UN GATUOLIQUE OU PERSONNE Î^O
de la religion, portera sur lui un chapelet acheté la •veille ou vi<;ux souvenir retrouvé d'une piété lointaine. H ira à la messe et même au salut quand il sera sûr de vous y rencontrer. Il parlera avec respect des choses saintes et pour montrer qu'il n'est pas un mécréant, citera au hasard de la conversation le nom des prêtres avec lesquels il a été en relation comme s'il les fréquentait encore. Il aura quelques mots agréables et pleins d'admiration pour les excellentes religieuses qui vous ont élevée. Il traitera rudement les sectaires qui ont fermé les couvents et qui s'acharnent avec une haine vraiment sauvage contre tout ce qui reste encore de christianisme dans notre pays. Charmée par ses belles manières, trompée par ses paroles, vous croirez peut-être que ce jeune homme vous donne toutes les garanties possibles et vous ne refuserez pas votre consentement, assurée que si vous n'avez pas pour mari un habitué de la communion fréquente, vous aurez du moins un chrétien suffisant qui fera bonne figure dans le monde.
Le mariage célébré, l'hypocrite jettera bas le masque, et se moquant de votre trop naïve crédulité il vous imposera ses manières de voir, en vous faisant sentir qu'il veut être obéi sur ce point comme sur tous les autres et qu'il entend bien que dé.sormais vous n'ayez pas d'autre loi que sa volonté.
Si vous vous inclinez servilement d'abord, puis bénévolement après quelque temps devant la volonté
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peu scrupuleuse de votre tyran, vous aurez la paix du dehors, mais la guerre dans la conscience. Si vous restez fidèle, coûte que coûte, à la loi de Dieu, vous aurez la guerre au dehors et la paix au dedans. Ce sera toujours la guerre.
N'aurait-il pas mieux valu être plus exigeante et ne pas vous contenter des paroles et des démarches mensongères dont on vous amusait adroitement durant le temps des fiançailles, et essayer de percer à fond cette âme cauteleuse, en recherchant dans la vie antérieure de votre prétendant ce qui aurait pu vous la faire connaître. Ce qu'il était au collège et ce qu'il est devenu depuis sa sortie. Quels étaient ses amis et quels milieux il fréquentait. Vous vous seriez rendu compte si oui ou non, alors qu'il ne pensait pas encore au mariage, il était celui que vous désiriez.
Je sais très bien- que les jeunes filles éprises de jeunes gens qui ne sont pas pratiquants, disent à ceux qui les préviennent du malheur auquel elles s'exposent, nous les convertirons. Ils ne pourront pas faire autrement, ils nous aiment tant. Et quel plus bel apostalat que celui de la femme auprès de son mari !
C'est possible. Cela se voit quelquefois, et l'histoire nous rapporte des exemples de conversions merveilleuses. Mais n'est-il pas à craindre aussi que ce ne soit votre mari qui vous convertisse à son indifférence, et qu'insensiblement à son contact
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VOUS en arriviez à vous faire du mariage une idée toute païenne, foulant aux pieds pour lui faire plaisir les lois les plus élémentaires de l'honnêteté conjugale. Et si vous n'abandonnez pas la pratique gênante de certains devoirs religieux, est-ce que, à force d'entendre dénigrer nos dogmes, votre foi ne perdra pas de sa vigueur et de sa délicatesse, est-ce que vous n'en viendrez pas, vous aussi, comme c'est la mode dans certains milieux, à critiquer les prêtres et leur enseignement et à ridiculiser les cérémonies saintes. Que de jeunes filles, très pieuses avant leur mariage, et qui avaient rêvé d'un bel idéal, ont perdu la foi au contact d'un mari sans religion, ou vivent comme si elles ne l'avaient plus.
