Lange (G.). Veber Gemûthsbeivegungen. Leipzig
2. James (W.). The principles f Psychology. hondon, 1890, n, p. A49 ; voir aussi Sergi (G.). Les Émotions. Paris, Octave Doin, 1901.
LA VTSTOX CITEZ h HOMME
haut p. 3o3) en disant que le « but » véritable de la convergence n*est pas tant la représentation de la distance que la limitation des photo-réactions somatiques.
XXXV. Vision bi-oculaire détaillée d'un objet plus compliqué. — Choisissons comme tel un cône tronqué (fig. i/i) transparent, en verre, dont les arêtes se marqueraient par une luminosité à part* Les deux yeux le regardant de haut en bas, le voient simple dans tous ses détails, et avec son relief exact.
Supposons qu'ils fixent un point de la base. Celle-ci sera vue simple et localisée exactemefit, étant située approximativement dan« l'horoptère. Nous disons approximativement, car rhoroptère n'est 'pas un plan, mais une ligne. Les différents points de la face du sommet forment des photo-réceptions non correspondantes, mais cela ne les empêche pas d'être localisés très exactement. La théorie psychique invoque ici des doubles images inconscientes. Il est vrai qu'on arrive à voir doubles les points du sommet,
mais seulement en procédant de la manière indiquée à la page 189, notamment en couvrant les yeux alternativement, de façon à provoquer la vision radiaire.
Fig. i!i.
uiiioculaire, et à faire disparaître (p. igi) la vision bioculaire de distance, à exclure le fonctionnement du mécanisme nerveux de la vision bi-oculaire de distance. Mais alors le relief disparaît. Le doigt qu'on voudrait pousser à Tendroit d'un point du sommet n'y arriverait pas, au moins pas du premier coup.
Un coup d'œil bi-oculaire jeté sur l'objet nous le fait voir avec son relief, ou (c stéréoscopiquement », comme on dit aussi. Mais l'impression des fins détails du relief, nous ne pouvons l'avoir que moyennant les deux foveœ. C'est pour cela, et non pour nous procurer des sensations musculaires, que nous laissons errer le regard bi-oculaire d'un point du cône (de la fig. i4) à l'autre, le long de sa hauteur, depuis la base jusqu'au sommet. La première impression bi-oculaire donne les gros contours* de l'objet ; les deux foveœ, les deux rétines nouvelles, en fouillent les détails, mais successivement aux divers endroits, et ces visions successives (Coexistent plus ou moins.
La véritable vision de la distance, dit Hering, se fait à l'aide de changements incessants de la convergence ; la vision à Taidc du regard immobile est un état anormal que nous imposons à notre organe visuel, en vue d'expériences scientifiques. Chaque fois que nous « regardons » réellement, nous ne cessons de mouvoir nos yeux. — Cela est parfaitement vrai chez l'homme. Mais il ne faudrait pas en inférer que la vision du relief est impossible sans ces mouvements oculaires, et Bruecke notamment est allé trop loin en supposant ces mouvements absolument nécessaires à la perception de la distance et du relief. — Nous contestons aussi qu'à son origine phylogénique, la vision
tA VISION CHEZ l/llOMME 333
Li-ociilaitT de la distance se snît raite moveiiiumt lus niouvemenls oculaires.
l'bîon de la distance ah.^ohie et de la distance relative, — Daria la vision bi-oculain» delà distance, il l'aut diâliogiier tnlrc la \isiau de la distance absolue et celle de la distance relative. Nous avons dit tjue la première c^st assez imparfaite ; la S4!c«nde, au contraire, est d*nne f^ande précision : nous savons si un point luaiinenx est ] il us près ou plus loin qu'un auh'c. Lorsqu'il uc s'agit jms de la vision de la distance d'un seul |K>iut, mais de colle d'un ensemble de points (distance absolue et dislances relatives), on parle généralement de vision sù'rMscopique.
XWVI. Vision dans le stéréoscope. — Bien h distinguer de la a vision stéréoscopique » est la a vision dans le stéréoscope ». Celle-ci est une vision steréoscopique dans des conditions absobiment anormales, artificielles» h Vaide de pboto-réce[itious bi-ocnlaires iw prov(^nant pas du même objet* Le principe en est réalisé clans IVxpéricnce de la ligure 5 (p. 198)* Il aulliraîl à cet cflet de placer sur la glace un ou plusieurs couples de points inégalement distants, et qui pourront eux aussi être vus simples* nuiis vus à des distances dilTérentes, selon leur écarlement sur la glace, — Bap[iclon3 atissi rpie le |ioint unique, vu à Vaide des doux poinls a et b (tig. 5), est vu derrière la glace, à Tendroil pour lequel les deux jtniTc convergent, et qu'à ctUé de ce point bien localisé quant à sa distance, on en voit deux (chacun avec un autre œil) qui ne sont pas ou guère localisés quant à leur distance.
