‹ La vivandière, opéra-comique en trois actes parolesChapitre 21 sur 44 · ACTE DEUXIÈME SI · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME SI

TOUS

Entendu, Marion.

(Les soldats partent en évitant tout bruit.)

LA BALAFRE, avant de s'éloigner, montrant les légumes du panier île Marion.

La soupe sera bonne ?

MARION

Gourmand... Tu en auras.

[La Balafre sort. — Marion s'approche de la carriole avec le plus grand soin, elle dépose son panier et se met à pelurpr ses carottes et ses pommes de terre qu ellp met dans la marmite. — Jeanne sortant de la voiture s'approche doucement de Marion et l'embrasse.)

JEANNE

Bonjour Marion î

MARION, se retournant.

Eh ! bonjour, ma petite, Tu vois, ces gueusards-là

(Elle montre le p<)ing du côté des soldat».^

T'ont réveillée I Enfin, Dis, as-tu bien dormi ?

JEANNB

J'étais si fatiguée !

(S'adressant à Marion.)

Mais, OU t'es-tu couchée?

MARION

N'en prends donc nul souci.

J'ai dormi cette nuit Près mon feu de bivouac

Archives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel

82 LA VIVANDIÈBE

JBÀNNB

Ma pauvre Marion î

MARION

Ne me plains pas.

Chère enfant !

Car je suis bien heureuse, Cette nuit, Moi, je t'ai gardée.

Je croyais Avoir un enfant I

Je sentais ma pensée Flotter légère et douce Et s'en aller là-haut Vers les étoiles ! ! !

Assise près mon feu de sarments,

Je te voyais dormir.

Alors, j'étais comme en extase,

Et faisais de beaux rêves.

(Avec une tendresse infinie.)

Ne me plains pas, Chère enfant, Car je suis bien heureuse ! I !

JEANNE, doucement.

Merci!!!

(puis changeant d idée.)

As-tu des nouvelles de Georges ?

MARION, joyeusement.

Coquine, tu y penses!

JEANNE

C'est que je l'aime tant I Avant que tu m'emmènes,

Page 1