Vûtr aussi WooDWfiMTii. Luc, ciL^ p. aOS et suiv
que cette main tend à décrire le. chiffre auquel la première personne pense \ — D'autres observations encore pourraient être alléguées pour prouver que toute image cérébrale visuelle (comme du reste n'importe quelle image cérébrale) est de son essence motrice, et qu'elle occasionne un commencement de contraction musculaire, au moins une augmentation de la tonicité musculaire.
XLIY. Observations faites sur les aveugles de naissance qui ont acquis la vision plus tard, à la suite d'une opération. — Les observations faites sur les aveugles de naissance qui ont acquis la vision plus tard, à l'âge adulte, ont été beaucoup utilisées pour discuter le problème fondamental de la perception visuelle de l'espace.
D'après les partisans de la théorie empirique, les expériences individuelles et les jugements visuels dont on fait un usage si étendu, seraient devenus inconscients à force d'avoir été répétés, et malheureusement, plus tard l'enfant ne se souviendrait pas des sensations éprouvées lors de ses premiers essais visuels. Un adulte, au contraire, qui vient d'acquérir la vision, pourrait nous rendre compte de ce qu'il éprouve lors de ses premiers essais visuels.
k Or, lors de leurs premiers essais visuels, ces gens ne reconnaissent aucun objet, aucune personne qui leur sont connus de par leurs autres réceptions (tango-sono-réceptions) . Ce n'est qu'après avoir iâté à plusieurs reprises un objet familier, tel un couteau, une boule ronde, etc., qu'on présente à leurs yeux, qu'ils parviennent à les re-
I. Voir à ce sujet : Woodwortu. Loc. cit., p. a83 et suiv.; Jastrow. Amer. Journ. of PsychoL, 1892, IV, 898 ; Tucker. /bid., 1896, VIII, p. 394; RicHKT (Gh.). C. R. Soc. biol., 1884, p. 365; Varigny. Ihid., p. 38i, et Glet. Ibid., p. 45o.
t\ Wf^mS CriEZ L HOMME
aSg
connaître h la vue. Ils n'apprécient pas les distances: comme des enlantî*, ils veulent saisir de la main des objets «loîgnés, elr. Cependant. di'*s leurs premiers essais visuels. ils dislingtionl assez bien les directions dans lescpelles se f l'on vent les objets visuels qui fixent leur nitenlion.
La Ifieorie empirique a utilis(f^ en sa laveur la nonreconnaissance di^s objets liiTuiliers qiie ces gens voient, pour la première fois* Pour ce qui est de la vision de direction, qui eitlste lors des premiers essais, et qui semblerait donc être innée, les partisans de celte théorie (Helmïtoktz, etc.) i-épondent qiie le plussouvent* ce sont In des caliiracJés. chez les(|uels de gros objets formaient une ombre sur la rétine, et que par conséquent avant l'opération ces gens ont pu faire les expériences individuelles nécessaires.
La théorie nativiste de son côté peut faire valoir qu*il est tout naturel que Taveuji^le^né ne « reconnaisse » pas un objet à la vue, lors du premier essai visuel ; que < reconnaître » est un processus cérébral des plus compliqués, qui suppose des innervations cérébrales antérieures miiJtiples, visuelles notamment, l'on r ce qui est de Tappréciation de la distance, elle doit être en somme défectueuse, parce que ce sont généralement des borgnes dépourvus d'accommodation ; les deux moyens principaux et les plus immédiats pour déterminer la distance leur font donc défaut. Ensuite il est naturel que le bon fonctionnement de tout appareil congénital — celui du vol chez. Toiseau par exemple — exige une courte « mise en train ».
ScHLotïTMANN ^ a récemment examiné des aveugles de naissance dont la rétine fonctionnait encore dans touto son étendue, mais chez lesquels le trouble des milieux oculaires était tel qu'une source lumineuse quelconque
i. SciîLôDTMAMN fW,)» Arck. f. Opkthaim., 1902, t. LIS, p. a56.