Revenons maintenant à la vision bi-ocuiaire d'un c^Sne tronqué (fig, i4)- A un moment donné, chaque œil pris isolément voit le cane d'un point de vue dillérent» et en reçoit une image perspective dilférente de celle de Taulre icil. S'ils fixent le centre c de la base du cane, Timagc
perspective de l'œil droit est D (fig. i5), tandis que celle de Tocil gauche est G. Or, Weatstone a réalisé le problème suivant. Par un artifice, il obtient que chaque œil regarde son image à lui. Que par exemple chaque
FiG i5.
œil fixe un des points homologues, géométriquement semblables, des grands cercles représentant la base du cône. Les images rétiniennes des deux grands cercles seront approximativement congruentes (correspondantes), vues simples, et localisées très exactement (de par la convergence, comme on dit), derrière le plan du dessin, dans un plan passant par le point vers lequel convergent les deux yeux. Les images rétiniennes des petits cercles (du sommet), au contraire, ne sont pas congruentes; mais elles
FiG. 16.
sont vues simples et localisées exactement en vertu de la vision de la distance à l'aide de photo-réceptions non correspondantes. Somme toute, on voit un cône tronqué, bien localisé, et avec son relief exact. — La figure 16 représente
de même une figure stéréoscopique d'un cône creux, dans rintérieur duquel on regarderait par la base. — Les deux dessins G et D, 1, de la figure 17 sont une vue stéréoscopique d'une pyramide tronquée, regardée par son sommet. Les dessins II de la même figure sont une vue stéréoscopique de la même pyramide, dans le creux de laquelle on regarde par la base.
FiG. 17.
Les deux « images stéréoscopiques » fournissent dans les conditions indiquées les mêmes photo-réceptions que la vue de l'objet lui-même. — De plus, pendant qu'on regarde de cette manière la figure 16 par exemple, on se surprendra à laisser errer le regard, de façon à amener successivement en fixation les différents points correspondants des deux figures. Des points y et y' de la base, il se porte sur les points x et x' du sommet (situé plus loin). Or, à cet eflet, l'œil droit doit exécuter un mouvement plus cxcursif que le gauche : la convergence diminue. Pendant que le regard bi-oculaire erre sur le dessin stéréosco-
Ijx
pique, il survient les mômes changements de convergence que s'il errait sur l'objet lui-môme.
Weatstone a été le premier à imaginer une disposition permettant devoirstéréoscopiquement des vues stércoscopiques. La figure i8 donne le principe du stéréoscope de Brewster, plus maniable et plus usité que ^^ celui de Weatstone. — En o
et m sont placés les deux dessins stéréoscopiques du môme objet, pris de points de vue un peu différents, écartés à peu près de la distance interoculaire. Chaque œil regardant le dessin qui lui correspond, c'est à peu près comme si les deux regardaient l'objet.
Comme on éprouve de la difficulté à diriger les yeux parallèlement, pour regarder un objet qu'on « sait » très près de nous, on laisse les yeux converger, mais on place au-devant de chacun d'eux un prisme à base externe. Alors on arrive à voir les deux dessins m et o comme s'ils étaient superposés en c. On supplée à l'accommodation pour une distance aussi rapprochée en donnant à chaque prisme une surface convexe. Dans le stéréoscope de la figure 8, les deux verres n et p sont les deux moitiés d'un€ lentille sphérique, disposés de façon à produire les deux effets, le sphérique et le prismatique.
Dans ces essais de vision, il arrive qu'aucun détail des deux images ne forme des photo-réceptions correspondantes. Alors la vision stéréoscopique n'a pas lieu. Chaque œil voit radiairement, mais chacun d'eux voit deux images, c'est-à-dire qu'on en voit en tout quatre. En modi-
Fio. 1
LA VISION CHEZ ï/flO>IME 23j
fianl la convergence, on arrive toiil d'un coup à voir le relief : deux des qnalre inia^'es se sont rapprochées, pids brusq^nenienl elles se sont a fusionnées >;, comme on dil . Mais il resle les deux airlresi injajt^^es* qui fMinirraicnl, gt^iier; et pour les supprimer» on place daji.'^ le sléréoscope \\n <k;rnu snîvjinl le plan médian, qui empi^'rlie cliaijue ijDÎl de voir le dessin deslînc seul emenl li l'an Ire œil.
