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la parure de leur blancheur et de leur extrême jeunesse, on croirait voir des premières communiantes, Comme les victimes antiques, elles sont couronnées de fleurs ; ce symbole pour beaucx)up n'est-il pas l'image de la réalité de demain. Elles ne rêvent que le bonheur, et les notes joyeuses qui les accueillent au sanctuaire ressemblent parfois à un sanglot. C'est comme si on entendait dans le lointain les premiers coups encore indistincts d'un glas. C'est déjà une , autre cérémonie qui commence, mais celle-là bien lugubre. Elle aura lieu au même endroit, on n'aura qu'à changer le décor. On retrouvera les mêmes visages, sauf un, que tous se rappelleront. Et on entendra murmLurer : et cependant c'était hier que... Quel malheur !
Qui donc pousse ainsi les jeunes filles à se jeter si rapidement dans l'inconnu ? Leurs parents euxmêmes. Ils estiment qu'il est toujours trop tard pour marier leurs filles. Il y a dans cette conduite des mères un brin de coquetterie. C'est à qui, dans un certain monde, mariera sa fille avant toutes les
Les parents et particulièrement les mères sont le plus a même de faire connaître à leurs enfants la nature du mariage.* Elles auront soin d'indiquer à leurs tilles certains devoirs plus délicats que la vie commune impose aux conjoints. Elles leur parleront des responsabilités, des risques et des périls qui les attendent dans leur nouvelle existence. Les parents font-ils toujours leur devoir? S'ils ne parlent pas, c'est aux jeunes gens à les interroger. Leur silence en de telles circonstances est blâmable. Ils ne peuvent pas le garder sans exposer leurs enfants à de graves mécomptes.
autres du même âge. Elles éprouvent une véritable honte à se laisser devancer par une de leurs amies ; et surtout elles ont une peur atroce d'un laisser pour compte. Pensez donc, quelle abominable catastrophe si une de leurs filles était condamnée par leur faute au célibat. Vite, vite au premier parti qui se présente, c'est plus sûr, car on ne sait pas si on en trouvera d'autres.
Une jeune fille, au contraire, maniferte-t-elle le désir d'entrer au couvent ; c'est toujours trop tôt, et pendant des années, au risque de faire perdre une vocation, on s'ingéniera à mettre des obstacles à l'exécution de ce projet. La raison que l'on met en avant pour justifier cette manière de faire, c'est qu'on ne doit pas agir à la légère et qu'on ne peut bien connaître sa vocation que lorsqu'on est plus âgé.
Cela laisserait croire qu'il est permis de se marier sans réflexion. A mon avis, il en faut plus à une jeune fille pour se marier que pour se faire religieuse. Avant de prononcer ses vœux une jeune fille devra faire un long postulat, un sérieux noviciat ;- et si elle n'est pas l'élue du Seigneur, elle sera rendue au monde, car, quoiqu'en pensent certaines personnes qui prêtent volontiers aux autres leur manière d'agir, ur< ordre religieux n'a pas d'intérêt à garder un sujet qui manifestement n'est pas fait pour lui. Y a-t-il scrnVjlable épreuve pour celles qui s'engagent dans la vie conjugale ? Non, et heureusement, sel^n saint François de Sales, parce qu'il s'il y avait
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un an de probation comme dans les cloîtres, il y aurait peu de prof es » dans l'ordre du mariage. Nulle affaire humaine n'exige plus de précaution et de sage lenteur.
Les jeunes gens, au contraire, ont toujours, diton, le temps de se marier. C'est une erreur. L'expérience prouve que, dans la majorité des cas, ils ne doivent pas se marier trop tard. Les longues attentes leur sont pernicieuses. Ils sont exposés, dans notre société d'aujourd'hui, à se laisser entraîner à tous les emportements de la jeunesse et à compromettre ainsi leur avenir et peut-être à tarir en eux les sources de la vie.
Le mariage qui, d'après le Catéchisme du Concile de Trente, est un remède contre la concupiscence, sera leur sauvegarde au milieu des écueils.des années juvéniles. Ils y arriveront, sans être obligé de demander l'absolution pour un passé dont ils auraient à rougir et dont ils sentiraient le poids toute leur vie. Il n'y aura rien eu que de pur dans leur conduite et de légitime dans leurs affections.