Quand la question religieuse est résolue en ce qui concerne le jeune homme, on s'imagine que cela suffit. Eh bien, non. Si les jeunes filles doivent exiger un fiancé pratiquant, les jeunes gens à leur tour doivent se montrer difficiles et ne donner leur main qu'à une très excellente chrétienne, comprenant sa religion et la pratiquant avec inte^lfgence. Qu'ils aillent de préférence aux plus pieuses. C'est auprès d'elles qu'ils trouveront toutes les garanties nécessaires pour le bonheur et la paix de leur ménage. Qu'ils se souviennent toujours que si, avec tous les secours de la religion et de la piété, une femme a déjà beaucoup de peine à se maintenir et à se défendre :contre les dangers auxquels elle est exposée
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dans le monde, à pl'is forte raison une femme légère, coquette, sans idée sérieuse, peu scrupuleuse dans ses lectures et dans ses fréquentations, très large dans l'accomplissement de ses devoirs religieux, ne saurait garder leur nom sans tache, et leur union à l'abri de toute suspicion.
Et puis la femme qu'il épouse ne sera-t-elle pas la' mère de ses enfants ? Comment pourrait-elle leur faire aimer Dieu, si son cœur n'est pas rempli de l'amour divin ? Comment pourrait-elle leur faire pratiquer la v.jrtu, si elle ne sait pas leur parler avec conviction de sa beauté et si elle ne leur en donne par l'exemple dans sa propre vie ? Comment pourrait-elle se consacrer complètement à leur éducation, si elle ne pense qu'à sa toilette, et ne désire que courir le monde ? Si une mère foncièrement chrétienne ne réussit pas toujours à fiiire de ses fils et de ses filles ce qu'il faudrait et ce qu'elle désire, comment une mondai«ie en viendrait-elle à bout ? L'expérience de tous les jours corrobore tout cela par des faits navrants.
Si on blâme les mariages où l'un des deux époux est pratiquant et l'autre pas, à plus forte raison doit-on conda«iner ce qu'on appelle les mariages miîctes, c'est-à-dire les mariages d'un catholique avec un hérétique.
UN <.Ariioi.i;jL£; ou VEiisosaE aay
ly'Eglise ne voit jamais sans, déplaisir (i) ses enfants s'unir avec ceux qui ne connaissent pas la vraie foi. Elle n'accorde qu'à regret les dispen^ies qu'on sollicite. Et pour montrer sa réprobation, elle ne veut pas participer à ces mariages d'une manière poi3iti\e. Le curé y assiste simplement comme témoin. Celte législation peut paraître dure à de jeunes âmes qu'un sentiment très vif empêche de réfléchir et de comprendre. L'expérience justifie pleinement une telle conduite.
vSi l'intimité est difficile, comme nous l'avons vu, dans un intérieur où l'un des deux époux pratique sa religion et l'autre ne s'en occupe pas ; pourraitelle exister entre ceux qui ont des croyances G]Dposées sur les points les plus essentiels ? Les esprits et les cœurs peuvent-ils arriver à une véritable fusion, quand ils ne croient pas à la possibilité du salut l'un de l'autre. Et puis est-ce que l'un ne méprisera pas ce que l'autre vénère ?
Ne peut-on pas éviter ces froissements, en laissant
(i) « U faut veiJ'er aussi, dit Léon XIII, à ce que les mariages entre catholiques et non catholiques ne soient pas facilement conclus : car lorsque les âmes sont séparées sur le terrain religieux, on peut difficile' ment espérer qu'elles puissent s'accorder sur le reste. Bien plus, il faut M garder de mariages semblables, pour cette raison surtout qu'ils fouroisaent l'occasion de se trouver dans une société et de participer à des pratiques religieus«s défendues ; qu'ils sont ainsi une cause de danger paur la religion de celui des ûexix époux qui est catholique; qu'ils sont un ob&tacle à la bonne éducation des enfants, et que souvent ils amènent leurs esprits à considérer toutes les religions comme égales, san^ faire aucune différeBce«ntrc la vérité et l'erraur. » (Encyclique-v4frrtn«f»».)
aOO LA VOCATION AU MARIAGE
de côté toute discussion religieuse, en abandonnant le plus possible certaines pratiques extérieures de piété ; en banissant tout emblème qui puisse heurter la partie non catholique.
