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LA THÈSE DE L'ASCENDANT FRANÇAIS

Certes, depuis PEssai de 1887 (Le Presbytère) où Stevenson, déjà préoccupé par ce problème de l’hérédité examinait avec désinvolture une série d’hypothèses, suggérant on ne sait pourquoi, « un barbier francais, venu à St Andrews avec le Cardinal Beattie de retour du Continent » parmi ses ancêtres, une précision de cette nature à été fournie. Il semble établi que parmi les ascendants de plus en plus nombreux que tout homme possède dans le recul du passé se trouve vraiment dans la lignée maternelle des Balfour, un aïeul français en la personne d’un émigré sans doute de religion calviniste, un certain Lizours ou Tizouris.

Mais d'un détail de cette nature saurait-1il être tiré les moindres conclusions psychologiques ? Avoir, par hasard un Français ou une Française parmi ses ascendants est une particularité susceptible d’être relevée chez un très grand nombre de gens en Ecosse et en Angleterre. Inversement, on pourrait souvent noter de pareilles rencontres d’une physionomie venue de l’étranger dans l’histoire anecdotique de maintes familles francaises.

Mais un tel incident a-t-1l nécessairement un retentissement caractéristique quelconque ? La nationalité n’est qu'un attribut psychologique instable. C’est la conséquence de la vie dans un milieu. Elle se résume dans une tournure d’esprit assez facilement acquise, et assez facilement perdue à la génération suivante lorsque le milieu qui l’a construite est définitivement changé.

D'ailleurs, dire d'un ascendant de Stevenson qu'il était de nationalité française, ce n’est k décrire ni dans sa race, n1 dans son tempérament, ni dans ses ressources intellectuelles. C’est nous présenter un homme de paille, sans signification aucune.

Faut-il admettre que cet obscur cousinage des petits fermiers de Nether Carsewell, dans la paroisse de Neilston ne constitue pas toute la race dont leur descendant

illustre est issu ? Faut-il admettre qu'avec les Balfour. d'autres éléments peuvent intervenir dans l'hérédité de Stevenson ? C’est probable.

Mais il est beaucoup plus important de se préoccuper d'élucider vraiment le problème de la race à laquelle ceux-ci sont susceptibles d’appartenir. Nous ne nous contenterons pas avec Carlyle de proclamer Robert Burns un type Saxon indubitable. Pour nous, le problème est toujours ouvert. La langue d'un peuple n'est pas l'indication de sa race. Celle-ci est un trait qu'on doit rechercher en lui-même et pour lui-même, car il a sa valeur.

L'ethnographie la plus récente envisage l'existence dé trois races occidentales : la nordique, Jalpine et la méridionale. La race méridionale, par l'Irlande et l'Ecossé, serait d’ailleurs remontée vers le nord, et celle du ‘nord se serait rabattue vers le Sud quelquefois. Mais en Grande Bretagne, la vieille opposition entre la race dite celtique ou gaëlique et la race germanique ou anglo-saxonne correspond à une réalité beaucoup plus vivante. C’est en ces termes que la question doit être posée. La persistance d’une langue celtique, de coutumes et de mœurs celtiques en Irlande, au Pays de Galles, et dans les Hautes Terres d'Écosse donne une démonstration concrète de la différence des races.

L'opinion généralement admise sous la pression des apologistes de la supériorité anglo-saxonne est que la race celtique ne s'est maintenue que là où à subsisté sa lanvue, Aussi, les Hautes Terres seraient évidemment habitées par des Gaëls. Mais les Basses Terres qui parlent un dialecte semblable à l'Anglais, où l'élément germanique: est. considérablement envahi par les vocables francais de la conquête normande seraient foncièrement anelo-saxonnes. La théorie est trop simpliste.

Les Gaëls sont les habitants autochtones de Ja

Plaine comme de la montagne. Il y a eu dans la plaine des invasions anglo-saxonnes et scandinaves, Mais ces

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