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(2) Matt. 19, 9.

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pour quelle raison il serait moins adultère en épousant une autre femme avec celle qu'il aurait déjà, que s'il en prenait une seconde après avoir renvoyé la première. C'est pour cela que si un infidèle, qui d'après les mœurs et les usages de son pays a épousé plusieurs femmes, vient à se convertir à la vraie îeligion, l'Eglise lui ordorme de les renvoyer toutes, à l'exception de celle qu'il a eue la première, et elle veut qu'il tienne celle-ci pour sa véritable et légitime épouse.

lyC même témoignage de Notre-Seigneur Jésus- Christ prouve également qu'aucun divorce ne saurait rompre le lien du mariage. Car si le divorce affranchissait la femme de la loi qui l'attache à son mari, elle pourrait sans adultère se marier à un autre. Or, Notre-Seigneur dit positivement que (i) « quiconque renvoie sa femme et en prend une autre, commet tm adultère ». Il est donc évident que la mort seule peut briser le lien du mariage. C'est ce que l'Apôtre vient confirmer quand il dit (2) : « La femme est enchaînée à la loi, tant que son mari est vivant ; s'il vient à mourir, elle est affranchie, elle peut alors se marier à qui elle veut, pourvu que ce soit selon le Seigneur » et encore : « Quant à ceux qui sont mariés, j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que l'épouse ne se sépare point de son mari ; si elle en

(i) MATr. 19 8.

(2) I Cor. 7. 39. Luc. 10. X

est séparée, il faut qu'elle reste sans mari, oit qu'elle se réconcilie avec le premier. » L'Apôtre laisse donc à la femme qui a quitté son mari, pour une causé légitime, cette alternative, ou de vivre commç n'étant point mariée, ou de se réconcilier avec lui. On dit : pour une cause légitime, car la sainte Eglise ne permet point à l'homme et à la femme de se séparer sans les plus graves motifs.

Et pour que personne ne trouve trop dure cette loi qui rend le mariage absolument indissoluble, il faut montrer maintenant quels en sont les avantages.

Des Avantages et des Biens du Mariage.

Le premier c'est de faire comprendre aux fidèles que dans un mariage à conclure on doit considérer la vertu et la conformité de moeurs^ plutôt que les richesses et la beauté. Rien n'est plus propre é\àdemment à entretenir la bonne harmonie entre le mari et la femme.

D'ailleurs si le mariage pouvait se dissoudre par le divorce^ les époux ne manqueraient presque jamais de raisons pour se séparer. L'antique ennemi de la paix et de la vertu leur en fournirait tous les jours de nouvelles. Mais quand ils viennent à réfléchir que même en cessant la vie commune, et tous les rapports de l'imion conjugale, ils n'en restent pas moins enchaînés par les liens du mariage, sans aucune espérance de pouvoir jamais se marier à d'autres, cette pensée les rend moins prompts à se diviser et à se fâcher l'un contre l'autre. Si même il arrive qu'ils se séparent, et qu'ils ne puissent sup-

DES AVANTAGES ET DES BIENS DU MAKIAGE 3o9

porter longtemps la privation du mariage, ils se laissent réconcilier par des amis, et reprennent la vie comnnme.

Les pasteurs ne doivent pas omettre ici l'exhortation si salutaire de saint Augustin. Pour montrer aux fidèles qu'ils ne devaient pas faire trop de difficultés pour se reconcilier avec leurs épouses, lorsqu'ils s'en étaient séparés pour cause d'infidélité, et qu'elles se repentaient de leur crime (i) : « Pourquoi, disait-il, le mari fidèle ne recevrait-il pas une épouse que V Eglise reçoit ? Et pourquoi l'épouse ne pardonnerait-elle pas à son mari coupable, mais repentant, lui à qui Jésus-Christ même a pardonné ? » Quand l'Ecriture (2) appelle insensé celui qui garde une femme adultère, elle a en vue celle qui, après sa faute, refuse de se repentir et de sortir de sa honte et de son péché.

D'après tout ce que nous venons de dire il est bien évident que le mariage des chrétiens est infiniment plus parfait et plus digne que celui des infidèles et même des juifs.

Il y a de plus trois biens particuliers propres au mariage, et dont il faut parler aux fidèles ; c'est à savoir : les enfants, la fidélité et le Sacrement, qui sont comme une compensation des peines et des ennuis dont parle l'Apôtre, quand il dit (3) : « Les

(i) LiB. de adult. c, 6 etq.

(2) Prov. 18. 22.

(3) I Cor. 7. 28

3lO LA VOCATION AU MARIAGE

personnes mariées éprouveront des tribulations de toutes sortes. » De là encore il résulte que l'union de l'homme et de la femme qui serait condamnable à juste titre en dehors du mariage, est permise et légitime entre les époux.

Le premier bien du mariage, c'est la famille, c'està-dire les enfants nés d'une épouse légitime et véritable, ly' Apôtre saint Paul l'élève si haut qu'il va jusqu'à dire (i) : « La femme sera sauvée par les enfants qu'elle mettra au monde. » Paroles qui doivent s'entendre, non pas seulement de la génération des enfants, mais encore de leur éducation et du soin de les former à la piété ; car il ajoute aussitôt : « s'ils persévèrent dans la Foi. » D'ailleurs, l'Ecriture dit positivement (2) : « Avez-vous des enfants ? sachez les instruire, et les plier au joug dès leur enfance. » L'Apôtre saint Paul enseigne la même doctrine, et l'Histoire sainte nous montre dans le saint homme Job, dans Tobie, et dans plusieurs autres saints patriarches, des exemples admirables de l'éducation que les parents doivent donner à leurs enfants. — Au reste, nous exposerons plus longuement, au quatrième commandement de Dieu, le? devoirs des parents et des enfants.

Le second bien du mariage, c'est la foi ; non pas cette vertu de foi que nous recevons, et qui nous

(i) TOM. :>.

(2) EccL. 7.

DES AVA>'TAGKS ET Dt;S BIENS DU MARIAGE 3x1

pénètre en quelque sorte, dans le baptême ; mais cette foi mutuelle qui lie si étroitement le mari à l'épouse, et l'épouse au mari, qu'ils se donnent entièrement l'un à l'autre, avec la promesse de ne jamais violer la sainte alliance du mariage. Cette conclusion se déduit aisément des paroles prononcées par notre premier père en recevant Eve pour son épouse, paroles que Notre-Seigneur a confirmées Lui-même dans l'EvangUe, en les répétant (i) : « L'homme, dit-il, abandoimera son père et sa mère, et il s'attachera à son épo'iise, et ils seront deux ne faisant qu'îin. »

De même l'Apôtre déclare que (2) « La femme ne s' appartient pas, mais quelle appartient à son mari, et que l'homme ne s' appariient pas, mais qu'il appartient à sa femme. » C'est donc avec une parfaite justice que, dans la loi ancienne, le Seigneur avait porté des peines si sévères contre les coupables qui violeraient la foi conjugale.

La fidélité du mariage demande en outre que le mari et la femme s'aiment d'un amour particulier, tout chaste, et tout pur, bien différent de l'amour déréglé, mais d'un amour semblable à celui de Jésus-Christ pour son Eglise. C'est la règle que prescrit l'Apôtre quand il dit (3) : « Maris, aimez vos

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