Oui. Mais il faut avouer que c'est difficile de ne jamais parler des choses qui tiennent, le plus au cœur, d'observer toujours dans l'intimité cette réserve prudente qui est pour des âmes expansives un véritable malaise que les affections les plus profondes ne parviennent pas à dissiper. Sortir de ce silence et de cette réserve c'est s'exposer à troubler la paix du ménage. Les froissements peuvent alors devenir si intolérables que la partie hérétique pour en finir, abandonne le foyer conjugal et demande au divorce que sa religion autorise la liberté de tourner son cœur vers une autre personne et de l'épouser. Les choses peuvent parfois s'arranger et l'unité s'établir soit par la conversion du dissident soit par la vertu de l'un et de l'autre. C'est l'exception. Et se flatter de l'obtenir, c'est s'exposer à de dures et cruelles déceptions.
L'Eglise réprouve encore les mariages mixtes à cause des périls que court la foi de l'époux catholique, dans un milieu hérétique.
« Nous avons un besoin instinctif de penser comme teux que nous aimons. Rien ne nous est pénible comme de sentir que nous sommes séparés de ceux qui nous sont chers sur les problèmes de vie et de mort posés par la religion. Si la partie incroyante
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n'embrasse pas les convictions de la partie croyante, celle-ci peut-être, pour mettre fin à une gêne qui répand une ombre sur la vie commune cédera et abandonnera sa propre religion. A supposer qu'elle soit incapable d'apostasie, elle subira, sans le remarquer, une influence quotidienne, elle ne renoncera pas à la vérité, mais elle pactisera avec l'erreur. Tel dogme dont elle n'avait jamais douté lui paraîtra moins incontestable, telle pratique qui lui avait semblé raisonnable s'affaiblira dans son estime ; pour éviter un froissement elle fera des sacrifices, elle fréquentera moins les églises et les sacrements, elle se privera des lectures qui l'auraient éclairée et consolée, des cérémonies qui auraient ranimé ses sentiments, des prières qui auraient soutenu sa faiblesse et entretenu son courage. Des défiances naîtront dans son esprit, sa certitude n'aura plus la même fermeté, elle clierchera des prétextes pour expliquer sa tiédeur, ses négligences et pour s'excuser de remplir moins rigoureusement ses obligations (i). » Comment supposer que celui qu'on estime et qu'on aime est dans l'erreur, qu'il se trompe avec un esprit peut-être plus cultivé, plus instruit et plus fort ? Comment supposer qu'il veuille tromper quand on le trouve si bon par ailleurs ? Comment n'être pas attiré quand on a une nature toujours
(i) R. P. JAWIER. G. P. Cotiféiences de S'.-D. 1912. La foi. Relations sociales entre les croyants et les incroyants.
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avide de sensualité et d'indépendance, par une religion très commode et qui n'oblige presque à rien ; dont on a eu soin d'élaguer tout ce qui gênait et où chacun en fait de dogme admet ce qu'il veut ? C'est là il faut l'avouer une rude épreuve.
L'Eglise enfin réprouve les mariages mixtes à cause des dangers que courent les enfants issus de telles unions.
Sans doute avant d'accorder sa dispense, l'Eglise exige d'une manière positive et par serment que la partie non-catholique n'empêchera jamais la partie catholique de remplir ses devoirs religieux La partie catholique doit promettre de faire le possible pour convaincre l'autre conjoint de la vérité de la religion catholique; et les deux époux doivent s'engager à faire baptiser leurs enfants et à les élever dans la religion catholique.
« Au moment des noces on se rend facilement à ces prescriptions, mais quand l'heure de tenir sa promesse sonne, on discute, on se dédit et c'est ainsi que la vérité perd des âmes qui devaient lui appartenir en droit et en fait. Si on ne pousse pas la rigueur jusqu'à élever tous les enfants dans l'hérésie, le père et la mère se les partagent et chacun en consacre la moitié à sa religion. Que d'inconvénients résultent de pareilles mesures ! Ne sépare- t-on pas ainsi des frères et des sœurs qui, unis par les liens du sang, soufïrent inévitablement d'être divisés sur les idées les plus capitales i. . On suscite entre eux un schisme
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douloureux dont ils ne comprennent pas les raisonSj fet fréquemment, ils finissent par tomber dans une indifférence que semblent trop légitimer les divergences dont ils ont été les témoins. On trouve des gens qui approuvent cette manière de faire. Que des incrédules trouvent cette idée raisonnable, soit ; mais, pour un catholique qui doit croire que sa religion est la seule vraie, c'est absurde et monstrueux.