Si on les fait trop attendre, n'est-il pas à craindre qu'ils ne veuillent plus se marier, et que pour être plus libres de satisfaire des passions essentiellement vagabondes, pour ne pas se donner la peine de fonder un foyer et de peur d'assumer la responsabilité d'autres êtres, ils préfèrent rester célibataires, sans y être appelés. N'e:it-il pas à craindre aussi qu'ils se contentent de troubler les foyers des autres ou
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de vivre en marge des lois sacrées du mariage en multipliant les victimes, au hasard de leurs orgies.
« Un jeune homme pourvu d'une profession honorable, qui joue un certain rôle, qui fait une certaine figure dans la société, loin du père et de la mère, loin delà famille, justement et complètement émancipé, ne peut manquer de se permettre bien des choses. Il est dans la force de l'âge et des passions ; les occasions se présentent sans cesse à lui ; le monde est plein d'indulgences et même d'approbations tacites pour certaines erreurs, très ingénieusement appelées erreurs de jeunesse. Il serait en vérité trop bon de s'en priver, aussi ne s'en prive-t-il pas. Je jette le voile sur certains égarements honteux : je veux croire qu'ils répugneront. Mais il aura au moins des succès de salon, de ces bonnes fortunes qui sont bien portées, que l'on dissimule avec l'art de les faire deviner parce que cela pose. Il trompera ses amis, ses bienfaiteurs ; il perdra le respect de la femme ; il se fera un jeu de l'honneur des familles ; il se raillera de la vertu et sacrifiera tout au plaisir ; il foulera aux pieds la vérité ; il passera maître dans l'art de feindre et de mentir ; et c'est seulement lorsqu'il sera fatigué de cette existence glorieuse et misérable, lorsqu'il sera blasé, dégoûté et peut-être malade, qu'il chercheia un abri et un refuge dans le mariage, jusque-là dédaigné et bafoué. Mais où est maintenant l'éducation, et tous ces beaux résul-
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tats que le mariage devait recueillir et mettre en sûreté ? Où est la vigueur des membres, où la droir ture de l'esprit, où la générosité des sentiments, où la rectitude de la volonté, où enfin cette santé, cette force et cette ardeur du corps et de l'âme qui sont les attributs de l'homme bien élevé ? Tout cela est flétri, évanoui sans retour. Et le mariage, au lieu de la vertu et de l'honneur qu'il devait exalter encore ne trouve que le vice et la corruption qu'il est impuissant à guérir (i). »
S'ils se marient à un âge avancé ne souffriront-ils pas sinon physiquement du moins moralement. La vie commune exige beaucoup de renoncements ; elle est faite de concessions réciproques. Quand on est jeune tout cela s'accomplit aisément, et presque sans s'en apercevoir ; quand on est plus âgé on a de la peine à renoncer à ses habitudes, et on est très exposé à faire prévaloir ses préférences personnelles sans s'inquiéter des souffrances que de ce chef peuvent endurer ceux qui nous entourent, et sans même nous demander si cette manière d'agir n'est pas contraire au bien commun. IvC cîilibataire est souvent un égoïste. Si on se marie après la trentaine on risque fort de conserver toute sa vie les mœurs des célibataires. Le mariage alors n'est plus la vie commune, c'est la vie côte à côte, paisible ou batailleuse suivant les tempéraments, de deux êtres qui
(l) If. CHAUVET. — L'Education.
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habitent sous un même toit, et que la loi seule appelle encore des conjoints.
Si les jeunes gens, à cause de leur heureux caractère ou à cause de leurs vertus, ne souffrent pas de ce retard du mariage, est-ce que les enfants n'en pâtiront pas moralement. Ils les aimeront sans doute, et beaucoup, mais ils ne sauront peut-être pas suiRsamment le leur dire. Avec eux, ils seront toujours un peu gauches et gênés. Ils n'auront pavla manière de les prendre. On n'est pas expansif à quarante ans comme on Test à vingt-cinq. Ils comprendront difficilement leur nature si exubérante et si riche pour le bien comme pour le mal, et ils seront ou trop indulgents ou trop sévères. Il y a si longtemps qu'ils ont été jeunes qu'ils ne se souviennent plus de ce que c'est que la jeunesse. Ils traiteront sans s'en douter leurs enfants comme de grandes personnes, et c'est un malheur.
