‹ La visionChapitre 63 sur 68 · I. Helmhoi.tz, Physiol, opt., 1867, p. 530 et suiv · texte numérisé non relu

I. Helmhoi.tz, Physiol, opt., 1867, p. 530 et suiv

LA MSION CHEZ l'hOMME 35 1

Remarquons d*abord qxie Helmholtz fait ici.de la sensation blanche une sensation cx)mposee. ce qui est inadmissible. Bien artificiel aussi est ce qu'il dit de l'incertain qui rogne sur ce que nous appelons blanc ou non blanc, c'est-à-dire coloré.

L' « erreur de jugement » ne tient pas devant la comparaison directe, lorsqu'on dispose une longue strie grise moitié sur fond d'une couleur et moitié sur fond d'une autre couleur.

Un phénomène curieux de contraste simultané est le suivant (Aubert). On diminue l'éclairage d'une chambre au point que les détails visuels n'y apparaissent plus que faiblement. Si alors on y fait jaillir une étincelle électrique unique et très faible, immédiatement disparaissent les détails ; le champ visuel s'obscurcit. Cette expérience démontre aux yeux des plus prévenus que le résultat sensoriel d'une photo-réception en un endroit rétinien est influencé par l'état (d'excitation ou de repos) du restant de la rétine. Et cela suppose que l'état fonctionnel, nerveux soit influencé, modifié lui aussi. — Un spiritualiste incorrigible ne se déclarera naturellement pas convaincu, malgré cette expérience. Mais alors nous lui demandons d'être conséquent jusqu'au bout, et d'envisager avec Newton l'existence même des images accidentelles comme un produit de notre imagination, ou, si on préfère, d'un faux jugement !

Il est intéressant de suivre dans l'expérience de plus haut la succession des phénomènes. Si l'une de deux surfaces juxtaposées est colorée, en rouge par exemple, le contraste simultané primaire appelle dans son voisinage la couleur complémentaire, c'ost-iWire le vert. Mais bientôt ce vert est remplacé par du rougeàtre, en même temps que la couleur inductrice diminue, comme si elle était mélangée de vert. La longue contemplation induit sur la couleur inductrice son complément, et dans son

voisinage la couleur inductrice ello-môme. El ces couleurs induites persistent quelque temps après disparition de la teinte inductrice rouge : Tendroit de celle-ci est vert; c'est rimage négative, entourée de Tauréole de la page 346.

LX. Résumé des divers faits de contraste ou d'ipduction lumineuse, montrant leur parenté intime. — Résumons sur un exemple très simple la succession des divers phénomènes de contraste ou d'induction lumineuse simultanée et successive. Soient une surface claire et une obscure juxtaposées. Au début de la fixation sur la limite entre les deux, le sombre paraît d'abord encore plus obscur, et le clair s'éclaircit encore : c'est le « contraste simultané » sensu stricto, qui surgit et disparaît instantanément avec la lumière inductrice. Si nous continuons la fixation, l'obscurcissement initial des parties obscures et l'éclaircissement initial des parties claires diminuent et font place aux états opposés : les parties obscures s'éclaircissent (aréole claire de la page 346) et les parties claires s'obscurcissent.

Si maintenant nous enlevons la surface, ou si nous fermons les yeux, l'éclaircissement de l'auréole persiste encore un certain temps — induction lumineuse successive — , et en même temps l'endroit de la surface claire de tout à l'heure paraît très noire. Ce noir est l'expression de l'obscurcissement de la phase précédente. Nous voilà à la phase de l'image négative. Avec un objet plus compliqué, les choses seraient identiquement les mêmes. — Avec une surface colorée, les phénomènes se reproduisent, sauf qu'à la place du blanc, nous mettons une couleur, et à la place du noir, le complément de la couleur inductrice.

Les images négatives ne résultent pas seulement de modifications rétiniennes h l'endroit préalablement éclairé, mais tout autant de modifications rétiniennes.

de processus physiologiques éveilles dans le voisinage de la partie éclairée (soit dans la rétine, soit dans une partie plus centrale de l'appareil nerveux visuel).

Pour nous, qui voyons dans les sensations des épiphénomènes psychiques de processus nerveux, pour nous qui ^ croyons à un déterminisme physiologique des sensations visuelles, il ressort à l'évidence des f^its d'induction lumineuse que l'état fonctionnel d'une zone rétinienne est influencé, non seulement par les états fonctionnels préalables de cet endroit rétinien, mais encore par l'état fonctionnel (simultané et antérieur) des parties rétiniennes voisines. — Ceci n'empêche pas qu'il y ait à partir des cônes et des bâtonnets une certaine conduction isolée des processus physiologiques vers le cerveau, telle qu'elle est exigée par le pouvoir de distinction de l'œil, par l'acuité visuelle. On pourrait, il est vrai, supposer que le déterminisme physiologique des phénomènes de contraste siège dans le cerveau, par exemple dans la rétine corticale. Mais rien ne nous oblige à nous prononcer dans un sens ou dans l'autre. — Rappelons aussi que les recherches récentes sur l'anatomie de la rétine (Ramon Y Cajal) ont découvert dans les cellules rétiniennes « anacrymcs » de nombreux liens nerveux suivant l'étendue de la rétine.

LXI. Perception bi-oculaire des clartés et des couleurs. — La perception lumineuse diffère-t-elle selon qu'une seule rétine ou les deux sont excitées. Déjà JuRiN (1755) trouva qu'un objet vu bi-oculairement à

une clarté de — plus grande que s'il est vu avec un. seul i o

œil. Albert et Valerius * confirmèrent le fait.

Si on regarde bi-oculairement un objet blanc, et si on

Page 1