On peut voir le relief d'un dessin slércoacopique sans le secours d'aucun insLrumenl, poiuvu (|u'un réussisse à mcltre les deux ypuv à peu près parallèles, do laroii à ce f|ue chacun regarde son image h lui. El paui^ oblenir la netlielé/d faut que 'es vcui soient nijopes» ou bien qu'il» accommodent, ou encore qu'ils regardent à travers des verres positifs.
On [)eut aussi a fusionner », c'est-a-dire \oir sléréoscopîquement des dessins stéréoscopiques avec un excc*s de convergence. On réalise alors le cas de la tigure 6 (p. icjt)). Le dessin de la ligure î5, regarde ainsi, donne loulefois l'impiession d'une pyramide creuse, dans laquelle on regarderai! par la hase. — Ou peut donc voir stéréoscopiquemenl u'imporlc quelle \ ne sl.éréoscopique, avec un excès de convergence, mais il faut mettre à gauche la vue de droite, et vice versa. On voit alors plus près (et plus petit).
L'on sait qu'on obtient une vue stéréoscopique d'un objet «[uelconque en fe pliotographiartl deux fois, de deuït points de vue difîérents» distants a |>eu près de la dislance interoculaire. On cctnslalcra dcTuneà l'autre de CCS deux vues des inrongruences du même genre que celles de la ligure it» par cxenq>le. incongruences rt^^ullant de re que les dilïïVents délails de l'objet ne sont pas situés dans le même [jlan. La perspeclive linéaire diiïere de Tune à l'autre image.
\\\ VU . Associations des mouvements oculaires.
Avec Reddingius et Parinaud, nous voyons dans les mouvements oculaires des photo-réflexes. Avec Bering, AuBERT, Parinaud ct Reddingius, nous admettons que ces réflexes reposent sur des mécanismes nerveux congénitaux, que leur forme spéciale, le fait qu'ils s'exécutent conformément à la loi de Listing, est déterminé nerveusement à peu près comme la forme des mouvements de l'avant-bras sur le bras est déterminée par le mécanisme de l'articulation du coude. L'association si intime entre mouvements oculaires divers repose de même sur des mécanismes congénitaux. Telles sont l'association entre les mouvements des deux yeux, celle entre la convergence, la pupillo-constriction et l'accommodation du même œil, et enfin celle entre les mouvements fixateurs de la tète et ceux des yeux.
IIelmholtz est d*avis que ni la forme générale des mouvements oculaires, ni les associations entre les divers mouvements oculaires, ne reposent sur des mécanismes nerveux congénitaux. Tout cela serait le résultat de Texpérience individuelle plus ou moins consciente.
Les mouvements ou rotations de tout l'œil, nous les avons décomposés en mouvements de direction et en mouvements de convergence. Les mouvements de direction purs sont toujours absolument bilatéraux, de même sens et égaux. Quant aux mouvements de convergence purs, ils sont également bilatéraux et égaux, mais de sens contraire. Les mouvements d'accommodation sont également bilatéraux et égaux, de même que . la pupillo-constriction survenant dans la vision de près. Sous ces trois rapports, les deux yeux sont in-
nervés simultanément, romme s'il n'y avait qu ua seul œil (cylopeeo). La physiologie aime à parler ici do trois centres uniques, ou encore de six centres (trois jK)ur chaque œ']ï) qui seraient reliés fonctiomiellement deux à deux.
Il Y a ensuite Tassociation entre divers mouve- Tnents du même œil. En crénéralj nous ne pouvons pas converger pour une distance, sans accommoder pour elle ; de mêmeraccommodationesl toujours accompagnée de convergence pour le môme point, même chez le borgne. En même temps il y a pupiUoconstrictîon. Ces trois réflexes sont simultanément provoqués : a) par des cercles de dilTusiou maculaires, et fcjparune photo- réception bi oculaire maculaire, mais non-lbvéalc et bi-temporale. Quelquefois on admet que cV^st là un seul et même réflexe, sous la dépendance d^in seul « centre moteur »).
