‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 24 sur 59 · PE: (UE · texte numérisé non relu

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ce de ces fails et de certains autres, les termes de noire équation tendent par leurs mouvements à favoriser la stabilisation de P et il est des frottements qui empéchent les variations modérées de M de réagir pleinement sur P: 5».

Plus loin page 104, on lit : « Les variations de prix ne sont pas un mystère. Elles sont soumises à quelques influences précises et susceptibles d’être analysées. Deux de ces influences N et R sont ou devraient être sous le contrôle des autorités bancaires. La 3° K et K° n’est pas directement contrôlable ; elle dépend de l'humeur du public el du monde des affaires ».

La pensée de l’auteur se dégage de ces textes mieux que de sa formule. La vitesse de circulation devient le moteur des fluctuations de la valeur de la monnaie. Toutes les fois qu’il y a des discordances entre N et P, elles proviennent de la tendance des particuliers à conserver par devers eux des balances réelles accrues ou diminuées un pouvoir d'achat augmenté ou amoindri. C’est donc la vitesse de circulation qui est un des facteurs détermi-

nants des mouvement des prix.

Mais pourquoi concentrer le débat sur le terrain de la causalité. Pourquoi prétendre que V commande les prix plutôt que d’en être l'effet, et pourquoi surtout discuter encore sur de prétendues variations autonomes de la vitesse de circulation.

C'est parce que le problème est mal posé qu’il reste circonscrit chez Keynes comme chez beaucoup d’autres dans le domaine d’hypothèses mal définies.

L’équation M=PK est insuffisante, parce qu'elle négli-

ge de comparer PK avec le revenu. Il faut la compléter

pour définir l’encaise désirée. En faisant intervenir les

PK Re es revenus, on aura N = ER c'est-à-dire que la valeur réelle,

le pouvoir d'achat de la monnaie en circulation, sera un rapport entre le nombre indicateur des unités de consommation et le revenu global pendant un temps donné. Nous revenons ainsi à la définition première DE F et V = .

Il ne s’agit plus maintenant de savoir si la vitesse de circulation commande aux prix ou si les prix déterminent la vitesse de circulation.

Celle-ci est à l’analyse entièrement fonction des varia-

tions du rapport R si nous nous attachons aux revenus,

MV 4 à et aux rapport dans le cas où nous considérons la

totalité des paiements. Inversement proportionnelle à l’encaisse désirée elle n’est plus que la mesure symbolique par laquelle s'expriment les fluctuations du pouvoir d'achat total des instruments monétaires. Etudier le

rythme de la vitesse de circulation, c’est tout simplement

FM M étudier le rapport R Toute cause susceptible d'’in-

M fluencer KR agira automatiquement sur V.

En ne voyant dans la vitesse de circulation de la monnaie qu'une cause de perturbations légères, en restant partisans de la théorie quantitative malgré cet élément nouveau, Fisher et Keynes n'ont pas paru se rendre un compte exact de l'importance du facteur que leurs ana-

lyses ont contribué à mettre en lumière.

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Peut-être n’y ont-ils vu que l'effet d’une certaine inertie des éléments monétaires qui ne s’adapteraient pas aussitôt aux changements de quantité, et ils ne paraissent pas s'être rendu compte de la part immense qui revient à la volonté de l’homme qui est le véritable moteur de V.

Certes, la compensation, les habitudes bancaires nous facilitent la tâche lorsque nous désirons conserver par devers nous, une proportion d’argent liquide aussi faible que possible.

Mais ces artifices techniques ne sont qu’une extension . des limites dans lesquelles notre désir de monnaie pourra se mouvoir.

Le conducteur d’une automobile pouvant faire du cent à l’heure ne sera pas obligé de la lancer sur la route à cette vitesse. j

Pour des causes mutiples, il pourra se déterminer à rouler tantôt à 20 à l'heure, tantôt à 6o.

De même notre solde en banque pourra grandement varier par rapport à notre fortune, suivant une foule de circonstances sans descendre au niveau minimum audessous duquel notre trésorerie risquerait de se trouver gênée.

1 faut abandonner définitivement le concept de la vitesse dé circulation, fait extérieur qui semble n'avoir pour objet que de défendre malgré tout la théorie quantitative.

Le désir plus ou moins grand de pouvoir d'achat sous forme monétaire, voilà le fait psychologique initial.

Les fluctuations de V se confondent avec lui.

SAGE Le

Ïl nous reste à examiner les causes qui contribuent à

M RE Pate modifier le rapport R° et nous aurons ainsi l'explication des variations de V.