26o LA VISION
éclairait uniformément toute la rétine (ou ne l'éclairait pas du tout). Ils n'avaient donc pu faire les expériences touchant la direction visuelle dont il est question plus haut, en cas de cataracte congénitale. Or, ces sujets localisaient énergiquement les phosphènes par compression exercée sur l'équateur oculaire, et ils les localisaient normalement, c'est-à-dire à l'opposé du point oculaire comprimé. — En supposant que l'observation soit exacte, qu'avant l'opération toute source lumineuse éclairait uniformément la rétine, ce serait là une preuve péremptoire en plus contre la théorie empirique de la vision, et en faveur de l'innéité de la projection visuelle radiaire ; elle démontrerait aux yeux des plus prévenus que la projection radiaire est d'emblée et primitivement liée au pro-r cessus nerveux provoqué par l'excitation de la rétine.
XL Y. Résultats des recherches (anatomiques et physiologiques) portées directement sur le cerveau. — Les développements précédents ont été obtenus en somme par l'analyse seule des faits de vision, et en nous aidant de quelques notions très générales sur la physiologie cérébrale. L'anatomie du cerveau, ainsi que l'expérimentation physiologique portée directement sur les centres nerveux, auront à fixer avec jDrécision les innervations dont nous venons de parler. Et dans cette voie, on n'est pas sans être arrive à des résultats sérieux, dont l'exposé empiéterait toutefois trop sur le volume « Gervea» ». Nous aurions à préciser les parties du cerveau dont la conservation est nécessaire, mais suffisante, pour l'exécution des réflexes de direction et de ceux de convergence. Nous aurions à distinguer entre le centre visuel cortical dit de projection et ceux d'association, et à les localiser. Nous aurions tout spécialement à insister sur ce fait qu'arrivé dans le centre visuel de projection, l'influx nerveux (issu de la rétine) ne se borne pas à y provoquer une cer-
L\ VÎStON CHEZ h HOMilE
laine sonsaiioii visuelle, mais qu'il passeLoujours dans les centres \isuels d'associalion, où il éveille Tune ou l'autre forme de i^epréscn talion psycliique visuelle ; qu enlin il tend toujours à sortir des centres d'association et à s'élancer \ers des nerfs moteurs. — A proixïs des centres visuels d'association, noua serions conduits au symptôme palUola^ique connu sous le nom iValexie ou de cécité verhalf, et à celui de Vttiirnjjhie. Nous serions conduits ensuite à la cécifé ile l'âme et aux haUueinntions visneUen. De nudtipU*s t?t intéressa nies questions encore devraient c>tre envisagées, Jjoutes relatives aux oc centres >i3uels corlicaux » et sous-corticaux, et dont plusieurs sont a peine posées d'hier.
Moyens pour nppràcier visuetkment la tUstnRcè autrea f/uc racromniodalion et les pholo-réceplions bhoculaires.
n n'y a pas que raccommodation et les photo-réceptions bi- oculaires qui servent à la vision de la distance. Il nous reste u parler de cinq autres « moyens » d'appréciation de, la distance (voir p. 177), et nous allons les passer rapidement en revue dans le langage psychologant généra leiuent usité, réser\ant pour la lin quelques remarques qui font au moins pressentir qn'ici encore il y aurait moyen d'envisager les choses à un point de vue exclusivement physiologique. Ces cinq ti moyens » de vbion de la dislance ont ceci de corunurn qu'ils sont utilisables a de grandes dislances, pour lesquelles racconnnodalion et les photo- réception s bi-oculaires (la convergence, etc.) ne sont plus guère d'aucune utilité. Plus que les trois déjà étudiés, ils reposent sur V « expérience indivi-
(luelle ». Faisons observer aussi qu'ils servent dans la vision monoculaire.
I® U angle visuel. — L'angle visuel sous lequel se présente un objet de dimensions connues sert à apprécier, à voir la distance : à un angle visuel plus petit (ou à une image rétinienne plus petite du même objet) correspond une distance plus grande. — Dans les cas où nous avons une idée fausse de la grandeur de l'objet, ce moyen (s'il est le seul dont nous disposions) nous « trompe » sur la distance. Une mouche passant près de l'œil peut être « vue » à une distance très grande, parce que nous « croyons » que c'est un gros oiseau.
2** I^s déplacements parallactiques . — Si nous déplaçons latéralement notre corps, ou simplement la tête, les objets plus rapprochés semblent se déplacer en sens inverse de notre mouvement, au-devant des objets plus éloignés ; ou bien les objets plus éloignés semblent se déplacer dans le sens de notre mouvement, derrière les objets du premier plan. Il en résulte une impression très nette des distances relatives.