Il y a des hommes et des femmes qui sont fidèles à leurs engagements. Pour rien au monde ils ne voudraient manquer à la parole donnée. C'est un devoir de conscience. Mais un père et une mère étrangers à la religion catholique pourront-ils former dans l'esprit de cette religion les jeunes âmes que la Pro\ddence leur a confiées. Comment par exemple, une mère protestante pourra- t-elle réussir dans cette tâche ? Il faudra qu'elle vive dans un mensonge perpétuel, disant ce qu'elle ne pense pas, et pensant ce qu'elle ne dit pas. Elle devra parler bien du Pape et de l'Eglise qu'elle déteste, des sacrements et de la messe qu'elle trouve une idolâtrie. Sans doute on donnera aux enfants des maîtres catholiques. Mais rentrés sous le toit paternel, la mère ne va-t-clle pas démolir presque sans le vouloir et sans le savoir, par sa conduite et même par ses paroles, ce qu'ils viennent d'apprendre au sermon et au catéchisme ? N'être pas de la religion de sa mère, pour une petite fille, est-ce possible ? N'être
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pas de la religion de son père, pour un jeune homme qui grandit, le comprenez-vous ? Réduit à se prononcer entre les deux, il est à craindre qu'il en vienne à cette conclusion fausse que les religions se valent, qu'il ne se rattache à rien et qu'il ne soit qu'un indifférent ou un impie.
Mais il y a des cas, où, dit-on, les enfants n'ont pas quitté le sein de l'Eglise et sont devenus d'excellents catholiques et même des prêtres et où l'époux hérétique, grâce à un délicat et persévérant apostolat, est revenu à la vraie foi. Cela prouve la miséricorde de Dieu, mais ne vous autorise nullement à vous aventurer ainsi.
Comment s'aimer ?
Comment s'aimer?
Quand deux jeunes gens sont arrivés à cettr heure bienheureuse de la rencontre, ils font un acte de foi qui ne manque pas de grandeur. Ils se disent : « Je crois en toi, en ta sincérité. Je t'aime au point de vouloir ne faire qu'un avec toi, pour le temps et pour l'éternité ».
Ils ne s'imaginent pas alors que cette idéale fleur d'amour qui s'épanouit dans leurs jeunes cœurpuisse jamais se flétrir. Parfaits l'un pour l'autre n'ayant à remplir que des devoirs charmants il^ sont au comble du bonheur. Il leur semble même, o est ce qu'ils se répètent dans des conversations sans fin, que la félicité présente, cependant si grande, n'est rien en comparaison de cette vie toute enivrée d'amour qui les attend. Ils voient le mariage sous les ombrages fleuris de je ne sais quel Eden imaginaire. Ils rêvent un printemps éternel, une adoration perpétuelle dans un idéal cœur à cœ.-,
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OÙ la joie de s'aimer, dans la douce intimité du foyer, ne laisserait de place ni aux soucis, ni aux chagrins, ni aux épreuves.
I^s choses suivront leur cours accoutumé pour eux comme pour le reste du genre humain. Après les jours ensoleillés du mariage, les jours plus gris de la vie ordinaire ; après le rêve> la réalité ; après les éblouissements du premier amour, la monotonie de la banalité. Et l'illusion, en se dissipant, laissera dans le cœur qui l'avait caressée un vide immense et une cruelle amertume. Ils assisteront, peut-être, comme tant d'autres, à la décadence de leur amour. Et à l'intimité si diarmante des premiers mois succédera la simple bienveillance ou la froideur. Leurs cœurs désabusés crieront tout haut leur erreur, et ils avoueront avec tristesse qu'ils n'ont été un instant heureux que parce qu'ils s'étaient trompés.