Quel doit être le rapport d'âge entre les deux époux ? Il est désirable qu'il existe entre eux une certaine différence. Le mari doit être un peu plus âgé que sa femme, de trois ans selon certains. La femme, c'est un fait, est plus précoce que l'homme ; une femme de vingt ans est l'égale d'un homme de vingt-trois ans. L'homme, emporté qu'il est par la fougue de son tempérament et de son caractère, a besoin de quelques ^nnées de plus pour acquérir le poids, la maturité, l'expérience nécessaire à un chef de famille qui veut comprendre ses devoirs
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co:îime il faut et les bien remplir. D'ailleurs le niveau se rétablit en peu de temps ; l'homme se conserve mieux que la femme ; la maternité vieillit ; et on finit par avoir bientôt en réalité le même âge.
Un trop grand écart d'âge entre l'homme et la femme ne va pas sans de graves inconvénients. La vie conjugale, à cause de son intimité de tous les instants, exige la communauté d'idées et de sentiments, une certaine similitude d'âmes. Sans cela on ne se comprend pas. Or il faut bien avouer qu'une femme de vingt ans et un homm.e de trente ans et plus n'envisagent pas la vie de la même façon. L'une désire imc existence mouvementée, l'autre, déjà fatigué, la veut plus calme. Pourront-ils dans de telles dispositions, coopérer efficacement à l'œuvre commune ? Ce qui arrivera très certainement si on n'a pas une vertu peu ordinaire, c'est que, après quelque temps d'une décevante expérience, chacun ira de son côté, glanant au dehors un peu de bonheur qu'il ne trouve pas à son foyer. Où sont les rêves d'antan ! Et je ne parle pas de ces jalousies sombres qui naissent si aisément dans ces âmes dépareillées, ni des désordres qui peuvent en être la suite. Je ne dis rien des soufiFrances d'une femme jeune encore, transformée au lendemain de ses noces en garde-malade sans vocation !
Si au moins des enfants venaient cimenter une union qui se désagrège, et jeter une note de gaieté au milieu de cette tristesse ? Hélas, malgré des
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vœux ardents, on les attend souvient en vain : et c'est ce qui exaspère encore davantage. On s'accuse réciproquement d'être cause de ce malheur. Et quand il en vient, que sont-ils ? Ces pauvres enfants n'auront-ils pas à souffrir dans leur corps de cette inégalité d'âge dans les auteurs de leurs jours ? Quelle force physique peuvent avoir les rejetons de demi vieillards — Quelle formation morale recevrontils ? Et puis, comble d'infortune, ne sauront-ils pas trop tôt combien il est douloureux d'être orphelins ? N'y a-t-il pas de louables exceptions à cette règle ? Oui, et c'est le cas d'une femme, relativement jeune, qui épouse un veuf beaucoup plus âjé pour devenir la mère de ses enfants, qui épouse un homme pour le faire rentrer dans le droit chemin et sauver l'honneur d'une maison. Je m'incline devant ce dévouement, et je n'ose blâmer, comme le monde le fait trop souvent, celles qui en paiement du sacrifice de leur jeunesse, reçoivent un peu d'honneur. Il y a aussi des cas où les différences d'âges sont plus apparentes que réelles. Il y a de vertes vieillesses et des jeunesses caduques, comme il y a quelquefois de la neige au printemps et des orages en automne. N'est-il pas bon aussi que parfois la femme soit plus âgée que .son mari. « C'est le cas d'un mari bon caractère et excellent cœur, mais timide, naïf, indécis, un de ces grands bons enfants qui resteront toujours un peu bébés, toute leur vie, Il ira droit son çUemiu et pourra luéme employa-
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très utilement les qualités précieuses que le bon Dieu lui a données, à condition toutefois qu'il y ait, au gouvernail, une volonté ferme et une tête solide. » Je ne saurais lui jeter la pierre, si cette femme de cœur et de raison le maintient dans la voie droite par l'autorité d'un bon sens exquis et d'une affection
quasi maternelle (i).
Quelle est la vraie cause de tant de mariages tardifs ? Jouir le plus largement possible de la vie avec égoïsme, individuel ou à deux, éluder tout ce qui peut être une source de responsabilité ou de charges, tel paraît bien être le but qui hypnotise et donne le vertige à un si grand nombre de nos contemporains.
