‹ La visionChapitre 42 sur 68 · I. Fromaget et Bordier. Arch. d'Ophtalm., 1897, p · texte numérisé non relu

I. Fromaget et Bordier. Arch. d'Ophtalm., 1897, p

tA VISION CIÎE7, f/ HOMME 2-^|5

înnm valions irjconscîrnlrs prnciVînnI d\i vfslîbuln dr» rorcillc (sensdi? IV^quilibre), En casiic siirclitc ou d*ancsilu^sic du larynx, la voix n'est plus proft'rue, ou elle dévir*nt anormale. Un mouviMiii^nl de prcliension du Lras sérail arrête, en voie d^ext'^cution, a rinslaut même où ['organe viendrait h pire prrvé des rcVeptions inconscientes diles du sens musculaire. L'Ane auquel Gli. Bell avait sectionné le nerf sous-orbi taire ♦ uullenienl moteur, faillit mourir d*inariition, parce que les mouvements de la lèvre supérieur**, poiu' la préhension des alimenls, étaient privés de leur régulation pnr les tango-réceplious. Ce sont au la ni d'exemples de régulation de mouvemenl^ excités par des réceptions autres que celles cpii les règlent lors(|u'ils sont en voie dVxécution. La mixtion, la défécation, la toux, rélcrnuement^ eU\ sont, des exemples do mouvements excités par des réceplions dans des orgimes internes. — On donne aujourd'hui le nom dWgaues excito-moti^urs ou scnao-motcurs aux orgaries animés de tels mouvements. Le nom « exeito-moleur » est par tiY»p général. Celui de « senso-nioti ur » implique la noliou d'une sensation comme cause du mouvemenl. v Bére|>lîvo-moleur » conviendrait mieux, — Les réceptions réo^ulatrices sont les unes francheuïenl inconscionlcs, les autres plus ou moins conscientes. Mais le fait d'être réglé pur une innervation (centripète) consciente n'enlévo en rien au mouvement son caractt^'Te réllexe. D'ailleurs, s'il y a conscience, elh» est souvent tellement vague, obtuse, qu'avec la meilleure volonté on ne saurait y voir la cause du mouvement exécuté.

Les photo-réllexes sur les yeux (et la tète) sont incités et réglés en voie d exécution par desplioto-réceplions. Le fait que ces photo-réceptions deviennent souvent conscientes n'enlève aucunement leur nature réflexe aux mouvements <(u'ils provoquent ou règlent* pas plus que la sensibilité consciente de la cornée et de la conjonctive

îî/|6 LA VïSïOTV

n'abolit la nature réflexe du clignotement, pas plus que la sensation visuelle concomitante ne fait du réflexe rétinopupillaire un mouvement volontaire. D'ailleurs nous avons relevé l'inconscience absolue de ces mouvements oculaires. Il est vrai que les auteurs psychologants à outrance ont ici la ressource des « sensations inconscientes » ! — Si nous recherchons ailleurs des analogies avec les mouvements oculaires, nous en voyons un typique dans les contractions du muscle du marteau : contractions réflexes, incitées par des sono-réceptions ; c'est un sono-réflexe sur l'oreille qui modifie probablement les sono-réflexes sur le corps.

Les photo-réflexes (fixateurs) sur l'œil, et les mouvements oculaires en général, ne paraissent pas être réglés par les tango-réceptions conjonctivales, ni surtout par des innervations dites du sens musculaire.

Il est temps d'envisager la volonté dans ses rapports avec la vision. Car enfin, comme on dit, nous pouvons volontairement : a) regarder en haut, en bas, à droite, etc. ; nous pouvons volontairement converger. D'autre part, nous pouvons volontairement b) saisir ou ne pas saisir un objet que nous voyons. — Il y a i^les photo- réactions oculaires volontaires, et 2** les photo-réactions somatiques volontaires. Le plus souvent, les auteurs ne parlent que des premières. Et cependant, les secondes sont au moins aussi importantes ; elles sont le véritable but des photo-réceptions.