Selon que les auteurs étudient plus spécialement tel ou tel de ces mouvements oculaires, ils le consi^ dèrent comme résultat principal ou « but » de la photo-réception, et les deux autres comme rattachés, u associés » h lui, et comme plus accessoires. Le plus souvent, on étudie avec soin la convergence, et on dit Taccommodation associée k la convergence* Dans d'autres circonstances, on pourrait dire avec tout autant de raison que la convergence est associée à laccommodation, pav exemple lorsqu'on couvre un œil et qu'on rapproche de l'autre un objet (en sollicitant raccommotlation par les cercles de ditTusîon). Alors les deux yeux accommodent et convergent, bien qu'il n'y ait qu'une photo-réception monoculaire, La théorie psychologique invoque ici la repré-
sentation de l'objet à une distance rapprochée, représentation résultant de Taccommodation, et qui innerverait à son tour, par habitude, la convergence. En tous cas, cette théorie n'explique pas comment la même convergence se produit chez un borgne de naissance, et dont les globes oculaires (avec leurs muscles) sont bien développés.
La contraction pupillaire qui survient dans la vision de près est tantôt rattachée à la convergence, et tantôt à l'accommodation. Personne n'a songé à y rattacher, à y associer soit l'accommodation, soit la convergence. Cependant, chez un vieillard n'accommodant plus, mais chez lequel les cercles de diffusion provoquent la contraction pupillaire (d'où plus grande netteté des images rétiniennes), on pourrait songer à y associer la convergence en voyant que Toeil couvert (ou l'œil borgne) converge lorsqu'on rapproche un objet de l'œil découvert.
On a discuté la nature de l'association entre les mouvements oculaires, notamment en étudiant les mouvements oculaires du nouveau-né, puis en analysant la vision et les mouvements oculaires chez les aveugles de naissance qui ont acquis la vision à l'âge adulte, et enfin en étudiant l'élasticité dans les associations entre mouvements oculaires.
\XX\III. Mouvements oculaires du nouveau-né. — Si la forme et les associations des mouvements oculaires résultaient de l'éducation individuelle, il faudrait trouver trace évidente de leur indépendance chez le nouveau-né. Or, lors des premiers essais visuels
LA VISIOTÏ CHEZ L^UOMAIE 3^ 1
du nouveau-né, on ne trouve pas la moindre trace lV c essais » préalables à Texpériencc individuclli:" tant invoquée.
Les yeu3t des nouvcîau-nés exécutent pmsque exclusîvemcnldcs mouvements de direction hilatémux et égaux, en haul, en bas, à droite, etc. Exceptionnellement on a signalé les tout premiers jours quelques rares mouvements asymétriqiîcs, par exemple un œil tourné plus en baut que Tautre. Dés les premiers jouiis on constate aussi, comme chez ladulte, Tassociation intime entre les mouvements de» jeux cFunc part, le relèvement de la paupière et les mouvements de la tète d'autre part. — Néanmoins une lumière promenée dans la périphérie du ctiamp visuel du nouveau-né ne provoque aucun mouvement oculaire de direction, ni les mouvements (fixateurs) de la tête. C'est qu'à la naissance, seule la Ibvea fonctionne ; le champ visuel s'étend ensuite, mais il lui faut des mois avant qu^il atteigne son étendue normale ((jUGPiET, Proeïi'}. a la naissance, seul le faisceau fovéâl du nerf optique est myélinisé et en état de fonctionner (Flecusig).
Les mouvements de convergence sont très tardifs à se montrer, et surtout à bien s'établir, même pour un objet amené contre les lignes visuelles. Il ne faudrait pas y voir simplement le résultat du défaut de toute expérience individuelle. La raison en est certainement qu'à la naissance, Tappareil visuel n'a pas achevé son développement.
t. CuiGNET. Jnn. d OcttL, 1871, |». 117. — Pketfr, L'nme de t enfant, Varh, Alcaii, 1887.
Avec deux champs visuels à peu près puncliformes, une lumière pourra difficilement produire deux photorcceptions bi-lemporales sur des endroits rétiniens fonctionnant déjà. Les cercles de diffusion fovéaux devraient à la vérité provoquer et Taccommodation et la convergence ; mais il est probable que pendant des semaines encore après la naissance, cela n'a pas Heu parce que les voies ou les centres réflexes de ces actions n*ont pas encore achevé leur développement. Ce développement une fois achevé, les divers photo-réflexes sur les yeux s'établiront rapidement, n'exigeant qu'une très courte mise en train. Le vol de l'oiseau et celui de l'abeille, mouvements réflexes s'il en fût, ne sont pas non plus, dès le premier essai, réglés visuellement à la perfection.
