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ne manquera pas de se faire sentir et nous savons que souvent ses réactions ont tendance à neutraliser celles des autres facteurs. La stabilité des prix ne sera donc pas garantie malgré toutes les précautions prises et les variations continuelles du change risqueront plutôt d'aggraver leur instabilité.
Si, au contarire, on laisse à la réserve une valeur variable, (hypothèse que Fisher appelle alternative de la réserve indéfinie le nombre de billets en circulation devra demeurer constant.
Dans ce cas, il n’est pas certain que le pouvoir d’achat de chacun d’eux soit augmenté par une addition de métal. Malgré l’action psychologique incontestable qu'exerce encore l'attraction de l'or, il sera difficile de contrôler l'influence exercée par les modifications de poids du dollar sur le niveau général des prix. Celle-ci pourra tantôt se révéler insignifiante et tantôt être si profonde que le but récherché sera dépassé. De toutes façons il ne saurait être question d’une relation mathématique entre les corrections du dollar et son pouvoir d'achat.
Là encore l'instabilité des changes viendrait nuire à la stabilité des prix et le commerce extérieur se trouverait paralysé par l'incertitude gênante des fluctuations de la valeur métallique de la monnaie. Des échanges inopportuns de @œrtificats d'or auront peut-être aussi pour conséquence d’affaiblir l’encaisse de la banque centrale qui pourra se trouver à un moment donné gènée pour assurer la convertibilité. Enfin la vitesse de circula-
on sera comme dans là première alternative susceptible
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de variations autonomes qui ne feront qu’accroître les causes de fluctuations dans le pouvoir d'achat du dollar soi-disant compensé.
Il semble donc que la valeur de la monnaie ne puisse être régularisée par cette méthode qui malgré son automatisme apparent et son réel intérêt théorique présente des inconvénients tels qu’on peut la considérer comme impraticable.
Keynes entend lui aussi transformer les modalités de la circulation mais il procède autrement qu’'Irving Fisher et abandonne délibérément l’usage de l'or.
Seule la circulation qui se contracte ou se dilate paraît à ses yeux capable de provoquer une stabilité effective des prix. La stabilité apparente que donne l’once d'or achetée à un prix déterminé par la banque d'Angleterre est purement illusoire. Il faut complètement dissocier la valeur courante de la valeur métallique pour ne s’'inquiéter que du volume des instruments de crédit.
Si d’autres états persistaient à conserver l'étalon or, on devrait malgré tout préférer la stabilité intérieure à la stabilité extérieure.
Toutes ces idées ne sont pas très nouvelles, mais Keyne semble préconiser bien qu’il ne s'explique pas nettement à ce sujet l'établissement définitif d’un étalon napier universel.
En pareil cas, les anciennes complications touchant le maintien de la convertibilité pourraient disparaître et il ne serait plus nécessaire de sacrifier des sommes consi-
dérables à l'exploitation des mines.
On peut objecter qu'une pareille expérience ne semble pas devoir être tentée dans un avenir prochain et qu'en réalité on se trouverait en présence de nombreuses difficultés.
En effet, si les nouveaux billets devaient être émis par un organisme international comme la Société des Nations par exemple, il faudrait procéder à leur répartition entre des états ayant des besoins différents, et il serait malaisé à ceux-ci de pouvoir octroyer des crédits sans créer une monnaie fiduciaire intérieure. Le-problème de la convertibilité risquerait de se trouver posé à nouveau, aggravé par la disparition d’une base métallique ayant le mérite d’avoir une influence modératrice.
Sur les autres points, les méthodes recommandées par Keynes ne diffèrent pas sensiblement de celles que nous avons étudiées dans le chapitre consacré à la monnaie dirigée. Cet auteur semble convaincu de la possibilité de régler le niveau des prix en agissant sur la quantité de moyens de paiement. On peut donc le considérer en fait comme un partisan de la théorie quantitative bien que les termes nouveaux dans lesquels il pose son équation aient porté le débat sur un terrain souvent favorable à ses adversaires eux-mêmes puisque le retard naturel apporté par les particuliers à ajuster leurs balances réelles aux conditions créées par les changements de prix trou-
ve une explication dans son interprétation (1).
(1) Par l'importance que nous attribuons à la notion de balances réelles, notre conception de la monnaie se rapproche sur certains
points de celle de Keynes et de Hawtrey.
Ce qui nous sépare de ces auteurs, c’est l'importance excessive
En définitive, nou$ n'adoptons ni le système d'Irving Fisher, ni celui de Keynes, parce que l’un et l’autre paraissent pratiquement irréalisables.
Les résultats acquis par le contrôle des crédits aux Etats-Unis semblent au premier abord plus encourageants mais ils sont loin d’être concluants et au point de vue doctrinal nous ne croyons pas qu’il soit possible de les considérer comme définitifs.
C'est donc vers une solution différente du problème que nous devons incliner nos recherches en renonçant cette fois à ajuster en bloc la valeur du numéraire à celle des marchandises. Les inconvénients inhérents aux
variations du pouvoir d'achat de l'instrument des paie-
qu'ils attachent aux facteurs purement quantitatifs. Nous avons indiqué que le rapport E était susceptible de varier activement sous
l'influence des éléments monétaires et passivement sous l'impulsion
des variations du revenu. Nous considérons M comme extrêmement
sensible aux influëénces psychologiques el il existe de ce chef une zone très large d’indétermination des prix.
Cette remarquable passivité des balances réelles permet aux mobiles subjectifs de jouer un rôle prépondérant surtout à l’époque présente.
Par cette brèche dans la théorie quantitative dont Keynes el Hawtrey ont méconnu l'étendue, on peut, sans contradiction de principe, expliquer l’action décisive des éléments internes dans les phénomènes contemporains et tenter la synthèse des points de vue opposés qui paraissaient jusqu'ici inconciliables. La doctrine psychologique nous semble d’ailleurs la plus conforme à l’évolution actuelle de la technique monétaire. Sur Keynes, consulter Aftalion, Monnaie, priæ et change, p. 142 et suiv. V. Lazard, Politique el théories an-
glaises d'après-guerre. Sirey. 1927.
ments ne seraient-ils par atténués dans une large mesure si un élément de sécurité était introduit dans les placements en adoptant une unité de compte capable d'éviter aux individus le dommage résultant de l'instabilité du
pouvoir d’achat de la monnaie.