans ces cas, la photo-réaction somatique existe au moins dans sa portion nerveuse, celle précisément qui est ticcom[>agn€e de cet épipliénomène psychique. La représentation ou projection visuelle de la distance, ou encore la vision do la distance, est donc répiphenomenc psychique d'une so^ Tnakhréaction uni(|ue, provoquée par certaines photoréceptions bi-oculaires ; cl comme la convergence modilie ce sonialo-réllexe, il oioditie également, mais par un intermédiaire, la représentation visuelle de la distance. — La convergence est une plioto-réaction de Tordre des réactions viscérales^ qui, généralement, ne sont pas accompagnées de faits de conscience, au inoins pas de faits de conscience objectivante (voir aussi plus loin, photo-réjïexes sécréteurs). — Ainsi se fait-il qu'en général, le déterminisme physiologique de la vision (psychique) de la dislance est précisément celui de la production de somato-réactions provoquées par certaines photo-réceptions bi-oculaîres.
Nous n'avons pas besoin de rappeler plus spécialement que de la manière dont nous envisageons les choses, nous remplumons les facteurs psychiques hahitueïlemcnt invo* qués en vision bî-oculaire de la distance (sensations de convergence, répulsion pour la diplopie, etc.) par des processus physiologiques bien définis, niais inconscients*
A certains égards, il seniblerart que notre manière de voir est onç variante de la théorie des sensations d'innervation. Knlre les deux, il y a en réalité un abhne. 11 y a d*abord ladiirércncet|ue nous recourons à des innervations motrices pour le corps» et non à des innervations pour rœil. Mais nous nions formellement qu'entre le processus de photo-réception et la représentation spatiale
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vienne s'interposer un élément psychique non spatial, comparable aux sensations visuelles. — Hering et d*autres auteurs attribuent à toute sensation visuelle une qualité spatiale. Or, c'est là partir en somme de la définition d'un état psychique, et admettre la perception visuelle de l'espace comme un fait non susceptible d'une analyse ultérieure. Une opinion analogue est celle des auteurs qui, tout en n'invoquant pas de sensations (pures) de l'équilibre, estiment que les innervations provenant du labyrinthe renseignent directement sur le haut et le bas, provoquent des « sensations spatiales ». Ces opinions envisagent erronément les états de conscience comme le but physiologique des innervations centripètes, et y voient la cause des mouvements correspondants. Pour nous, le but physiologique des innervations centripètes, ce sont les réactions somatiques. Les faits psychiques sont rattachés à l'innervation de ces réactions par une causalité très spéciale (p. 19) ; ils ne sont pas la cause de ces innervations ni de ces mouvements, mais plutôt le produit de ces mouvements.
Cette manière d'envisager la perception (visuelle et tactile) de l'espace rappelle la théorie de Lange * et de James 2, d'après laquelle les émotions ne seraient pas la cause des mouvements « expressifs » mais qu'elles naîtraient de ces mouvements, plutôt comme effets. Nous tenons à relever cette similitude, sans y insister davantage.
Rappelons encore que c'est à des conclusions du même genre en somme qu'arrive Reddingius, l'auteur récent qui a peut-être le plus profondément fouillé les questions de vision binoculaire, conclusions qu'il résume (voir plus