Ce moyen do « vision » doit jouer un rôle prédominant dans la locomotion des animaux. Somme toute, dans l'image rétinienne, les objets éloignés constituent un fond relativement immobile, sur lequel se meuvent les objets plus rapprochés (chez l'animal qui se meut) : et ce déplacement est d'autant plus marque que Tobjet est plus rapproché. La vision de la distance devient ainsi une espèce de moto-réaction.
3° La perspective linéaire. — De deux objets situés dans la même direction, le plus proche recouvre plus
LA VTSTO?! CHEZ l'hOMME, Îi63
on moins les contonrs de l'autre. — C'est sur ce moyen surtout que repose la perception du relief d'un dessin ou de la reproduction d'un paysage. — Mais si on regarde binoculairement un tableau, il naît un conflit entre le « renseignement » fourni par la convergence et ceux fournis par la perspective linéaire : le dessin de l'objet plus rapproché (d'après la perspective linéaire) n'exige pas, pour être vu, une convergence plus grande. Pour ce motif, on « juge » mieux de la perspective d'un tableau en le regardant riionoculairement, et mieux encore à travers un tube, pour cacher la perspective linéaire entre le tableau et son entourage. Pour le même motif, l'impression du relief d'un dessin est augmentée si on le regarde à travers une lentille convexe, qui, de plus, supprime l'accommodation .
Le dessin purement linéaire de la figure 19 peut être « vu » corporellement avec l'un ou avec l'autre des deux angles trièdres A et X en haut. Il suffit de commencer par se « figurer » l'un ou l'autre angle en avant, au besoin en renversant la page.
— De même il peut être p^^
difficile de « juger » si une girouette éloignée, orientée obliquement par rapport à nous, est tournée dans un sens ou dans le sens opposé. Les ailes d'un moulin à vent, orientées de même, peuvent être « vues » comme se mouvant dans un sens ou dans le sens opposé.
A° La perspective aérienne. — Des objets plus
264 T. A VTSîO?î
■^ éloignés dans un paysage paraissent plus obscurs,
[\ plus indécis, parce que la lumière qu'ils réfléchissent
: est partiellement absorbée par l'épaisse couche d'air
?[ avant d'arriver à notre œil, et mélangée à celle réflé-
chie (uniformément) dans les couches d'air situées au- ^ devant (sur les parcelles solides nageant dans l'air). Les
objets éloignés paraissent aussi plus bleuâtres, parce que la couleur propre de l'air est bleue (Spring). — Les peintres tirent un grand eflet de cet élément d'appréciation. C'est à cause de lui que dans le brouillard nous « voyons » les objets plus loin (et plus grands, voir p. 271). Les habitants de la plaine, transportés dans les montagnes, voient les objets éloignés trop près , parce que l'air y est plus pur (d'où que la perspective aérienne est moindre) et qu ils manquent de l'expérience voulue pour en tenir compte. Inversement, en plaine, le montagnard « voit » les objets trop loin. 5° Les ombres projetées. — Nous « connaissons » ordinairement la situation de la source lumineuse, c'està-dire la direction des rayons incidents, et nous « savons » (par expérience) qu'un corps opaque projette sur un corps plus éloigné que lui une ombre du côté opposé à la lumière. Il en résulte une « impression » de relief, c'est-à-dire de distance relative, très nette, dont les photographes notamment connaissent la portée. Sans ombres projetées, la photographie d'un paysage est « plate » , sans relief. — Si devant une fenêtre on regarde une matrice de médaille à travers une forte lentille convexe, on la voit en relief. C'est que dans ces conditions les ombres projetées sont renversées, ^t telles qu'elles seraient si devant la même fenêtre on regardait la médaille. On ne tient pas compte du ren-
VK VISION CHEZ r. ITOMME
vei^semcnt de (oiite la médaille, niais bien de celle des oinbreâ projetées.
