UN POSTE RÉTRIBUÉ
Mais Stevenson avait dû regagner Paris. Il ne s’agis: sait plus de Fontainebleau. Fieming Jenkin avait un poste officiel à la section britannique de l'Exposition universelle et le Professeur gallois avec sa générosité ordinaire avait offert à Stevenson de le prendre conime secrétaire rétribué. Ainsi, le temps fut passé en allé»s et venues entre Paris et Londres jusqu’au mois d'août, quand Mme Osbourne alla s'embarquer à Liverpool ou à Glasgow. Stevenson était sur le quai du départ du train. Sans doute échaffaudait-il des plans pour réaliser ses desseins. Mais la Revue London n'avait guère donné de résultats. Son « Club des Suicidés » y était passé tout à fait inaperçu, où plutôt paraît-il, il avait assez cont '1bué à la déconfiture de la tentative de Henley. Sur 'e quai, lorsque le train emporta la femme qu’il aimait, quoique son cœur fut plus que jamais engagé, il ne se détourna même pas (1).
Il est certain que depuis mai ou juin, il avait des soucis pécumiaires. Néanmoins, 1l avait cessé entièrement de retourner à Edimbourg. Après le départ de Mme Oxbour, auquel 1l avait assisté, 1l avait rejoint Fleming Jenkin à Paris. Il devait d’ailleurs presque aussitôt être libéré de ses occupations. Mais d’autres Je réclamaient. Il avait déjà commencé à publier en juin sans les avoir complétées ses « Notes pittoresques sur Edimbourg ». 11 importait, tandis qu’elles continuaient à paraître dans Portfolio, de terminer l’ouvrage.
C’est ainsi qu'il alla s'installer quelque part dans le: Cévennes, comme en un ermitage pour y travailler. I] séjourna trois semaines à Le Monestier dans le Velay. 11 y avait des précédents à sa venue. Dans sa monographie de Le Monestier « Un gros bourg de Montagone » (2). Stevenson nous informe que jadis George Sand était venue vivre quelque temps tout près, à Laussonne, afin d'apprendre le patois et de rassembler des
(4) Lloyd Osbourne Pref, p. X Tusi 17.
(2) Publié comme ouvrage posthume en 1896 avec des dessins, (voir Tusi 17, p. 139),
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natériaux en vue de son roman « Le Marquis de Villemer ». k \
De Le Monestier, Stevenson écrivit à sa Inère ce passage très curieux qui apporte une indication sur sa situaion : « 51 je dois continuer à toucher ma pension de 25 livres par trumestre, et si cela ne vous gênait pas de ie verser l'arriéré de deux trimestres échus, 50 livres, je contesse que j'en serais très satisfait et que je n'aurais pas l'impression d'avoir perdu mon pari » (1).
Deux trimestres d’arriéré nous reportent à Avril lorsque son père était venu s’entretenir avec lui à Paris de: complications de sa vie en ce qui concerne Mme Osboui:ne. Pourquoi n'avait-on pas tenu les engagements qui semblent avoir été pris # Quoi qu'il en fût, il semble bien que Stevenson se trouve dorénavant à la merci de sa famille. Reçut-il les subsides réclamés ? Dans tous les cas, après avoir acheté une ânesse appelée Modestine, au prix de 65 francs et un verre de rhum et sêtr. fait confectionner un sac de couchage pour 80 franes et deux verres de bière, 11 se mit en route un dimanche de septembre (le 23) ayant deux objectifs principaux en vue: Notre Dame des Neiges, le Couvent des Trappistes et le Pays des Camisaras, ce qui lui permettait, en dehors des communions avec la nature auxquelles il pourrait librement se livrer de mener une double enquête, psychologique et religieuse. :
En octobre parut enfin dans The New. Quarterly Review, l'étude si longtemps méditée, plusieurs fois défa;te et refaite sur Walt Whitman. Elle clôt un chapitre de sa jeunesse, Car dorénavant, sans cesser de manitfester son admiration pour l’auteur des « Chants démocr«tiques » Stevenson semble avoir subi surtout l'influence d’une personnalité un peu antérieure, plus directement attachée à l’idéologie néo-calviniste et transcendenta -
(1) P. 48,. Vol. Il Letters 1878. « But if Î am still to have my allowance of 25 pounds a quarter and you would not mind giving me the arrears of 2 quarters due, 50 pounds, I own I should take that gladly and should not feel as if I had lost my wager »,