‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 7 sur 59 · HE · texte numérisé non relu

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certains objets à des conditions très onéreuses lorsqu'ils sont liés par une obligation, ce qui contribue encore à faire varier leur valeur en dehors de toute considération logique.

Cependant, il est des besoins relativement stables ; souvent des moyennes s’établissent entre des conceptions divergentes et il ne faudrait pas négliger l'importance des facteurs numériques, mais elle est changeante non seulement dans le temps mais selon la nature des besoins à satisfaire.

Il est des produits dont la demande est plus élastique ; il en est d’une utilité plus instable que d’autres qui tirent leurs qualités d’une mode éphémère, et l'élément quantitatif est tantôt pratiquement et le seul dominant, tantôt au contraire, il passe au second plan.

L'étude des variations de la valeur de la monnaie

doit entrer dans le cadre de la théorie générale (1).

A ce sujet, M. Aftalion pense que la théorie quantitative de la monnaie qui sous toutes ses formes donne aux éléments mesurables une importance primordiale, n'est qu'une survivance de l'ancienne formule de la loi de l'offre et de la demande (2).

Pour cet auteur la théorie quantitative ayant été élaborée dans des temps assez lointains où la nouvelle

conception de la loi de l'offre et de la demande n’exis-

(1) Anderson The value of money, op. cit., p. 46: « The theory of the value of money is a special case of the general theory of economic value ». |

(2) Aftalion, Crises périodiques de surproduction, tome Il, pages 277-278. Monnaies prix et changes, page 230.'

tait pas, a continué à persister après l'abandon des anciennes définitions de la valeur auxquelles elle n'aurait pas dû survivre.

Nous ne partageons pas entièrement cette manière de voir et nous ne pensons pas que même du temps de Ricardo, la loi de l’offre et de la demande ait été jamais formulée en termes assez absolus pour justifier son application automatique dans tous les domaines.

Un économiste classique Jean-Baptiste Say par exemple, emploie bien cette formule de son époque : « L’élévation des prix est en raison directe de la quantité demandée et en raison inverse de la quantité offerte ».

Mais il énonce cette loi pour les facteurs quantitatifs et il ne manque pas d’'énumérer les éléments qualitatifs qui peuvent influencer le prix des marchandises (1).

Il ne méconnaît pas l'influence des passions et des prévisions ni clle des facteurs purement moraux.

Même en un temps où l’analÿse économique était beaucoup moins poussée, on ne pouvait contester le plus ou

moins d’élasticité de la demande d’un produit.

(1) J.-Baptiste Say, Economie politique, op. cit., tome II, page 14: « Quant à la quantité offerte, ce n’est pas seulement celle dont l'offre est formellement exprimée, c’est la quantité d’une marchandise que ses possessurs actuels sont disposés à céder en échange d’une autre ow si l’on veut. à vendre au cours ».

Ibid. page 15 : « Quand l’année s'annonce pour être bonne et fertile en vins, les vins des récoltes précédentes, et même avant qu'on ait pu livrer à la consommation une seule goute de la récolte nouvelle, baissent de prix ».

Ibid., page 19: « L’espérance, la crainte, la malice, l'envie d’obliger toutes les passions et toutes les vertus, peuvent influencer sur les

prix qu’on donne ow qu’on reçoit »,

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La théorie quantitative de la monnaie semble historiquement avoir pour origine des observations spéciales à la monnaie et paraît procéder d'une certaine conception de son rôle car on ne retrouve pas dans son énoncé, la même prudence que dans les explications sur la loi de l'offre et de la demande en général.

Il est toutefois évident qu'une analyse imparfaite de la notion de la valeur comme dans la conception ancienne où les facteurs qualitatifs sont rejetés au second plan, et même quelquefois sous-entendus peut favoriser la croyance à une intangibilité par trop sommaire de la théorie quantitative.

Pourtant les conceptions modernes de la valeur, tout en la rendant moins absolue ne l'infirment pas a priori,

Il s’agit de savoir si la demande de monnaie est élastique, c'est-à-dire si son pouvoir d'achat est inversement

proportionnel aux quantités.

Encore faudra-t-il définir les diverses formes de la théorie qui à évolué depuis son origine devenant plus subtile et plus complexe. Ainsi posé, le problème devient d'ordre essentiellement pratique... C’est dans le rôle de la monnaie considérée comme une chose matérielle ayant sa valeur et son utilité propres que nous chercherons une réponse satisfaisante.

C'est dans le cadre de la théorie générale de la valeur que nous examinerons les influences possibles et pro-

bables de facteurs quantitatifs ou qualitatifs.

Devons-nous distinguer dans notre étude entre ce que

l'on appelle généralement monnaie convertible et la

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monaie inconvertible, séparerons-nous la théorie de la

monnaie saine de celle de la monnaie dépréciée ?

Nous ne pensons pas devoir le faire, car la monnaie est avant tout ce qui sert à effectuer un paiement. Sa nature ne sera pas modifiée, même si on ne peut la comparer avec un certain poids de métal, à condition qu’elle conserve encore pratiquement sa fonction et

qu’on l’accepte dans les échanges.

Le cours forcé, l’inconvertibilité sont des évènements très importants, mais s'ils modifient l’appréciation de l'instrument des paiements, ils n’en altèrent guère la nature. Certes, les phénomènes ont tendance à se com-. pliquer par le fait du fractionnement des systèmes

monétaires.

L'unité est rompue entre les devises qui avaient jusqu'alors une attache commune. La parité avec un poids de métal n'existe plus et on voit différentes mon-

naies évoluer de manière divergente.

Sous l’action du change, elles réagissent les unes sur les autres et il n’y a pas isolement absolu. D'où des mouvements en apparence compliqués et de prétendues anomalies. Mais tant que l’usage monétaire est conservé, les lois de l’économie politique sur la monnaie doivent s'appliquer s’il y en a. |

L'analyse que nous comptons entreprendre a pour ambition de rechercher méthodiquement les causes susceptibles de modifier le pouvoir d'achat de la monnaie, dont la valeur dépend comme celle de toutes choses de

son utilité et de sa rareté,

rte

Nous commencerons par l'analyse des fondements de son utilité propre pour apprécier dans quelle mesure se trouveront confirmées ou infirmées les différentes for-

mes de la théorie quantitative,

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