Il serait très faboricux, mais non impossible, d'analyser, 2i un ptiSnt de vue purement physiologique, les cinq derniers moyens, que nous « utilisons » pour apprécier visuel» lenienl les distances. Bornons-nons à relever encore une fois que le phénomène psychique est très mnnih?stemeot lié à une photo-réuction somatique, h un tel mouvement réellement exécuté ou qui tend k i^tre exécuté* C'est d'ailleurs ce qu'en langage psycliologant on exprime en relevant Timportance de V k expérience inrlividuellc » à ces divers points de \ue. Dans la perspective linéaire, on reconnaît aisément le fait psychique de la distance comme Vépiphénomène d*nnc photo*réaction somatique, soit de la main dessinante, soit de tout le corps (dans la vision au loinV La perspective aérienne et l'inlUieïicedes ombres projetées reposent sur des processus cérébraux très compliqués, dans la descrij>tion desquels entrerait la notion des associations cérébrales acquise dans la vie individuelle. Il en est de même de la vision de la distance à Taidc de Tangle visuel moyennant la notion de la grandeur de l'objet.
Appréciation visuelle de la grandeur des objets.
Si nous étions tout k fait conséquent avec nos principes, nous devrions envisager la notion de la grandeur des objets visuels comme un épiphénomène psychique de nos photo-réactions somatiques. Ce serait la manière de procéder vraie, physiologique. L'entreprise seniit laborieuse, peut-éire impossible ; mais nous pensons qu'à T heure actuelle elle pourrait
être au moins entamée. Nous nous bornerons à décrire les faits dans le langage psychologique habituel.
On distingue souvent entre la grandeur absolue et la grandeur apparente des objets visuels. En général, la grandeur absolue des objets est une spéculation purement métaphysique, sans aucune valeur réelle, positive. Pour nous, les objets ne peuvent pas avoir d'autre grandeur que celle qui résulte de l'ensemble de nos réceptions, ou, comme on dit aussi, de l'ensemble de nos renseignements sensoriels. Mais il arrive que les renseignements fournis par un « moyen d'appréciation » ne concordent pas avec ceux fournis par un autre ; afors on parle d' « erreurs de jugement » , dont nous avons vu déjà plus d'un exemple, notamment à la page 262. Il est clair qu'un renseignement sensoriel n'est pas plus vrai ou plus faux qu'un autre. In specie, nous allons voir qu'en réalité il y a de multiples moyens de juger de la. grandeur visuelle d'un objet. Or, les renseignements fournis- par un moyen peuvent ne pas concorder avec ceux fournis par un autre. Alors aussi ou parle d'erreurs de jugement. En fait, « les objets ont la grandeur visuelle que nous leur voyons » (Porterfield).
On parle souvent d'une grandeur parement angulaire — ou grandeur apparente — des objets. La grandeur purement angulaire est ime abstraction de l'esprit, sans réalité visuelle. Ce serait une grandeur résultant de la seule vision ou projection radiai re. En réalité, il n'y a pas de vision purement radiaire (p. 220), mais une vision à des distances diverses. Dans les cas où Ton parle de cette grandeur .ingulaire, on projette tous les objets visuels à une seule et même distance.
tA VISTOX r.îîT:z L HOltME
le plus souvent très grande. La grandeur angulaire, cVsl-à-dii'e la grandeur de Timage rétinieune, ne donne lieu à la nolion de la gi-ancleur que moyennant la notion de la distance*-
Une même pLoki réception (ou l'olijel qui lui donne naissance) est vue d'autant plus grande que nous la supposons, que mm^ la projetons, que nous la localisons, cpie nous la voyons plus loifi; elle est vue d'autant plus petite que nous la projetons plus près. Pourrprnne m^me phnto-réception ronde puisse être produite par un objet (rond) situé plus pivs, il faut que cet objet soit plus petit, et inversement,
Nous mesurons en quelque sorte la grandeur des objets à faîde de la distance à laquelle nous les voyons. Or, dans la vision babituelle^ nous employons h cet effet des dislances difierenles pour les diverses pboto-réceplionSj quelquefois même lorsque celles-cî sont simultanées. Ainsi un crayon tenu verticalement devant nous n'est pas \ii aussi gros qu'un troue de peuplier qui simultanémeul se présente sous le m<*'nie ftugle visuel. En disant que ce dernier est cent fois ^lus gros cpie le premier, nous disons ce que nous [« savt>ns » et non ce que nous « voyons »k
Une môme photo-réception* de dimensions (rétiliennes) identiques, peut ne pas être projetée à la rmeme distance par diverses personnes ; chacune de elloî^el la voit alors avec une autre grandeur. Tout
i. \iml la nation de ta grandeur suppose cette de la distance.
lai» h la pa^6 'àÙh, nous avons dit que, dans certaines circon*
^ta^nccs au moins, ta nolion de la distance suppose celle de ta
lindeur. Réversibitit»* de cerlaincs explications psycholôgitjueii
it cercle vicieux l
268 LA VTSTON
le monde voit la lune sous un angle d'un demi-degré environ. Or, diverses personnes, chargées par Foers- TER de dessiner sur une feuille de papier (située à 3o centimètres) le disque lunaire, avec la grandeur qu'elles lui voyaient, délimitèrent des cercles de grandeurs très diverses, à diamètres variant de un à huit pouces. C'est qu'elles projetaient la lune à des distances très diverses.