Pour un jeune homme, se marier c'est se forger des chines. N'est-il pas préférable et plus charmant de passer joyeusement les plus belles années de sa vie, l'esprit libre de tout tracas de famille ? Et puis sa situation n'est pas encore faite, elle ne le sera que dans quelques années. Il est vrai qu'il gagne bien quelques écus ; mais s'il se mariait maintenant, il ne pourrait mener le même train qu'autrefois ; il serait obligé de se priver de beaucoup de petites douceurs qui font le charme de son existence, le café, le jeu, le théâtre, les parties joyeuses. Il ne peut pas supprimer tout cela et être contraint de regarder à deux sous près.
(l) Cf. Le Suicide d'une race. — Chap. VI. A la recherche dts causes. E^t-ce qu'on ne se marie pas trop tard ? pages 107 et suivantes.
Qui donc oserait lui conseiller un pareil sacrifice ?
I,a jeune fille elle non plus ne veut pas restreindre ses désirs ni retrancher quoique ce soit à ses habitudes. Alors con:ment satisfaire tous ses goûts si dispendieux de toilette et de luxe avec des appointements ou des rentes qu'elle juge insuffisants. Si elle se mariait, elle serait forcée de s'occuper de son ménage alors qu'elle était entourée de domestiques, d'aller à pied ou de se servir des voitures publiques alors qu'elle avait une automobile à sa disposition, d'habiter en appartement ou dans une petite maison alors qu'elle était confortablement installée dans le vaste immeuble de ses parents où rien ne lui m.anquait et où tout le monde était aux petits soins autour d'elle, elle préfère atltr.dre le prétendant qui mettra sa joie à la transporter dans un nouveau milieu sans rien supprimer de son. bien-être. A la campagne même, les jeunes fUles difiV-rent indéfinim.ent leur mariage plutôt que d'épouser un homme qui les fasse travailler. Elles attendront un instituteur, un employé de chemin de fer, un sous-ofilcier rengagé, qui ne les oblige pas à aller se brûler le teint dans les champs. Avoir un mari qui touche un traitement fixe, sans courir de risques de chômage, et qui, après quelques années, jouisse d'une modeste retraite, c'est le rêve.
Autrefois nos grands-pères se m.ariaient tôt, et quand en eux chantait un peu haut la chanson de la jeunesse, ils ne tergiversaient pas et fondaient
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une famille nouvelle, sans s'effrayer, d'avance, de la pauvreté du nid. Ils l'embellissaient en s'aimant ; et c'est peu à peu par leur travail et leurs économies de chaque jour, qu'ils l'enrichissaient pour les enfants à venir. Aujourd'hui, les petits-lils sont plus pratiques et ils exigent que le nid soit capitonné d'avance. Les parents ne sont-ils pas un peu responsables de cette mentalité nouvelle des'enfants ? N'ont-ils pas satisfait tous les caprices de leurs fils et de leurs filles dès leurs plus tendres années ? Ne leur, ont-ils pas donné l'exemple du luxe et du confort, ne trouvant rien pour eux d'assez beau, ni d'assez bon ? C'est en voyant ce qui se passe sous leurs 3'eu;^, en écoutant les conversations de leurs parents que les enfants pensent avec anxiété à l'avenir. Que ceux qui veulent se marier pensent aux conditions matérielles de l'établissement de leur îovqt, qu'ils se demandent s'ils sont capables do s'acquitter des charges qui vont leur incomber, rien n'est plus naturel. L'insouciance sur ce point serait même blâmable. iMais qu'ils considèrent cette question comme primordiale, qu'ils veuillent la résoudre avant toute autre, c'est faire passer au premier plah ce qui doit rester au second. Il ne faut jamais perdre de vue qu'on se marie pour être heureux en faisnnt à deux l'œuvre de Dieu et non pas pour fonder une association d'intérêts.- Or il est ecrlain que ceux qui se marient jeunes ont plus de chances de bonheur que ceux nui attendent trop lci-.u':1e'"ps.
lycur cœur que les désillusions n'ont pas encore effleuré s'attache plus profondément, il conserve plus longtemps sa fraîcheur et se donne sans réserve. Et puis lorsqu'on est jeune et qu'on s'aime on a une joie intense à travailler au bonheur des siens ; les enfants ne font pas peur, on a devant soi de longues années de force et de santé.
