‹ La vocation au mariageChapitre 11 sur 49 · LA LKGISLATION MATRIMONIALE IO · texte numérisé non relu

LA LKGISLATION MATRIMONIALE IO

de découvrir les empêcliemeiits éventuels ainsi que l'antipathie toujours possible des caractères. Favoriser cet usage, c'est revenir aux habitudes des chrétiens de la primitive Eglise, et c'est permettre aux jeunes gens de se préparer dans la paix et la sécurité à recevoir saintement le sacrement de mariage (i).

(i) Formule que l'on peut adopter pour le contrat de fiançailles :

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prennent ren;^agement mutuel de be jr.iii.ci- en temps opportun.

X , le du niois de 19, .

SisJnature 'des liancés

Signature de M. le Cu.é

ou

Signature de deux témoi i?

Sil'un des fiancée ne sait paî écrire, on a o':!: :

N ne s.-ichant pas écrire, le téuiDin S'ni.isi;^-.ié a ajuiité sa si^

ture aux précédentes signatures

Le M:^riage Cïvi],

Le Mariage Civil.

De plus en plus on s'habitue en France à regarder comme un vrai mariage la formalité abusivement appelée mariage civil. On croit que le mariage est mariage par l'effet des paroles que prononce l'officier municipal ; que la visite faite à l'église n'est qu'une cérémonie de bon ton, qui peut tout au plus pour les croyants, avoir pour résultat l'obtention de grâces qui écartent quelques maux inséparables de la vie conjugale. La foiile ne sait pas. Elle est trompée par les apparences. Elle tient pour bon ce qui se fait, ce que l'usage sanctionne, et pour vrai ce qui se dit, ce qui s'affirme sans une contestation ouverte et puissante Les vrais coupables, ce sont ceux qui, perdant le sens du divin ont voulu faire du mariage leur chose ; ce sont ceux qui ont enseigné que « le mariage est un engagement inviolable stipulé au profit de la société générale du genre humain », et qui, pour mettre leur théorie en pratique, ont

lia LA VOCATION AU MARIAGE

institué et rendu obligatoire le mariage civil^ qui n'est pas autre chose que la main mise par l'Etat sur une chose qui ne relève que de Dieu, du Christ et de l'Eglise.

De quand date le mariage civil ?

Dès l'origine de l'humanité le mariage a toujours eu un caractère religieux. « Le paganisme y appelait, à titre de témoins, les dieux de l'Olympe. La mythologie nous les montre aux noces de Cadmus, le premier roi de Thèbes, en Béotie ; à celles de Pelée, fils d'Eaque et père d'Achille.

» Chez les Assyriens, lorsque le père du fiancé avait attaché les mains de.s jeunes époux avec un lîl de laine, symijole de la douceur et de la volontaire persistance du lien conjugal, tous les assistants élevaient vers le ciel leurs bras et leurs voix pour en faire descendre les grâces mystiques.

» Les poètes de la Grèce faisaient descendre le mariage de l'Olympe, l'Hyménée sacré, fils d'Apollon et d'Uranie. A la veille d'échanger des serments éternels, les fiancés faisaient hommage d'une mèc^he de leurs cheveux à Diane, à Llinerve et aux Parques, et lorsque sonnait l'iieure de mêlef leur âme en un mutuel abandon, le prêtre immolait sur l'au- :tel une victime de clioix, dont il jetait le fiel Ic-ki des regards des nouveaux époux, pour' sigryiier le .soin qu'ils devraient avoir d'écarter de leur vie les senti- ■ments d'aniertuiui., de colèi'c et de 'dlvisioni^ dont le' iU'4 était réputé le siè«e.

LE MARIAGE CIVIL I l3

» A Rome, le Flamine ne présentait le gâteau de froment aux jeunes époux qu'après avoir offert aux dieux lares du lait et du vin mêlés, et c'était dans le sacrarnim, en présence des divinités tutélaires de la famille, que la jeune épouse, voilée de pourpre, acceptait d'être à jamais la « Caïa de son » Caïus. »

Cette intervention de la divinité, nous la retrouvons partout sous une forme ou sous une autre. De nombreux documents, recueillis avec soin par les historiens, l'attestent. Les jurisconsultes ont rappelé ce fait avec une unanime complaisance. « Le mariage, dit Domat, est un lien formé de la main de Dieu » (i) . « Les législateurs humains, n'ont point inventé ce contrat le plus ancien et le plus universel de tous, et dont l'origine est à Dieu lui-même... Chez tous les peuples, le mariage a été un acte religieux placé sous l'invocation de la divinité (2). » « Tous les peuples, affirme Portails, ont fait intervenir le ciel dans un contrat qui doit avoir une si grande influence sur le sort des époux, et qui, liant l'avenir au présent, semble faire dépendre leur bonheur d'une suite d'événements incertains, dont le résultat se présente à l'esprit comme le fruit d'ime bénédiction particulière. » M. Laurent — peu suspect — approuve ce langage : « Portails, dit-il,

(s) SoitA*. traité fîés Mit chap. m.

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Il4 LA VOCATION AU MARIAGE

constate un fait que personne ne saurait contester : ceux-là mêmes dont les croj'^ances ne sont pas celles de l'orateur catholique, et qui n'attachent aucune importance à la bénédiction de l'Eglise, sont convaincus, s'ils ont conservé le sentiment religieux, que les mariages, pour nous servir d'une expression populaire, se font au ciel. Quoi de plus naturel donc que de prendre en face de Dieu les engagements que Dieu même nous dicte et nous inspire ? (i)... »

La Révolution française devait officiellement, la première, faire abstraction de tous ces siècles de tradition religieuse, et considérer le mariage uniquement comme un contrat civil.

Dans cette voie de sécularisation, elle avait eu des précurseurs.

Les chrétiens, sur la foi d'un enseignement universel leur affirmant que l'union de l'homme et de la femme avait été élevée par le Christ à la dignité de sacrement, croj'^aient que toute union par eux contractée selon la loi du Christ était nécessairement ce sacrement. Un jour, des personnages, recommandables par la dignité de leur vie et par leurs fonctions, commencent à enseigner que dans le mariage il y a deux actes, un contrat purement civil d'abord, un contrat religieux ensuite qui vient après coup s'ajouter au premier. Les Gallicans, qui séparaient auisi le contrat du sacrement, ne voulaient

(î) LaurISKT. Principes du Droit civil, tit. V. Du mariage, t. II, p. 33,

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