‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 30 sur 59 · RAT · texte numérisé non relu

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Hs ja relation possible entre la masse du pouvoir d'achat actif sous forme de numéraire et la masse latente estimée en monnaie de tous les biens existants. ” |

Nous avons déjà indiqué en analysant l'équation de l'échange que les choses qui ne donnaient liéu à aucune transaction devaient être considérées du point de vüe purement monétaire comme n existant pas. Une miarchandise qui ne s’échange pas, qui n’est jamais vendue, ne compte pas de même que ne jouent aucun rôle effectif les billets qui ne circulent pas et sont thésaurisés. Maïs alors comment déterminer les rapports d’intérdépendance entre le total des estimations de biens si différents et le pouvoir d'achat de l’ensemble des instruments de paiement. Vs

Il nous faudra employer la même méthode! que pour la vitesse des paiements. Là aussi il adviendra que tel billet servira à dix échanges dans le même temps qu'un autre n'effectuera qu’une seule transaction. Les opérations par chèques et par virements seront infiniment plus rapides que celles où l’on aura recours à des déplacements matériels de numéraire. Cependant, nous avons admis l’existence d'une vitesse moyenne de circülation de la monnaie et nous n'avons tenu compte que de celle-là. Bien plus, pour simplifier au risque de manquer d'exactitude, nous nous sommes confentés de considérer, ce qui est difficilement déterminable, le. nomde cycles parcourus par la monnaie depuis le consommateur jusqu’au possesseur de forces productives ‘en

passant par l'entrepreneur.

Dans le même temps que la monnaie passe de l’ache-

Mina, Harchandise passe du vendeur à l'acheteur. Comme il y a des biens qui circulent très lentement, et d'autres très vite, nous nous en tenons également à la vitesse de circulation moyenne.

Pour simplifier encore, en n'envisageant que le nombre de cycles parcourus, par les marchandises depuis le producteur jusqu'au consommateur, nous arrivons à la notion du revenu difficile, elle aussi, à déterminer d’une manière précise, mais qui a le mérite d’être pratique.

Le revenu réel ce sera le total de la production dans l’unité de temps, soit Q.

Le revenu nominal en argent représentera Le. prix moyen des,articles qui figurent dans la production globale. On aura ainsi R =, PQ (1). | | ii 4

Ainsi la formule schématique de l'encaisse désirée

MAC M Perte es sera pau lieu de nv °! celle de la vitesse de circula-

Fe Dh ee ruse f ion + au Ieu e TRE

11 ne faut cependant pas se dissimuler que gi la notion du revenu est très claire pour, l'esprit, il est extrêmement délicat de d'évaluer d’une façon satisfaisante. , Les statistiques elles-mêmes donneront des indications erronées et elles auront souvent tendance à enregistrer plusieurs fois la même valeur sous des rubriques différentes. Le calcul sera surtout, compliqué lorsqu'il s'agira de différencier le capital du revenu et, l'on n'arrivera en fait qu'à des

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résultats approchés. |, Le capital : se compose, en Principe, de l' accumulation

‘ ft OR ETE TETE

(2) Aftalion, Monnaies, prix et changes, page 152,

des valeurs soustraites à la consommation improductive ; on peut le concevoir à un moment donné comme l’ensemble des estimations se rapportant aux biens existants. Quand on aura retranché des fortunes la dette publique et ajouté la valeur des propriétés de l'Etat, on ne s'en fera pas encore une idée bien nette, car bien des éléments chevauchent les uns sur les autres.

Le revenu est à proprement parler la valeur des services productifs destinés à être consommés dans l'unité de temps, mais comme ils ne sont pas pareillement périssables, on devra se contenter d'une moyenne, car il est impossible de tenir compte en détail de la vitesse inégale de tous les courants qui vont de la production à la consommation. Le problème est le même pour l'estimation de ces revenus en argent et comme l'écrit M. Truchy « Sous les apparences de la monnaie, ce sont les biens qui sont répartis entre les hommes. La masse des biens matériels à répartir n'est pas quelque chose d’immobile et qui serait donné une fois pour toutes ; ce n'est pas un fonds à partager, mais un flot continu que la production alimente et qui va se perdre dans la consommation » (x).

