LE SALUT PAR LA FAMILLE
déconcerté, entre tant de doctrines contraires, le grand exemple, d'un groupe compact de familles fidèles à la loi divine et l'obliger à dire en les voyant : « Si toutes les familles étaient faites sur ce modèle, la société serait sauvée ! » C'est là le devoir des familles chrétiennes encore nombreuses, grâce à Dieu. A l'heure présente, elles n'ont plus le droit de se contenter de la médiocrité, il faut qu'elles tendent à la perfection.
Elles seront peut-être tentées d'arguer de leur petit nombre et ensuite de l'inutilité de leurs efforts. Pour combattre un mal universel, ne faudrait-il pas une force agissante aussi d'une manière générale ? Cela fut-il vrai, qu'importe ?
« Qu'importe que votre travail paraisse stérile ? C'est de l'effort même qu'il vous sera demandé compte, et non pas du résultat, qui jamais ne dépend de l'homme. Ce que l'on demande à un soldat, ce n'est pas de gagner la bataille, c'est de bien se battre contre l'ennemi, et de mourir, s'il le faut, à son poste. Ce qu'on vous demande ce n'est pas de sauver la société tout entière, c'est d'user de votre influence personnelle comme individus et de votre influence collective comme famille, pour faire autour de vous le plus de, bien possible, pour ranimer chez ceux qui vous touchent de près et chez ceux qui vous regardent de loin, le goût des vertus domestiques, et le sentiment ou le respect des grandes vérités religieuses qui en sont la base. Vous avez cela à faire, laissant
LA VOCATION AU MARIACE. — t
le résultat total aux mains de Celui qui nous mène ; et si vous savez le prix d'une âme, le prix d'une vérité morale, le prix d'un acte de vertu, vous ne courez point risque de trouver trop restreinte la tâche qui vous incombe. «
Une autre manière c'est de s'eiïorcer de constituer des familles chrétiennes en préparant les jeunes gens au mariage. C'est la tâche la moins ardue. Il est toujours plus facile de bâtir que de restaurer ce qui a été mal construit .Trop souvent l'édifice de la société conjugale manque de solidité parce qu'au lieu de l'établir sur le roc inébranlable du divin, on en a jeté les fondements sur le sable mouvant de l'humain. On s'aperçoit trop tard de sa faute. On gémit sur un passé dont on supportera toute sa vie les conséquences, et on pleure en vain sur des années perdues, les plus belles et les plus riches.
Je voudrais épargner à de nombreux jeunes gens ces cruels regrets, et pour cela, je les conduirai, avant qu'ils ne s'engagent pour toujours, sur les hauteurs ensoleillées où Dieu a établi le mariage afin de leur en faire contempler toutes les sublimes beautés Puis, pour que le ciment divin ne manque pas à leur union, je leur dirai comment on se prépare saintement à la réception du sacrem.ent de mariage.
Je ne leur cacherai rien des austérités de l'état auquel Dieu les appelle. Les cœurs droits et généreux aiment à regarder toutes choses dans leur beauté et leur pureté idéales. Cette vue les attire et les sti-