L'exemple précédent est celui d'un objet dont la grandeur réelle ne résulte d'aucune de nos expériences antérieures, et auquel on « voit» des grandeurs diverses selon la distance à laquelle on le localise. Inversement nous pouvons, à la suite d'expériences antérieures, avoir une représentation (psychique) de la grandeur d'un objet, et la maintenir constante malgré des variations considérables de son angle visuel. Si dans une salle nous voyons des centaines de personnes, à des distances diverses, leurs têtes sont (c vues » toutes en somme de la même grandeur réelle, bien que la grandeur angulaire varie beaucoup, de un au centième.
Voici encore quelques exemples qu'on cite habituellement pour montrer comment notre représentation de la distance influe sur notre jugement de la grandeur.
Qu'on développe l'image négative (bi-oculaire ou monoculaire) du soleil : on la «jugera », on la « verra » d'autant plus petite que nous convergeons davantage. Gomme il serait absurbe de prétendre que nous nous figurons le soleil à notre portée, on dit qu'en réalité nous nous figurons un autre objet à cette distance rapprochée, et qu'une fois la convergence pour cette
h\ \IStON CHEZ 1. ÎÎOMMr,
distance réalisée (p. '^nu), nous interprétons notre image négative à Taide de cette distance. — - Au lieu de riniago négativodu soleil^ on peut développer une image négative ((uolconque, puis regarder sur des écrans tpi'un « sait » à des distances dilTérentes. On verra rimage d'autant plus grande qu'on la a prnjclte » sur un écran plus éloigné. On c<voil » Tobjet fictif à Fendroit de l'écran (et nn rrmverge pour cette distance).
Dans Texemple suivant, il s'agit de pholn-réceplions actuelles. — On regarde la baie de la lenêlre à travers un troillisj celui d'une chaise cannelée par exemple. Si on regarde la fenêtre même, le treillis se projette a cette distance, et les mailles sont vues agrandies. Si on regarde dans la même direction sur la pointe d'un crayon tenu au-devant de la cliaiBe, les mailles sont vues plus petites et plus rapprochées. C'est \k une modification des expériences figurées et décrites aux pages it)8 et i (jt), ligures S et 1 5. Dans chaque cas, d'autres niailles lorïuent des images rétiniennes correspondajiles ; mais comme elles sont toutes égales, rillusion optique est possible. (On observera que la vision se fait chaque fois avec une autre convergence.)
On dispose dans le stéréoscope deux dessins stéréûscopiques de petites dimensions^ par exemple ceux de la figure i5 (p. 'i3i), de façon a pouvoir les rapprocher ou les éloigner Tune de Tautre, La vision stéréoscopique étant obtenue, on augmente Técarlenienl entre les images : la convergence diminue et nn voit Tobjet plus loin et plus grand que tout à l'heure . Si ou rapproche les deux images^ l'objet est vu plus près, mais plus petit.
Des prismes à bases nasales font voir les objets plus grands (et plus loin) ; à bases temporales, ils les font voir plus petits (et plus près ; voir p. i88.). La convergence se modifie en conséquence.
Nous avons cité plus haut le cas de la mouche passant dans la périphérie du champ visuel, très près de nous, et qu'on peut voir grosse comme un corbeau (mais très loin).
