‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 100 sur 205 · COBBETT, HAZLITT ET BORROW · texte numérisé non relu

COBBETT, HAZLITT ET BORROW

pour l’instant du moins ce caractère qui a valu à notre pays le surnom si caractéristique de « douce France ».

Dans cet essai, il expose déjà la manière et la façon dont il étudiera plus intimement la nature ; en suivant la route, où « chaque délicate adaptation du contour du sol, chaque petite plongée, chaque détour semble tout impréoné de vie et d’un sens exquis d'équilibre et de beauté » (1). T1 célèbre déjà « ce que Walt Whitman appelle l’appel joveux de la route, le sentiment heureux et vivant de la route » (2).

Plusieurs de ses essais sont bientôt le résultat de ses périgrinations : Un effet d'automne (Portfolio Avril. Mai 1875), Promenade d'hiver dans les comtés de Carrick et Gallowvay (inédit jusqu’en 1896). Observations forestières (Cornhill Mai 1876) et enfin Tours DAS (Cornhill Juin 1876).

Dans ce genre. Stevenson est dans la littérature anolaise en la meilleure compagnie. Point n’est besoin d’aller au-delà de Cobbett et de ses « Rural Rides ». parues de 1891 à 1832 dans le Weekly Register qu’il éditait. I y a sur ce sujet un essaie célèbre de William Hazlitt. « On going a journey », dans son Table Talk (1822) Maïs il y a peut-être surtout l’œuvre de George Borrow, La Bible en Espawne (1843). Romany Rye (1857) et L4vengro (1851). Faut-il rappeler le poème de Matthew Arnold : « The Scholar Gipsy » ? Chez lui comme chez George Borrow se trouve entièrement traité le thème de vie nomade que nous. verrons prendre de plus en plus d'importance dans l’âme de Stevenson.

Une de ses premières périgrinations caractéristiques fut celle qu’il accomplit de Barbizon à Châtillon sur Loire en automne 1875. T1 l’a contée dans un petit récit intitulé « Epilogue », et qui parut d’abord dans le vo lume d’ « Across the Plains ». de 1899, dédié à Paul

(1) P. 185. Tusi 25 — Roads — Every sensitive adjustment to the contour of the ground, every little dip and swerve seems instinct with life and an exquisite sense of balance and beauty.

(2) de p. 188 — What Whitman calls « the cheerful voice of the

publie road, the gay, fresh sentiment of the road, »

Bourget. Il partit de l’auberge de Siron avec Sir Walter Simpson, qu'il désigne sous le nom de Cigarette en souvenir d’une autre randonnée effectuée l’année suivant». Lui-même se désigne comme l’Aréthusa. C’étaient respectivement les noms de leurs deux barques dans cette expédition ultérieure. Ici les deux amis sont à pied.

< Ils marchaient séparément : la Cigarette traînant derrière avec quelque philosophie ; le maigre Aréthusi avançant rapidement en tête. Ainsi, ils s’adonnaient chaeun à ses propres réflexions en chemin » (1). Ils ne sretrouvaient que le soir à l’auberge, en sorte que « les plaisirs de la société et de la solitude se combinaient pour faire passer la journée. »

« L’Aréthusa employait quelques-unes des heures de l'étape à fabriquer des rondeaux anglais dans le style de Charles d'Orléans (2). L/Aréthusa était peu sagement habillé. Il n’est pas très pointilleux dans son accoutr?ment ;. s'étant mis en route d’ailleurs subitement, du lieu de l’Europe le moins soucieux de la mode, Barbizon. Sur la tête il portait une calotte de modèle Indien, la dentelle d’or lamentablement usée et ternie. Une chemise de flanelle d’une agréable teinte sombre, que les railleurs qualifiaient de noire ; un léger veston de laine . fait par un bon tailleur anglais, un pantalon de toile de confection, et des guêtres de cuir complétaient sa mise » (3). :

Stevenson eut des difficultés avec la gendarmerie à Châtillon-sur-Loing, le Châtillon des Coligny, aujourd’hui tranquille chef-lieu. de canton. Il atteignit Gien (1) P. 118. Tusi 17 — Epilogue — They ANT TI separate : the Cigarette plodding behind with some philosophy, the lean Arethusa : : posting on ahfead. Thus they enjoyed his own reflections by the way.

and the pleasures of society and solitude combined to fill the day.

(2) The Arethusa employed some of the hours of travel in the Concoction of English roundels.

(3): d9 p. 113 — The Arsthusa was unvwisely dressed. He is no precisian in attire : having set forth indeed, upon à moment’s notice from the most unfashionable spot in Europe, Barbizon, On his head, the wore n smoking-cap of Indian Work, the gold lace Pitifully frayed and tarnislled, A flannel shirt of an agreable dark hue,which the satirical called black ; à light tweed coat made by a good English tailor ; ready made cheap linen trousers and leathern gaiters completed .his array.

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