Quels sont d’ailleurs exactement les revenus qui doivent entrer en ligne de compte ? N'y en a-t-il pas qui ne sont faits que de prélèvements sur d’autres revenus. Un chef de famille par exemple, fait à un de ses enfants qui ne vit pas avec lui, une rente de 15.000 francs par an, alors que lui-même en touche cent mille. Si nous addi-

tionnons les deux chiffres, nous obtiendrons un total de

(1) Truchÿ, Economie Politique, tome II, P+ 127, op. citée,

cent quinze mille francs, alors que de toute évidence, l’'émolument du fils n’est qu’une fraction du revenu de son père. Il convient de raisonner de la même manière dans le cas d’un secrétaire, d’un domestique et'en général de tout salarié dont le traitement n’est pas décompté parmi les frais généraux d’une entreprise (1).

Dans toutes ces hypothèses, il y a lieu d'appliquer la règle : «bona non dicuntur nisi deducto œre alieno »,

mais que de difficultés dans la pratique.

Comment maintenant faire la distinction entre revenu et capital et sur quels indices, Tel bien est un capital pour l’un qui est un revenu pour un autre. Que penser notamment des bénéfices dus à la hausse en bourse des valeurs mobilières P Celui qui les gagne les considère tantôt comme une augmentation de son capital, tantôt comme des sommes qu'il est libre de consommer sans que son patrimoine. en soit diminué. Il faut renoncer pour les individus à une définition objective du capital et du revenu, car chacun selon son tempérament, consacre à la consommation une partie variable de ses ressources.

‘Pour la collectivité, l'estimation de la valeur en capital en fonction des revenus est également arbitraire. Elle paräît avoir comme base le taux moyen de l'intérêt. Là encore, il s’agit d’un critère purement subjectif, car le

problème de l'intérêt pose surtout une question de répar-

(1) Le revenu d’une famille ou d’un particulier dans une foule de cas se compose de morceaux détachés des revenus d’autrui. De Fouille,

France Econom ique, 1889,

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tition des richesses. Ce qui est important, c'est le volume de la production, et malgré le caractère conventionnel qui s'attache à cette conception, nous ; considèrerons comme déterminable le montant du revenu anmuel national ou international afin de pouvoir comparer ses varia-

tios à celles de la quantité de monnaie.

Nous avons déjà étudié certaines influences -susçepti-

M. et

bles de provoquer des modifications du rapport R montré comment en dehors de tout changement dans la quantité de moyens de ‘paiement uné diminution ou une augmentation dela demande d’encaisse déterminait nécessairement des fluctuations du pouvoir d'achat de la masse monétaire. Il faut écarter définitivement l’idée erronée de la vitésse de circulation, chaînon intermédidiré entre là démande dé monnaie ét les prix. Elle ne représente que le ‘rapport entre les revenus considérés pendant une période donnée et’ la quäntité de monnaie, mais ce n’est pas ‘un ‘élément monétaire. Lorsqu'on dit par ‘exemple que! la défiance devant la monnäie quand elle se ‘produit, accélère la vitesse de la circulation, on affirme simplement que les particuliers ont une tendance croissante à ne conserver en caisse ou en banque qu'une fraction aussi minime que possible de leurs revenus ; ils seront disposés en même temps à donner davantage pour les: marchandises: et s’efforceront, malgré la hausse des prix, à ne conserver par devers eux que le minimum indispensable. La défiance à l'égard de la monnaie, ce n'est autre chose que la diminution de l’encaisse désirée.

La vitesse de circulation n'étant elle-même que l'inverse

de cette encaisse désirée augmentera. en,même temps. Il n'y a pas de phénomènes successifs, mais deux, aspects du même phénomène, .