Il est bien entendu que nous sommes loin de l'idée que le vulgaire et une certaine psychologie « intérieure » se

font de la volotilé et des a mouvements \oulus v>. Nous renvoyons à ce sujet aux articles reniarqiiableA « la \oloiité)> et a le mouvement j», de celte collection \ dont les auteurs cependant se sont placés sur le terrain de Tobservation inlérieure-

ÎNoiis nous trouvons surtout en communion d*idées avec RnioT-, lorsqu'il dit ijue « la Yolillon* que le? ps\cholofrues intérieurs ont ,si *îouvent observt'e, analysée, commentée, n'est donc pour nous qu'un sitnple état de conscience. Elle irestquuiietTet de ce travail psycljo-ph>siologique, tant de fois décrit» dont une partie seulemenl entre dans la conscience snus la forme d'une délibération. De |>lus» elle ii'cïît la cause de rien. Les actes et les mouvements qui la suivent réstdlenl dirccten>ent des tendances, sentiments, imar.'es et idéu^s qui ont abouti à se coonlonner soos la forme d'un choix- C'est de ce groiipc que vient foute refflcacité... En d'autres termes, le travail psycbo- physiologique delà délibération aboutit d'une part à un état de conscience, la voJilion. dVutre part, a un ensemble de mouvements ou d'arrêts. Le je tfettx constate une situation, mais ne la constitue pas». — Il faut ajouter que par (f travail psycho-physiolo» gtqiie)), RiBOT entend en réalité le li-avail (jiiysiolo^'^ique, le processus nerveux central ; que par u tendances, sentiments, images et idées >>, en tant que l'ailcurs dans ce travail physiologique, il entend les éUnis nerveux, les innervations correspondantes : et qu'enfin, comme nous l'avons \u en divers endroits, ces « tendances i> souvent n'eiistcnt pas du tout comnje étals de conscience, bien qu'on parle alors de h^ulances ot de sensations rncon-

ï* Paui,ha,"< (Fr.). La Fo/o/i/^, Octave Doiii. 1 908 ; WooD-

2. RiBOT. les matadicÉ de ta volonté, 3" édit. Paria, i685. p. 175.

scicntes. Dès lors ce passage de Ribot exprime en substance notre manière d'envisager les choses.

Pour le physiologiste, la volonté motrice ne peut être qu'un épiphénomène psychique particulier d'une innervation qui sort ou qui tend à sortir de Vécorce cérébrale pour aller vers les muscles de la vie de relation. Les innervations des muscles des organes viscéraux — et l'œil en est un — ne sont pas accompagnés de cet état de conscience.

Plus d'un physiologiste psychologant (Woodworth notamment), tenant plus ou moins compte des faits par trop évidents, renonce à laisser la volonté (psychique) disposer « à volonté » de nos fibres nerveuses et de nos muscles ; il accorde que ce qui serait « voulu », ce ne seraient pas les contractions de tels ou de tels muscles, mais le mouvement total, « calculé en vue d'un but conscient à atteindre ». — Dans la question qui nous occupe, le but à atteindre serait la vision nette ou bien la vision simple.

Dans le môme ordre d'idées, on accorde souvent que la forme générale et les associations des mouvements oculaires reposent sur des mécanismes nerveux congénitaux, résultat de 1' « expérience ancestrale ». On préfère ce terme psychologant à la locution physiologique <c évolution naturelle». — Seulement ces mécanismes seraient mis en branle par la représentation psychique de l'objet visuel.

Ces divers raisonnements, d'autres encore (voir Woodworth) nous ramènent donc toujours et invariablement à la représentation psychique d'un objet visuel comme cause des mouvements oculaires voulus. — D'autre part les mômes auteurs invoquent, dans des circonstances un peu différentes, les mouvements oculaires comme cause directe de la représentation visuelle. Nous avons déjà relevé la « réversibilité » merveilleuse, mais suspecte, des raisonnements psychologants «en vision »,

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el nous en verrons un aiiUe o\<Mijple remarquable k propos de l'approdfttiori de la ^^raiideur visuelle. Ne doiton pas soupronner au moins que cctlc « causalité réversible » tient à re que l'un et l'autre pbénomènc serait lié à un ÈeHlum iucoiiiiu ou ignoré plus ou moins volontaîreinent. (]e t<'rtiuju, r*i»st précisément le processus nerveux pboto-réacteur sur Je corps.