Jeunes gens si, à l'âge du mariage, vous avez une position toute faite mariez-vous sans tarder. Si, au contraire, vous destinant à une carrière libérale qui exige de longues études, vous êtes obligés de différer votre mariage, travaillez d' arrache-pied pour conquérir au plus vite votre diplôme et vous créer une situation. Et en attendant ce jour « gardez, selon le conseil de saint Paul, votre corps dans l'honnêteté et la sainteté, sans l'abandonner aux emportements de la passion, comme les païens qui ne connaissent pas Dieu (i). »
(i) Efttre aux Tessaloniciens. — Chap. IV, 4.
« N'ayez pas peur surtout des mariages tout jeunes, de ceux où la préoccupation de la dot n'entre guère ou n'entre pas, où l'homme se dit et veut qu'on le soutienne dans la certitude, qu'il gagnera sa vie et celle de sa femme, et celle des enfants qui viendront. C'est là la jeunesse, c'est là la vérité. Ayez peur au contraire de la remise à huitaine, qui s'appelle ici la remise à la trentaine; des calculstroplongs; des attentes pendant lesquelles fatalement le coeur se dessèche ou se corrompt; de l'habitude de vivre par soi seul, qui rend bien difficile plus tard l'obligation de vivre pour deux ou pour plusieurs. Réjouissez-vous si votre fils aime une honnête fille digne de lui, montrez-lui votre joie, que s? devise comme la vôtre soit « de se donner du mal », de peiner avec espérance, de se priver avec ambition, de lutter pour une femme qui sera votre fille et qu'il place déjà dans son rêve auprès de vous, et qui ne lui a paru si charmante que parce qu'elle ne le sépare pas de vous, et qu'elle veut vivre dan'^ votre voiinage. n (René Ba?i\'. — Les Jfoniitirs de demain.)
Un Catholique ou personne.
Un Catholique ou personne.
L'amour et le bonheur mutuels peuvent-ils exister dans le mariage, quand on diffère complètement d'idées et de sentiments sur la question religieuse et sur les devoirs très précis qu'elle comporte ? Non. Et c'est pourquoi le mariage qui exige la fusion des âmes réclame aussi la communauté de religion.
Très souvent dans nos familles françaises, en vertu de ce sot préjugé hier encore régnant : la religion c'est l'aflFaire des femmes, le mari rejette la foi que son épouse garde jalousement et méprise les pratiques pieuses qui font sa joie et sa force. La femme, à qui il serait si doux d'épouser jusqu'aux moindres pensées de celui qu'elle aime, souffre de cette divergence. C'est une plaie vive dans son cœur, et le frottement journalier la rend plus douloureuse. Des dissentiments irréductibles sur les questions vitales du foyer ne tarderont pas à se produire, qui ^'accentueront encore quand il s'agira de pourvoir
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à l'éducation des enfants. Aux moqueries et aux blasphèmes de l'homme, la femme répondra par ses larmes. Elle sentira son affection diminuer pour celui qui semble prendre plaisir à la heurter dans ses sentiments les plus profonds. Et le divorce dans les esprits descendra graduellement dans les cœurs.
Mais beaucoup de maris incrédules ou indifférents laissent, dit-on, leurs femmes absolument libres de pratiquer leur religion. Pour rien au monde, ils ne voudraient les contrarier siu: ce point. Jamais un mot de blâme, jamais une moquerie. Ils affectent même un profond respect pour toutes les dévotions de leurs épouses, et ils seraient navrés qu'à cause d'eux, elles changent quoique ce soit à leurs anciennes manières de faire. Ils savaient très bien qu'elles étaient pieuses quand ils se sont mariés. Et c'est souvent pour cette raison qu'ils les ont choisies de préférence. N'est-ce pas une sécurité pour un mari qui n'est pas très religieux d'avoir une femme qui se confesse? Rien donc ne vient assombrir le bonheur de ces femmes.
Je ne conteste pas la largeur d'esprit de certains maris, mais ce que je ne puis admettre c'est que leurs femmes soient vraiment heureuses. Ou bien elles ne savent pas dans quel misérable état se trouve leur âme, ce qui prouverait que leurs connaissances religieuses sont plus que médiocres ; ou bien elles ne l'ignorent pas, et alors si elles n'en sont pas émues, c'est qr'^lles "'iont pas de cœur.