La fuite devant la monnaie se traduit par une Gin

M nution de + Une diminution de R © est obligatoirement une aug-

-R mentation de M

Dont la fuite devant la monnaie se traduit automati-

quement par une accélération de . R c'est-à-dire de la vitesse de circulation. Hi Ïl n’y a pas, il ne peut pas y avoir d’a action ue de V, ni d'ordre de succession entre les, phénomènes. Ainsi l'on n'a plus à. ’étonner que, la défiance à l'égard de la devise nationale puisse déterminer directement sa dépréciation et la hausse des prix et qu en quelques heures parfois le POUVOR d achat du mark ait varié du simple au double. La vitesse de circulation n'avait ni à précéder ni à suivre ces mouvements : : elle en demeurait le fidèle reflet et son accélération désordonnée était un indice certain de l’abandon pre$que complet de la monnaie intérieure dans les échanges de ce pays. LR Dans tous ces cas, il s'agissait d'éléments psycholo-

giques influençant M qui déterminaient les variations

de - sous l’impulsion de mobiles exceptionnels, |

. ne peut-on, pas penser que des TRUE de .R soient également capables de provoquer certaines fluctuations des balances réelles, dont de S . Nous ayons

déjà montré la remarquable passivité de la demande de

SU

monnaie et nous avons constaté qu ‘une légère augmen-

tation dans la quantité des moyens de paiement pouvait

| M | ChHRRREr une variation de R les particuliers n ‘attachant

pas une très grande importance au fait de* posséder par devers eux un pouvoir d’achat plus ou moins grand et $'accomodant aisément de modifications modérées de leurs encaisses. l

N'’en serait-il pas de même lorsque le montant des revenus varie pour“une cause quelconque. Dans le cas d'une réduction ou d'un accroissement des bénéfices périodiques de son entreprise, un négociant éprouveratil le besoin immédiat d'adapter sa trésorerie à son revenu et de la maintenir dans une proportion constante avec ses gains. N'y at-il pas en pratique une séparation presque complète entre ce qu’on appelle les liquidités et les autres parties de l'actif.

Certes, il est prudent, surtout pour une société commerciale, de présenter un bilan où figurent des sommes importantes en caisse ou en banque.

Mais ce ne sera qu’un élément bien faible d'appréciation.

On attachera un plus grand prix aux divers postes où figurent des valeurs dites réalisables. Titres cotés en Bourse, marchandises de vente facile, effets de commerce escomptables, etc.

Enfin, on considèrera, mais avec plus de circonspection, le chiffre des immobilisations qui représentent des capitaux fixes qui ne sont généralement pas susceptibles de recevoir une autre affectation.

On voit que si les espèces figurent ‘parmi les éléments de l'actif social, ellès n’en sont qu’une modeste fraction.

Partout autour de nous, il en eët ainsi, la monnaie prend sa place parmi l’ensemble des richesses, mais ne jouit d'aucun privilège quand il est uniquement question d'en faire l'inventaire et de les évaluer. Nous comparons, grâce à elle, une foule de biens les uns par rapport aux autres, mais c’est leur utilité propre qui nous les fait désirer et qui établit entre eux une échelle de valeurs (1).

Ainsi, puisque le total de toutes les encaisses n'apparaît que comme une fraction de notre fortune, comme une fraction de nos revenus, comment établir une relation entre M. et R.

.. Ÿ at-il un niveau de M normal qui doit correspondre à un niveau normal de R. Y a-t-il un lien nécessaire entre le total des sommes dépensées au cours d'une année pour les usages les plus divers et le solde moyen que nous conservons en caisse ou en banque ? Si cela n'est pas vrai pour un individu, est-ce plus exact pou l'ensemble des habitants d’un pays o

Quelle relation peut-on concevoir entre l'utilité directe de la monnaie qui est de servir d’intermédiaire entre

deux coéchangistes et l'utilité que nous procure un cer-

tain revenu annuel évalué en argent, c’est-à-dire la déter-

‘(:) « La valeur des choses s'établit dé l’une par rapport à l’autre et non pas seulement par rapport à la monnaie d'argent ». Jean-Baptiste Say, Ec. Polit, op. cit, tome II, p. 8.

Ibid.” p. 9, « Gest comme on le voit la enr d’une multitude de produits balancés entre eux qui fonde Vu valeur courante des services productifs »,

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