Nous voulons bien de la « représentation visuelle j> couinie motif des mouvements oculaires indiqués* pourvu qu'on entende par là, non Tétat psychique, mais rînnorvalion dont il est répipliénomene. En phvsiolo-: gîedu cerveau* on emploie aujourd'hui couramment en ce sens le terme de « représentation », celui d* a image », etc. Mais il est trop évident qu'en ce faisant on n'évite pas toujours les inconvénients d'un terme ps)'chique appliqué à des processus physiologiques.

Nous prétendons que si une « repréaenlation «, une tt image cérébrale » visuelle innerve un mouvemenl oculaire, c'est qu\}lle consiste précisément dans le processus nerveux ou dans la et cérébration » qui habituellement est provoquée par des photo- réceptions réelles.

Dans les pages précédentes, nous avons envisagé les cas où cette « image «, cette cérébration, est provoquée par des photo-réceplions réelles. Elle peut aussi être provoquée sans photo-réception réelle. Mais n'importe de quelle manière elle soit produite, elle donne naissance, ou tend k donner naissance à un mouvement du corps ; d'autre part elle est accompagnée de l'état psyLhif|ue on ciiusc, de la représentation visuelle, et enfin, elle provoque généralement — mais pas toujours — l'innervation (inconsciente) d'un mouvement oculaire. Tout se passe comme s'U v avait des photo-réceptions,

Ce [irocessus nerveux, celte (.< image cérébrale visuelle», provoijuéc autrement que par une pîioto-rcceplion aciuellct n*c2st pas cependant surgie du néant. Elle a été

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réveillée par les procédés généraux de l'association cérébrale, soit par une réception actuelle (une sono-réception par exemple), soit par une réception plus ou moins éloignée dans le passé, et moyennant la mémoire visuelle.

Mémoire visuelle. — Physiologiquement, la mémoire visuelle est la reproduction, par voie d'association, d'une innervation visuelle qui a été une première fois provoquée par une photo-réception (voir aussi les volumes « Mémoire » et « Cerveau » de cette collection).

Ualleniion visuelle (voir l'article « Attention » dans cette Encyclopédie). — La notion de l'attention joue aussi un rôle considérable en vision corporelle. Une variation de l'éclairage rend une photo-réception elHcace . Voilà un fait d'attention, très répandu chez les animaux inférieurs déjà (p. 43), mais fréquent chez l'homme aussi. Une variation de l'éclairage provoque une photoréception plus efficace qu'un éclairage constant. Cette attention consiste en un processus exclusivement physiologique, qui explique notamment l'efficacité d'une motoréception, et cela sans le secours de facteurs psychiques tels que la «curiosité », la « tendance à la vision nette », etc., etc. — L'attention peut aussi être un acte dit de « volonté », qui modifie le système nerveux de façon qu'une excitation (visuelle) prend maintenant dans les centres nerveux un chemin qu'elle n'aurait pas pris sans cela, ou qui fait qu'une excitation devient maintenant efficace alors que sans cela elle ne l'aurait pas été. Cette « volonté » elle-même peut, dans la plupart des cas, être ramenée à des dimensions physiologiques, pour l'analyse desquelles nous renvoyons à l'article « Attention » , dans cette collection. Dans beaucoup de ces circonstances, il s'agit de faits physiologiques compris par Exner* sous

I. ËxiHER (S.). Physiol. Erklàrung der psychischen Erscheinungen. Leipzig, 1894.

ibi

h terme générique de « Bahniing^ (voir aussi à ce sujet WooDwoHTM. p, 35a),

Un elTe t in té ressan t de Ta l ton Ij o n vi sue! le a été observé parliAAH^* Pendant qu'on fixe un point, on approche un corps lumineux, par exf»mple une* feuille de papier dans la périphérie du champ visuel. l\ survient un rélrécissenient pupilhurc. lorsqu'on porte son attention sur le papier, sans uiodilier la fixation.