Nous estimons qu'il ne saurait guère être question d'états de conscience visuelle chez le jeune enfant avant qu'il se soit produit chez lui des photo-réactions somatiques (des bras par exemple). Imprécis d'abord, les états de conscience visuelle se préciseront graduellement avec les photo-réactions somatiques.
XXXIX. Élasticité dans les associations entre mouvements oculaires. — Nous accommodons pour le point fixé, et nous convergeons poiir la distance pour laquelle nous accommodons ; généralement nous ne pouvons nous empêcher de faire l'un sans Tautre.
Mais un point fixé bi-oculairement continue à être vu nettement si on le regarde à travers des prismes de quelques degrés placés avec les bases nasales ou temporales. Dans le premier cas, la convergence nécessaire à la vision simple a diminué, dans le second elle a augmenté, et néanmoins l'accommodation n'a pas varié. — De même un point (ou un objet) continue à être \ii nettement et simple si on le regarde
LA VISIOT* CHEZ l' HOMME a^'^
des deux yeux à travers des verres positifs ou négatifs^ qui fiécessîlenl un changement de racromuiodalion tout en neuiodifiaut pas la convergence. — Pour une niL-medislancedu point fixé bi-ocu la irenicnt, un liypermélrope doit accommoder plus, un myope doit accommoder moins qnim emmétrope ; une personne plus Agée doit acconmioder plus, c'est à-dire contracter son muscle ciliaire plus qu'une personne plus jeune. Les faits précédents révèlent donc dans la liaison entre le degré de la convergence et celui de l'acconimndation un manque de li\ité que la lliéorie psycliique de la vision s'est empressé d'utili&er en sa faveur. * — Helmholtz considère notamment Tassociation enln^ la convergence et Tacconmiodation comme tout à (ait acquise dans la vie individuelle, k la suite d'un jugement cpiî aurait démontré Féminente « utilité pratique M de cette association. — 11eri?ig relève à ce [iropos avec raison que le fait d^être plus ou moins modifiables ne prouve aucunement que ces associations ne reposeraient pas sur des mécanismes congénitaux. On n'aurait que Tembarras du choix en citant des exemples d'actes purement réflexes, mais modifiables.
Au fur et à mesure qu'on pousse davantage Fanalyse physiologique de ces modifications dans les associations oculaires, on en découvre le déterminisme physiologique. C'est ainsi que la plus faible accommodation de rœîl myope, et la plus forte de Ta^il hyj>ermélrope pour une m^me convergence s'explique en partie au moins sanii le secours d*une modification des innervations, mais grâce h l'atrophie relative du muscle ciliaire chez le myope, cl son hypertrophie chez l'hYpermétrope (Iwanoff *), d'où
1^ YwANorF. Arch, f. Ophthalm„ 1869, XV, 3, p. a8V
que le pouvoir accominodalcur est moindre chez le myope, plus fort chez l'hypermétrope (Fromaget et Bordier*). Une même innervation accommodative produit chez le premier un changement dioptrique plus fort que chez le second. De même aussi une môme innervation motrice développe chez le forgeron une flexion de Tavant-bras plus forte que chez le tailleur.
Pour ce qui est de Teflet produit par des lunettes prismatiques ou sphériques sur le degré d'accommodation qui accompagne une convergence donnée, il se confirme de plus en plus qu'un changement survenu dans la convergence n'est pas toujours dû à une modification de la contraction des muscles droits internes, mais quelquefois à une modification de l'état contractile des muscles droits externes. Dès lors, en supposant que l'accommodation soit associée, non à la convergence en général, mais seulement à celle qui est due aux muscles droits internes, il pourra se faire que la convergence se modifie sans modification parallèle de l'accommodation, et vice versa. Pour cette question et d'autres analogues, nous renvoyons au livre de Reddingius.
XL. L'œil qui se meut est un organe récei^tiTomoteur (senso-ïnoteur). — Tous les mouvements oculaires s'exécutent d'après le plan général qui préside aux mouvements congénitaux les plus divers. La circulation, la respiration, la phonation, la marche, la préhension des aliments, etc. sont excités, ou au moins réglés en voie d'exécution, et dans leurs moindres détails, par des réceptions incessantes. Les contractions du cœur et la respiration sont réglées par des innervations non conscientes provenant de ces organes.
L'équilibre du corps est constamment surveillé par les