Un exemple à rattacher ici est celui de la grandeur très inégale que nous voyons à la lune et au soleil, selon qu'ils sont à l'horizon ou au zénith. — Il paraît prouvé que si la lune est à l'horizon,. elle est projetée plus loin que si elle est plus élevée. La coupole du firmament, telle qu'elle nous paraît, n'est pas un hémisphère, mais une voûte très sensiblement surbaissée, surtout lorsqu'il y a des nuages. Au zénith, l'astre est donc « vu » plus près de nous et par conséquent plus petit qu'à l'horizon. Quant à la raison pour laquelle nous voyons la voûte céleste surbaissée, on n'en connaît aucune absolument plausible, qui expliquerait aussi pourquoi le soleil levant ne paraît pas aussi grand que le soleil couchant. — Ce qu'il y a de remarquable, c'est la petitesse du rayon que nous attribuons à la voûte céleste. D'expériences de J. Plateau, il résulterait que nous ne projetons la lune au zénith qu'à une trentaine de mètres. Une photo-réception ayant la grandeur angulaire de celle de la lune, projetée à 3o mètres, a approximativement le diamètre que la plupart des personnes attribuent à la lune.
Nous pourrions à ce point de vue passer en revue tous les facteur» servant à juger de la distance, et
î^ vi5in^ mm t. îiomwk
montrer que lonio alt('*nition accHlenlelle d'un de ces fadeurs modifie le jugenienl sur la gr.nndeur. ^ Il en est ainsi notamment des objets que nous voyons monslruensement agrandis dans le brouillard ; un veau [tar cxcuqile parait grand comme un bœuf.
La Micropsie on cas de snbparalysie de TaccomnuKlalion (par instillation d'atropine) est expliquée de nif^'me par l'influence qu'exerce l'arcommodalion sur la vision de la distance.* Avant que la paralysie atropinîque de Taceommodation ne soit cnmpleto^ tous les objets rappiocbéî^ paraissent rîi|)etissés (et rapprochés), chaque fois qu'on essaye de les \oir. — Voici Pexplication psychologique qu'on a donnée ' de €*ette micropsie : nous u juf,^eons « Tobjel plus rapproclié qu'il n'est, parce que sa vision nette exige un effort d'aceonmxodation plus fort que normalement. Et comme néanmoins l'image rétinienne reste la m«^me, n'est pas augmenlét^ dans la même mesure, nous (c jugeons que Tobjel est plus petit, tel enfin qu'il devrait être à cette t< fausse » distance pour produire celte image rétinienne.
XL Vf Quelques aperçus critiques touchant la théorie psychique de la vision de la grandeur. On aura remarque ([uc t exposé précédcnl de la vision de la grandeur cet d*essence absolu iiteiit ps>choloi,'i(pie. I) serait facile de relever les conlradiclions aux(|Ui'lles tous ces |}rétendu» i« jugemenis » sur la distance contiuisonl infoilliblenienl. Bornous-uous aux remarrpips suivantes, — Dans ces sortes de f|ueslions, on rencontre souvent rexpression de <it faux jugements sur la grandeur », basés sur de faux jugements sur la distance, — et iHce versa.
I Downi^RB, ^V(f''«/pr/. fnnref, iK>o, p, O07.
Une certaine hésitation doit naître si on pense que dans tout cela il n'est aucunement question du système nerveux central, c'est-à-dire du côté réellement physiologique de ces questions. Donders lui-même a senti le faible de ces explications, car à la suite de certaines expériences d'EiNTHOVEN ^ il a lui-même abandonné*^ plus ou moins l'explication psychologique de la micropsie donnée plus haut, et dont il est l'auteur. — Reddingius notamment a mis en évidence certains facteurs physiologiques qui contribuent à produire la micropsie; nous devons nous borner à renvoyer à l'auteur.
Notons aussi à nouveau la circonstance merveilleuse que tous ces raisonnements psychologiques sont réversibles. L'exemple le plus curieux en est donné par la micropsie de plus haut : noas voyons les objets trop petits parce que nous les voyons trop près. Or, il se trouve que dans certaines circonstances, en cas de parésie de l'accommodation , nous voyons les objets trop petits, mais en même temps trop loin. Cela arrive si nous regardons (de près) des objets de grandeur bien connue. Un homme par exemple regardé à 2 ou 3 pieds, avec un œil à moitié atropinisé, parait un nain et moins, mais placé plus loin, contre le mur de la chambre : a A cause du trouble accommodateur », dit Aubert**, « les objets paraissent trop près ; et parce que nous les voyons trop près, nous les voyons trop petits ; mais parce que nous les voyons trop petits, nous les voyons trop loin «.Il invoque d'une haleine un faux jugement sur la distance pour expliquer la mi-
