‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 138 sur 205 · SUR LES CONFINS DU SUD-OUEST · texte numérisé non relu

SUR LES CONFINS DU SUD-OUEST

cipât à ce décor, et qu’elle en reflétât un peu le charme dans sa personne, elle était pourtant essentiellement américaine. Elle appartenait à la civilisation conquérante. L’ambiance exotique, de même que pour ses compatriotes tous gens au-dessus du peuple, la dépouillait des timidités, de l’affadissement du convenu provincial, des routines intellectuelles de la vie moyenne,

Que pensa-t-on de R. IL. Stevenson, l’indéfinissable

"amoureux de la dame américaine derrière les jalousies . de Monterey ? Car il était impossible qu’il passât ina-

pereu dans cette ville somnolente, déjà archaïque avec ses deux ou trois rues simplement garnies d’une épaisseur de sable, ses ruelles transversales faites de madriers, et bordées de maisons de mauvaises briques cuites au 50leil. Quelle figure faisait-il ? T1 y avait peu de promeneurs, et encore moins de femmes. Des hommes hautains, la poitrine ou le chapeau ornés d’une fleur passaient parfois au grand galop de leur chevaux sur des selles an- : tiques. Les visages, par leur fixité rappelaient la grandeur des Incas ou limpassibilité du Maure. Ceux-ci pouvaient-ils sonder la valeur des subtiles perspectives intellectuelles ou des perceptions ambioues de ce maïgre et dégingandé jeune homme qui ne réussissait pas en Europe, à se faire accepter comme Anglais ? Aux yeux de Stevenson. Monterey était un pays de rêve. Pas d’éclairage la nuit. Dans la brousse au dehors, à l’entour des oros domaines souvent aux mains des Américains, 11 y avait encore des bandits. Tls entraïent paisiblement dans la ville : car dans les cafés il y avait toujours des

: distractions. On y jouait constamment aux cartes. D’aiïl-

leurs tout le monde y était secrètement armé.

T1 y avait un prêtre espagnol, combattu par les esprits forts, maïs qui Jouissait d’une énorme influence. Et il y avait des Chinoïs avec leurs longues nattes et leurs accoutrements particuliers. Maïs la pêche était pratiquée par des pêcheurs gênois, qui — venus de la vieille Europe civilisée — avaient des anneaux d’or dans les

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