ANALYSE DE LA THFORIE DU REVENU ET DE LA THEORIE PSYCHOIOGIQUE
M. Aftalion, selon sa méthode : habituelle: part de l'observation des faits et s'attache d’abord à révéler cértaines discordances entre les mouvements de la cireulation et les prix qui se concilient mal avec les différentes formes de la théorie quantitative.
Son système se rattache à l'équation R = PQ, qui constate l'égalité entre le revenu en argent d'un pays pendant une année donnée avec la production de la même année multipliée par le prix moyen des produits. En voici les principaux points (r).
Les variations de R sont fonction de la production et ") Consulter Aflalion, Monnaïes, prix et changes, ainsi que le cours professé à la Faculté de Droit de Paris en 1928-1920.
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des prix. Mais il peut arriver que P varie alors que Q reste stationnaire.
Cette éventualité peut se produire dans un certain nombre de cas d’où résultent des différences impor-
tantes avec la théorie quantitative.
A) Action du change sur les prix et les revenus.
Il est incontestable que le change agit automatiquement sur les cours des produits d'importation et dans une moindre mesure sur ceux des produits d'exportation. Comme conséquence, augmentent en premier les revenus des importateurs pour les marchandises payées avant la hausse et qu'ils ont encore en magasin.
En second lieu augmentent les ressources en monnaie nationale des porteurs de valeurs mobilières étrangères et de tous ceux qui ont des avoirs à l'extérieur. Ensuite viennent les achats des étrangers qui vivent dans le pays s’ils ont des revenus en monnaie appréciée. De proche en proche, les exportateurs, les détenteurs de marchandises indigènes et une grande partie de la population voient s’accroître le montant nominal de leurs revenus. Or si R s'élève, les prix s'élèvent bien que la circulation soit demeurée stationnaire. Ce ne sont pas les variations de la quantité de monnaie mais celles de R qui sont l’élé-
. ment décisif des changements dans le niveau de P.
B) La circulation n'’agit directement sur les prix que
lorsqu'elle a une influence sur les revenus.
Ne peuvent être considérés comme facteurs déterminant des variations de la valeur de la monnaie que ceux
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qui modifent le revenu nominal sans changement parallèle de la production. Les émissions de papier monnaie ne provoquent la hausse des prix que lorsque cette, inflation entraîne une augmentation du revenu, celui que l’état distribue n'étant plus demandé à l'impôt.
Dans le cas de production d’or, le phénomène est le même. Lorsqu’elle s’accroit, il y a un certain nombre d'individus qui voient leurs ressources croître. Le revenu or augmente alors que la quantité de marchandise reste stationnaire et les prix s'élèvent. Cette augmentation du revenu entraîne de proche en proche la hausse dans les pays non producteurs (+).
On peut généraliser en ce qui concerne les changements des prix extérieurs dus aux récoltes ou à une prospérité cyclique. L'application de la théorie peut être également faite dans les cas de modifications du revenu ayant pour cause les rapports avec l’étranger même sans variations préalables des prix. Il suffira que des capitaux piacés à l'extérieur deviennent plus rémunérateurs ou même que des opérations de bourse avantageuses effectuées au dehors procurent des bénéfices supplémentaires. On peut faire le même raisonnement au sujet des hausses de valeurs mobilières dues à des achats de la part des
étrangers si leurs détenteurs ne sont pas disposés à con-
(1) M. Aftalion fait une réserve à son cours sur le point de départ du mouvement. Il remarque qu’à l'origine la hausse sous l'influence des prix étrangers est directe. L'utilité finale de la marchandise paraît plus grande parce qu’elle est plus grande à l'étranger. Ce n 'est qu'’en-
suite que la hausse du revenu déterminerait une montée générale des prix,