M ; te

Ce rapport FR "ous pouvons également l'appeler D et nous dirons que la formule de l’encaisse désirée qui a pour synonyme la demande de monnaie est également équivalente de l'expression offre de marchandises.

A priori, la tendance naturelle de D serait d’être aussi petite que possible, parce que la monnaie ne rapporte pas d'intérêts.

Les expressions intérêt de l’argent, intérêt des capitaux, s’entendent des biens les plus divers évalués en numéraire ou bien du revenu d'une somme prêtée dont on a perdu la disposition.

Mais sous sa forme liquide, la monnaie ne rapporte pas d'intérêt ; quant aux dépôts à vue, leur rémunération est insignifiante. Il est donc naturel de supposer que nous ne désirions conserver en caisse que ce que nous estimons nécessaire pour nos dépenses courantes.

Selon l’organisation bancaire, les facilités du crédit, la coutume, etc.…., les estimations de ce minimum indispensable seront susceptibles de se modifier. Mais il ne faut voir là que des indications d'ordre général qui ne sont pas absolument déterminantes du niveau de D. En

de multiples circonstances, l’encaisse désirée peut varier.

monnaie

Dans la fraction ———— nous pouvons séparer le revenu P DS .

causes de fluctuation revenu qui tiennent à la monnaie et celles qui proviennent des revenus.

Avant d'aborder la fameuse controverse sur l’existen-

a ne

ce de mouvement des prix indépendants de toutes causes monétaires directe, nous nous proposons d’examiner dans quelles conditions l'encaisse désirée peut varier pour

des motifs provenant uniquement de M.

Peut-être trouverons-nous qu’en certaines circonstances, ce fameux désir qui constitue la demande de monnaie est bien indécis puisque nous allons voir quelquefois la vitesse de circulation changer de rythme, s’adapter passivement à des modifications survenues dans la quantité de monnaie et faire preuve fréquemment d’une élasticité remarquable.

monnaie

Considérons à un moment donné le rapport revenu.

il représente à l’état d'équilibre, un certain niveau de notre appréciation du pouvoir d’achat général de la tota-

lité des espèces en circulation.

Pour une raison quelconque, la quantité de monnaie vient à augmenter et accroît en valeur nominale le montant des sommes que les particuliers possèdent en caisse ou en banque.

D'après la théorie quantitative, selon Irving Fisher, les individus ne conservant par devers eux que le strict minimum nécessaire à leurs paiements, se hâteront de placer l'excédent de numéraire immobilisé et les balances réelles devraient s’ajuster immédiatement aux fluc-

tuations des balances nominales. Le pouvoir d'achat de M .

l'unité monétaire diminuerait et le rapport R demeu-

rerait inchangé.

PSG

Nous pensons avec M. Aftalion qu’en pratique les choses se passeront tout autrement.

Les individus ne remarqueront pas aussitôt que leur solde en caisse ou en banque est devenu trop élevé ; au contraire, ils ne seront pas mécontents de la plus grande aisance de leur trésorerie qu'ils attribueront

volontiers à un concours de circonstances passagères.

Ils feront moins de paiements avec davantage de monnaie et neutraliseront ainsi pendant un certain temps les

effets de l’augmentation de sa quantité.

M Se

Ainsi le rapport R modifiera et aura tendance à : retarder leffet des variations dues à l’augmentation du volume de la circulation.

A l'inverse, toute diminution de la quantité de M pro-

voquera pendant un certain temps une réduction de +

et les industriels ou les commerçants s’efforceront d’effec-

tuer les mêmes paiements avec une encaisse réduite. On peut faire les mêmes observations au sujet des fluc-

tuations du chiffre moyen des transactions. Le rapport R s’adaptera assez facilement à des modifications qui ne seront pas trop durables du volume des changes.

ee M Cette remarquable passivité de — confirmée par de

nombreuses statistiques, nous enseigné que l’'encaisse désirée est susceptible d'évoluer dans des limites assez larges. Les inconvénients que peuvent présenter les changements de balances réelles ne doivent pas être la plupart. du temps bien considérables puisque la simple force de

l'habitude ou notre attachement à un pouvoir d'achat

s'identifiant avec la valeur nominale suffisent pour modifier celles-ci sans qu'il en résulte généralement aucune perturbation sérieuse dans les échanges.

Les hypothèses que nous venons d'examiner présentent ceci de particulier, qu’on y voit des changements d'ordre quantitatifs provoquer des réactions en sens contraire de la vitesse de circulation, qui joue ainsi un rôle régulateur analogue à celui d’un volant en mécanique, de telle sorte que parfois lés prix peuvent rester stables malgré des fluctuations de M et de T.