Et cepeiidànt, ceux qui se marient veulent que le mot îouj'oûrs qui fait partie intégrante de leurs sennètits, soit une réalité. Etres changeants, ils demandent pour leur amour la stabilité ; êtres d'un jour ils rêvent naïvement pour leur amour l'immortalité ! Comment cet amour qui semble venir du ciel, à peine à son aurore toucherait déjà à son déclin ? Âh que ceux pour qui l'amour n'est qu'une maladie, un état violent et malsain, quelque chose dont Dh jouit avec brutalité et dont on parle avec mépris, qui étouffe l'âme sous le poids de la chair cprotiVéht de cruels désenchantemepts, soit. Ils
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n'btit alspiré dans le mariage qu'au festin de la matière, il est tout naturel qu'ils soient vite rassasiés. Mais il n'en sera pas ainsi Jrour eux. C'est du moins ch c^u^ils croient.
Jeunes gens, vous voulez vous aimer toujours, dans la joie printanière des premiers jours de votre union comme au soir d'automne de votre vieillesse, eh bien, ne fondez pas votre amour sur ce qui passe, sur des qualités extérieures, sur des charmes fragiles. S'il n'a des racines que dans la chair et dans le sang, il ne survit pas aux tièdes haleines qui l'ont fait éclore ; il ne résiste pas au vent desséchant de l'égoïsme qui flétrit toute floraison humaine ; la fleur humaine effeuille si rapidement sa couronne de gtâces. Il dtite ce que durent les impressions qui l'ont fait naître. Uii cai)rice lui donne îa vie, un second le tiiife. Un rien, une parole un peu vive, un manque d'égard, un semblant d'indifférence, et à un enthousiasme fou succède la froideur, à l'amour la haine.
« Un tel amour, dit un auteur, a les mœurs de l'oiseau de passage. Il niche dans les fleurs, il chante dans les brises, il vole dans les rayons du soteil ; mais viennent les premières mélancolies d'automne, viennent la chute des feuilles et les cieux pâlissants, l'oiseau voyageur émigré vers l'horizon lointain où l'attire un nouveau printemps. Cet instinct de )a cigogne est la seule vertu d'une multitude d'hommes de notre époque, qui ne cmnprenant, en fait
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d'amour, que la religion fataliste des lignes harmonieuses et des printanières couleurs, ravalent le sentiment le plus noble et le plus durable de l'âme humaine à n'être que l'émoi transitoire des sens (i) . »
Us sont nombreux ceux qui prennent les phénomènes sensibles pour l'amour et semblent s'en contenter. Pour dire qu'ils aiment ils analysent bien plus leurs sensations que leurs sentiments. Ils lisent plus sur le visage que dans le cœur. Ils estiment plus la beauté plastique que les qualités morales. Le passé avec ses désirs et ses rêves, l'avenir avec ses espérances tout disparaît pour eux devant les jouissances du présent.
Est-ce à dire que je veuille supprimer tout ce qu'il y a de sensible dans l'amour ? Non. Désirez la beauté tant que vous voudrez, elle est un reflet de Dieu sur le visage humain. Profitez de toutes les joies si naïves et si pures que l'affection vous procurera, ce sont de jolies fleurs sentimentales que Dieu, dans sa paternelle bonté, fait éclore au printemps de la vie, afin de nous séduire, de nous attirer et de nous entraîner vers l'aft'ection conjugale. Mais ne faites pas des émotions passagères que
(i) « L'amour qui est béni, dit M. G. Aubray, qui sera fécond, qui sera heureux se reconnaît à deux caractères essentiels : il est d'abord, dès son principe, réfléciii et voulu, non pas subi : toutes les puissances nobles de notre être doivent s'entendre pour engager cette grande afifaire de la vie. Sans cela il y a désordre intérieur : c'est le caprice qui fait ses coups d'état, c'est la passion qui tyrannise, ce n'est pas l'amour régnant par l'harmonie et la paix. »