\Li. Des divers mouvements oculaires volontaires. — i** Nous avons d'abord les mouvements de direction volontaires, exécutés par exemple sur les commandements de « regardez en haut, en bas, à droite, etc. », Tout oculiste sait que la [ïkqmrt du temps les enfants, et même les adultes, ne savent pas exécuter ce rommaudement, malgré la meilleure « volonté ». Maïs ils y arrivent lorsqu'en même temps on montre de la main le haut, le bas, la droite, etc. C^est-à-dirc lorsque le regard est guidé par une photo -réception (rendue au surplus ciTicace par Tatlention éveillée moyennant la sonu-récepiion du cotiuuandement), ou bien lorsqu'on leur dit « regardez le plafond, le plancher, la porte, etc. », Dans le dernier cas, une sonoréception réveille par association Timage cérébrale de ces objets. — A force d'exécuter ces mouvements, on parvient h les produire sans aucun de ces secmirs. Mais au fond de ce mouvement volontaire gît toujours l'image visuelle cérébrale: elle est seulement réveil lée par une asscjciatîon physiologique moins évidente.

De tous les mouvements uculaires de direction, le dernier semble avoir le plus de droits au qualificatif

j, llwii. Cité par HuDiïiNciirs, hc. citai., p. i6.

de « volontaire ». On nous accordera au moins qu'il est exceptionnel, ne joue qu'un rôle effacé en vision, et ne se produit presque jamais chez une foule d'individus. — Avons-nous besoin d'ajouter que si un bruit, un appel, provoque le mouvement oculaire de direction, il n'est pas plus volontaire que le photoréflexe fixateur.

2® Les mouvements de convergence volontaires, sans photo-réception qui les sollicite, sont encore plus exceptionnels que les mouvements de direction du même genre. — Beaucoup de personnes peuvent loucher très fort en dedans, c'est-à-dire converger vers un point fott rapproché. Mais le plus souvent on n'y arrive qu'en « voulant regarder la racine du nez », c'est-à-dire qu'il s'agit d'une photo-réception réelle, rendue un peu plus efiBcace par un processus cérébral (d'attention). — Ici rentrent également les expériences des figures 5 et 6 (pp. 198 et 199). A force de nous exercer, nous arrivons à converger pour une distance plus rapprochée ou plus éloignée qu'un point réel sur la glace a h. Mais qu'on essaye 1 Ce sera longtemps, et peut-être pour toujours impossible, sans le secours d'un point réel placé à l'endroit voulu et qu'on enlève ensuite. Et alors malgré toute notre volonté, nous ne maintiendrons pas cette convergence, à moins que moyennant deux points dessinés sur la glace nous produisions deux photo-réceptions identiques à celles que produirait un point situé à l'endroit imaginaire. Sans le secours d'une photo-réception spéciale, ce mouvement de convergence est impossible.

3^ Lnc troisième espèce de mouvements oculaires

volontaires senties mouvements iconoptiques : nous a voulons » regarder les détails d'un passage, ceux d*ua tableau; nous « voulons >ï lire. Ce cas ne nous arhMera ^uère, car il est par Irop évident que sans photo- réceptions corresîpondanLes, ces mouvements ne s^eîtéculeraieut pas. Et ils ont lieu par un acte d' et attention » porté successivement sur les divers détails visuels coexistants.

Lorsque nous regardons successivement les détails ironiques d'un objet visuel, nous le faisons en vertu dVme représentation cérébrale visuelle qui consiste dans rinnervation de multiples photo-réflexes somatiques, par exemple du mouvement du doigt qui se porte successivement sur les détails de l'objet visuel, et dont répiphénomène psychique est la représentation visuelle (psychique) de Tobjel. Ni les mou^^emeiits de c^n vergence nécessairiis k cet elTet, ni leur innervation, n'ont rien à voir directement avec la représenta-tion de la direction ou de la distance ; ils n'influent qu'indirectement sur cette représentation, eu tant qu'ils modilient les réflexes somatiques, qui, bien entendu, souvent n'évoluent pas jusque dans leur terme ultime, nmsculaire (p. 228).

Lorsqiîe nous regardons a volonlairemerit » h droite, à gftuche, deprès, etc., rinnervation cérébrale qui y préside, cVst-à-dirr Tiniago on la représentation visuelle, ne confïiste pas seulement danî^ Tinnei vatioii de la convergence» tnaîeî en luic iimrrvation aomatiqiie, qui le plus sonvent n'aboutit pas à son ternie musculaire. C'est une phase relativement avancée de celle innervation qui devient consciente sous rornie de représentation psychique de dîrectioti, de vision de la distance. L'innerviilion de

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