1. EiNTHOVKN. Arch. f. Ophthalm., i885, t. XXXI, f. 3, p. 220.
2. Donders. C. R.. XXIII^ Congrès internat, d'opht., in Klin. Monatsbl. f. Augenheilk., 1886, p. 82.
3. AuBKRT, in Handb. de Craefe et Saemisch, 1876, II, p. 624.
LA VlSiUBi CUhl L HOMME l'ô
cropsie, puis la même niirropsie pour expliquer une projtîction à une distance Irop grande. Nous «soupçonnons fort AuBEBTd^avoir, en pi nce-sa fis-rire» accolé ces explications conlradietoires pour faire Lien loaclier du doigt les absurdités auxquelles aboutit In lhéonepa>cliologupie de la vision corporelle. — La réversîlnlile des jugcjiienls psyclji(|ue5 îiur la grandeur et la dislance démontre que les deux dépendent d*nn lertium Ignokunf on plulôt d'un lertium qu'on ignore de pari» pris, et qui est la partie nerveuse delà pli oto-réaction soriialique : c'est 1' « image cérébrale visuelle». Le (ail pMchologique de la grandeur, tout eoninie celui de la d instance, devra èire rattaché, comme simple épiphénom('ne psychique, au processus nerveux qu'on désigne du nom d' n image cérébrale visuelle». — KosTKR *. un partisan des idées de HEKL\ti, dit que la grandeur des images rétiniennes exerce une inHuence imumsclerite sur la représentation de la grandeur de robjel. », — Reddingilis trouve que tr la grandeur des images rétiniennes est per(;ue d'une manii*re inconscieni/? ». — La logique découvrirait aisément des non-sens dans ces citations, non-sens qui tiennent surlouià ce que leurs auteurs se débattent contre les diflicultés linguisti* ques, cjui les empéchenL de se dégager tout à lait de la théorie psychique de la vision, t?icbe que du reste nous ïi*avons pas non plus remplie dans toute son étendue.
Une même photo-réception (non puncliforme), avonsnous dit, est vue dMutant plus petite que nous la projetons plus près de nous. Mais des photo-réceptions divci^scs* de même grandeur, et projetées à la même distance* sont-elles vues également grandes? La question plus générale est celle de Tappréciation de la grandeur d'objets v\u dans le môme plan.
Des grandeurs linéaires, situées dans le même |>lan.
t, KnsTEH, Arrh. (\ npftthaim,, i8()6. t. XLîL .^, p 187
ne peuvent être comparées ou appréciées avec quelque exactitude que si elles ont môme direction, et surtout si on les « mesure du regard, avec Tœil mobile. Volrmann (Fechner et d'autres auteurs), en essayant de tracer une telle ligne égale à une autre, commettait une faute moyenne de i pour 100, à la distance de 34o millimètres. Cette sensibilité aux difTérences diminue si Téloignement augmente ou diminue beaucoup.
Les auteurs aiment à discuter à nouveau à ce propos la question psychique de la vision suivant deux dimensions, et reproduisent les arguments que nous avons critiqués à propos de la vision radiaire. Wundt notamment dit que l'évaluation de la distance de deux points dépend de Teffort moteur déployé par l'œil pour porter la fixation de l'un à l'autre. L'appréciation de la distance entre deux points, avec le regard immobile, reposerait sur la mémoire des sensations d'innervation éprouvées à des occasions antérieures (jugement basé sur Texpérience et les sensations musculaires éprouvées déjà). La notion spatiale serait donc inhérente aux sensations d'innervation motrice et non aux sensations visuelles *. Nous renvoyons à ce propos à « vision radiaire », qui au fond est une vision à une seule distance, mais très grande.
Nous apprécions parfaitement des grandeurs linéaires avec le regard immobile, pourvu que leurs extrémités correspondent à des points rétiniens à acuité visuelle bonne, ce qui est le cas si nous opérons avec de petits objets (Feilchenfeld'^). Les mouvements oculaires ont donc pour but véritable de voir nettement. Du reste, pour diviser (visuellement) une ligne en deux parties
1 . Cette notion n'adlière ni à l'une ni à l'autre de ces sensations, mais au photo-réilexc somatique virtuel, ou plutôt & sa phase nerveuse, qui existe seule. Les sensations d'innervations sont des quantités absolument imaginaires (p. i3o).