‹ La visionChapitre 43 sur 68 · LA \1S10N · texte numérisé non relu

LA \1S10N

la convergence n'est qu'une partie intégrante de cette innervation cérébrale ou « image cérébrale ».

Rappelons ici la déviation conjuguée des yeux et de la tête, produite par l'excitation du labyrinthe. Les yeux se dévient dans la direction où tend à se produire un mouvement, forcé également, de tout le corps. Le mouvement oculaire fait partie de la motricité totale éveillée par l'excitation du labyrinthe. Il y a beau temps qu'on voit dans tout cela des réflexes (des stato-réflexes), pouvant, à la vérité être accompagnés d'une certaine re^ présentation du monde extérieur (notion hautetbas, etc.). Mais cette représentation est l'épiphénomène psychique du stato-réflexe soma tique, et non du stato-réflexe oculaire.

Voudrait-on parler de mouvements oculaires volontaires lorsque nous faisons de la tête de rapide mouvements de négation, pendant que le regard reste fixé, collé sur l'objet de notre attention ? Nous n'avons aucune conscience des changements incessants et rapides survenant dans l'état de contraction de tous nos muscles oculaires.

Mouvements oculaires volontaires d'un aveugle de naissance. — En cas de cécité congénitale ou de cécité datant de très loin, les globes oculaires et leurs muscles étant normaux, les mouvements oculaires dits volontaires font en sommes défaut. En apparence spontanément, les deux yeux exécutent quelques vagues mouvements parallèles, on dirait des mouvements de direction ; mais personne n'y voit quelque chose de « volontaire ». Sur commandement « regardez à droite, en haut, etc. », il ne survient généralement pas de mouvement oculaire, malgré la meilleure volonté de l'aveugle, sinon à la suite de tangoréceptions (par exemple si on frappe sur sa main soulevée).

XLIL Mouvements visuels somatiques volontaires.

Lk MHlOy CUEZ L UUMME

— Si aous exceptons les moiivemenls héliolropiques uu d'attaque (p. i4rî)el les réactions à des variations do. ri'clairage on moto-réaclions sr>nia tiques visuelles, tous mouvements franchement réflexes, il n'y a guère (Itv niouvemenls soioatir|nes excités par nos photoréceptions. Mais généra ienient on don no. le nom de mouvements visuels volontaires du corps a des mouvemenls Incités autrement, et réglés visuellement. La marche, Pécriture» elc, sont de ce nombre. Or, une analyse un peu pénétrante de ces actes, en tant que visuels, démontre qu'il s'ag^it là de régulations visuelles réflexes et automatiques (pp. ififi et suiv.) de mouvements, comparables à la régulation réflexe des mêmes mouvements par les stato- réceptions et par les réceptions musculaires.

La circonstance que les photo-récRplions devien nent souvent (mais pas toujours) conscientes n'ellace pas le caractère réflexe de ces régulations visuelles. En t^nt qu'ils sont des photo-réactions, ces mouvements somatiqucs ne pcuvont certainement [>as être qualiliés de volontaires,

INatiirellernenl» il ne s'agit pas là de réiloxes simples, campa rabiots par exemple au réflexe réliïio-pupîilairr, proviK^ué par récliilieniont de la rétine. Cnpoiidaiil ils sont loin d'avoir la coniplioatiou des réflexes psyeliiques de VM. KicHET ', et dont Pauluan parle à la page 7 du volume « Volonté », - L'espace nous manque pour insister SUT lii distinction onlre les photo-réflexes sornalic[ues oongénitîiux. lois tpic la tnarolie. et les photfvréiloxes

I. Gh. RiOMJiT. Les réilexGB pfijfduquu&, in è{e\>ue fthilos.y t88S, L 1.

356 LA VISIOW

acquis dans la vie individuelle, tels Técriture, le piano, etc. ^

XLIII. Les représentations visuelles sont toutes motrices. — Dans notre manière de voir, le processus nerveux cérébral provoqué par une photo-réception mérite le titre de représentation visuelle, au même titre que ce même processus lorsqu'il est reproduit, suscité à nouveau par voie d'association cérébrale, sans le secours d'une photo-réception actuelle. C'est à cette cérébration qu'on donne le nom d'image ou de représentation visuelle. De plus, c'est à cette innervation cérébrale, et non à l'innervation des mouvements oculaires, qu'est rattaché le fait psychique de la représentation visuelle.

C'est en ce point fondamental que notre manière de voir se distingue de celle des auteurs qui ont senti la nécessité d'expliquer physiologiquement les phénomènes visuels. Hering lui-même rattache en effet directement à la convergence la vision de la distance.

Il est essentiel de ne pas perdre de vue le caractère somato-moteur de ces images visuelles. — Nous avons à satiété démontré la motricité somatique des images cérébrales visuelles provoquées par une photoréception actuelle. Chez l'homme adulte surtout, souvent une photo-réception n'est pas suivie d'un mouvement somatique, alors que, d'après nos promisses, toutes les conditions semblent réunies pour que ce mouvement se produise. L'enfant non éduqué se dirige vers tout objet visuel (réunissant les conditions qui le rendent « visuel » (p. i5o). Et si plus tard il ne le fait plus, c'est pour le même motif,

L\ TtsiON cimt i/rin\rME îaSy

tout physiologique, qui fait qii^im chien « dressé » no rouii plus cJnrnère le gibier «< au départ »>.

La rnotncité des (« images cérébrales visuelles ^ » réveillées par association est souveni moins évidente. Cependant, elle ressort d'une fbide d'observations dont voici quelques- unes. — " y ^ d'à bord le maintien 8omatique de V « attention visuelle », si caractéristique^ et qui doit être envisagé comme un elVel moteur que rimage visuelle cérébrale produit sur tout le corps (tonus musculaire Aisuel). C'est une réaction somatique a son débuts qu'une (rénal Ion cérébrale empêche d'évoluer tout à fait. — L'homme « démonstratif », qui eu |»arlanl de la droite, du liaut^ du bas, désigne de la main et du bras ces cotés, ne le fait généralement pas pour démontrer à son auditoire ce qu'il entend dire; il en agit ainsi parce qu'il a des images cérébrales, et que ces images sont motrices. Et bien souvent, ces images sont visuelles |>our une large |>art.

Des faits à signaler à ce point de vue sont ceux de « Catnberlandisme », et dont une forme est la suivante. Une personne doit, les yeux ouverts, penser constamment à un objet de Tentourage, pendant qu'une autre, ayant les yeux bandés, la conduit circulaîrernenl dans Fappartement ; la seconde sent que la maiu de la première la guide vers robjei en queslion. Ou bien, la première doit penser mentalement h un des chiflres^ i, 2, 7, o par exemple, écrits ou non sur un tableau. La seconde personne, en mouvant la main de la première sur un tableau, sent

Page 1