‹ La visionChapitre 59 sur 68 · I. Arago. Astronomie populaire, 1857, P · texte numérisé non relu

I. Arago. Astronomie populaire, 1857, P

une nuit obscure. D'aucuns (Sachs, etc.) attribuent cette insensibilité relative du centre rétinien à l'absorption de la lumière (des rayons bleus) par le pigment jaune qui imprègne l'entourage de la fovea (macula lutea). Mais Parinaud fait observer avec raison que cette substance n'existe pas dans la fovea. De son côté il explique l'insensibilité relative de la fovea, dans l'obscurité (insensibilité qui n'existe pas à la lumière du jour), par l'absence de bâtonnets dans la fovea, à la non-participation de la fovea (privée d'éry thropsine) à l'accroissement de sensibilité qui caractérise l'adaptation à de très faibles clartés.

LYII. Irradiation. Phénomène de la goutte noire. — Un carré blanc sur fond noir paraît plus grand qu'un carré noir, d'égales dimensions, sur fond blanc. Une règle tenue devant une lumière paraît écliancrée au niveau de la flamme, etc., etc.

"Pour une bonne part, ces phénomènes, dits d'irradiation, sont imputables aux imperfections de notre système dioplriquc, en vertu desquelles les images rétiniennes ne sont pas d'une netteté absolue ; une image blanche sur fond noir est agrandie. — Mais pourquoi ne voyons-nous pas les bords de l'objet clair et irradiant moins clairs que le reste de l'image ? C'est, dit-on, qu'en vertu de la loi de Weber, la différence d'éclairage entre le carré blanc de plus haut et les cercles de diffusion qui l'entourent est, dans une certaine étendue de l'image, trop petite pour être perçue.

Si on rapproche l'index et le pouce au-devant d'une lumière, on voit, avant qu'ils ne se touchent, (îomme une goutte noire combler l'espace entre les deux doigts. Cette «goutte » noire est un fait d'irradiation. — Lorsqu'un astre passe au-devant du soleil, le mc^me phénomène se

produit et rend impossible de déterminer le moment exact où une planète touche et celui où elle quitte le disque solaire.

LVIII. De la « visibilité » de points, de petites et de grandes surfaces. — Sous le nom de visibilité d'un objet, on comprend généralement deux choses : a) le minimum d'éclairement perceptible, et bj la plus ou moins grande impression lumineuse que l'objet fait sur nous. Nous n'envisagerons que la visibilité de corps blancs. — On remarquera qu'il ne s'agit là nullement de l'acuité visuelle, mais que c'est une question, tantôt de seuil de la sensibilité, et tantôt de sensibilité diflerentielle.

La visibilité d'un point dépend uniquement de son éclat, de l'intensité des radiations émises par lui, et qui tombent dans l'œil. Un point plus lumineux est vu de plus loin qu'un autre qui est moins éclairé, et vice versa . Un même point est vu d'autant moins clair qu'il est plus loin ; avec un certain éloignement, dépendant de son éclat, il disparaît : tout cela parce que l'image rétinienne d'un point est elle-même un point (ou à peu près), et que son éclairement est en raison de la quantité de radiations émises par le point lumineux et qui pénètrent dans la pupille.

Il en est de même de la visibilité d'une surface éclairée, pourvu qu'elle soit d'une certaine étendue, ou plus exactement pourvu que son image rétinienne ait une certaine étendue, ou encore pourvu qu'elle se présente sous un angle visuel assez grand. Dans ces conditions, le minimum de l'éclairement qui la rend visible, et l'éclat qu'on lui voit, ne dépendent que de l'éclat absolu de la surface, c'est-à-dire de la quantité

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de radiations émises par chacun de ses points. Ainsi qu'ÂRAGO* Ta bien développé, dans ces conditions, la quantité de radiations que reçoit un point rétinien est la même, que la surface éclairante soit plus ou moins couverte,' qu'elle soit vue de près ou de plus loin (abstraction faite de la perspective aérienne voir p. 263, et toutes choses étant d'ailleurs égales, notamment la grandeur de la pupille, l'adaptation rétinienne, etc.). Cela s'entend de soi-même si on offusque la surface partiellement, à l'aide d'un diaphragme suffisamment grand. Quant aux variations de l'angle visuel en suite de modifications de l'éloignement, on remarquera que si la quantité de radiations émises par la surface et parvenant dans l'œil est en raison inverse du carré de la distance, la grandeur de l'image rétinienne varie elle aussi en raison directe du carré de la distance. L'une influence neutralise l'autre, pour ce qui regarde l'éclairement de chaque point rétinien. Mais cela n'est plus vrai lorsque la surface est d'une certaine petitesse, ou plus exactement lorsque son image rétinienne (ou sa grandeur angulaire) descend en dessous d'une certaine limite. Alors la visibilité d'une surface dépend et de son éclairement absolu (quantité de radiations émises par chaque point) et de sa grandeur (quantité de points radiants). La visibilité d'une petite surface croît et avec le rapprochement et avec son éclairement absolu. De plus, une petite surface paraît d'autant plus claire qu'elle est vue de plus près. L'une influence, peut compenser

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