Mais il n’y a pas toujours pareille indifférence de la demande d’encaisse. Il est des moments où la monnaie est désirée indépendamment de la marchandise obtenue en échange indépendamment du montant des revenus. Il s'agira en ce cas de prévisions sur la valeur future de

la monnaie qui auront pour conséquence de modifier le

M rapport R:

Supposons qu’un grand nombre de personnes disposent en argent liquide d’un certain pouvoir d’achat. La croyance dans l’augmentation de la valeur courante de l’unité monétaire les incitera à augmenter leur encaisse non seulement en balances nominales, mais encore en balances réelles. M augmentera et si le volume de la circulation est resté le même, les prix baïisseront.

A l'inverse, si l’on pense que la monnaie risque de se déprécier, ou que l’on prévoit l’aggravation future d'une dépréciation déjà acquise, on verra naître chez tous la volonté de ne conserver en caisse qu’un pouvoir d’achat

aussi réduit que possible, On cherche à se défaire par

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tous les moyens d'une valeur qui se détériore (x).

L'histoire monétaire de ces dernières. années nous a montré combien devenait faible la demande d’encaisse dans les cas où le public instruit par l'expérience commençait à juger inévitable la dépréciation prochaine du pouvoir d'achat qu'il avait à sa disposition en numéraire. La certitude morale de la diminution de valeur de

M incitait impérieusement à s’en défaire afin d’avoir un

rapport aussi petit que possible de sorte que même si le volume effectif de la circulation demeurait sans changement, la hausse des prix ne cessait de se poursuivre, Bien plus, la valeur de la monnaie risquant de se détériorer dans l'attente comme des fruits ou des légumes qui se gâtent à être gardés, le taux de l'intérêt ne représenta plus uniquement la rémunération d’un prêt de capitaux. On y ajouta bientôt une prime compensatrice du risque couru par le prêteur de recevoir à l'échéance une valeur inférieure à celle qu'il avait transmise ; ce n'était plus une simple assurance contre l'insolvabilité éventuelle du débiteur, un forfait pour atténuer les

effets de la possibilité d’une libération trop avanta-

(1) Jean-Baptiste Say, Economie politique, tome 2, op. cit., p. 170 : « Et quand c’est la monnaie qui se détériore, on cherche à l’échanger, à s'en défaire par toutes sortes de moyens. C’est en partie ce motif qui fut cause de la prodigieuse circulation qui eut lieu pendant que le discrédit des assignats allait en croissant. Tout le monde était ingénieux à trouver un emploi pour un papier monnaie dont la valeur s’évaporait d'heure en heure. On me le recevait que pour le placer ; il semblait qu’il brulât quiconque le touchait. Dans ce tempslà, les personnes qui n'avaient jamais fait le commerce s'en mêlaient ; on fonda des manufactures, on bâtit, on répara des maisons, on

meubla ses appartements, on n'avait regret à aucune- dépense même

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geuse. Les taux d’intérêt pratiqués en Europe Centrale à certaines époques critiques furent souvent de l’ordrt de 30 à 4o % par jour. Il y eut une dissociation remarquable entre les notions d'intérêt des capitaux.

Souvent ces mouvements de fuite devant la monnaie, cette accélération de V étaient enrayés par l’impossibilité matérielle de faire circuler les espèces au-delà d’une certaine limite d’où parfois une pénurie extrême de moyens de règlement (geld mangel) qui maintenait artificiellement à certains moments le pouvoir d'achat et rendait même quelquefois une reprise possible. Dans la phase finale par suite de la nécessité absolue d’avoir un intermédiaire entre les échanges, c'était souvent un arrêt presque total des transactions et l’on vit les magasins des grandes villes d'Allemagne ne rester ouvert que deux ou trois heures par jour. Peu à peu, d’autres devises circulèrent et remplacèrent dans les affaires la monnaie natio-

nale qui n'inspirait plus confiance et cette introduction

pour ses plaisirs jusqu’à ce qu’enfin on ait achevé de consommer, de placer ou de perdre tout ce qu’on avait de valeur sous forme d’assignats ».

Ce passage analyse d’une façon remarquable les effets psychologiques de la dépréciation continue du papier monnaie. L'auteur a été particulièrement bien inspiré en se servant de l’expression « prodigieuse circulation » et on se rend très bien compte par celte analyse comment V est fonction du désir de se démunir au plus vite d'espèces dont la valeur va sans cesse en diminuant, Tout le chapitre xvr où Jean- Baptiste Say traite des avantages de l’activité de la circulation de l’argent et des marchandises est du plus grand intérêt, bien que l’assimilation de la circulation de la monnaie à celle des autres biens ait pour effet parfois de créer des çonfusions regrettables et de nuire à la

clarté des développements,

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