LE MARIAGE ÉCOSSAIS
fureuses chaudes. Mais ce n’était pour aucune propriété de ces sources que Stevenson était monté de San Fran-. ciSCO aux approches de juin sur les flancs du mont St- Hélène. Il récherchait seulement l'altitude.
Le pays avoisinant lui fournit d’ailleurs une distraction. En France, il s'était initié à la qualité des vins. Il avait acquis la notion du cru. Et justement, sur ces coteaux de faible hauteur les propriétaires tâchaient de * planter des vignes, et d’en tirer les meilleurs produits. Stevenson s’amusa à visiter quelques caves.
Parmi ces colons cherchant à tirer profit du sol de la Californie, Stevenson trouva un certain Mac Eckron qui n’était pas sans avoir des origines écossaises. Rien ne dépeint mieux son nouvel état d'esprit vis-à-vis de ses compatriotes, tant décriés par lui dans ses Notes pittoresques sur Edimbourg, que la facon dont il réagit dès lors à leur contact.
< Quand je suis chez moi, j'ai l'impression qu’un habitant de Glosgow est presque un rival, et un homme de Barra à moitié un étranger. Mais quand nous nous rencontrons dans un pays éloigné, que nous venions des montagnes de Manor ou de celles de Mar, une sympathie toujours présente nous rapproche sur-le-champ. Ce n’est pas la race. L’un est Norse, où celtique, et l’autre Saxon. IT ne s’agit pas d’une identité de langue. Nous ne possédons pas cela entre nous ; et nous en Jouissons de façon presque parfaite vis-à-vis des Anglais, des Irlandais et des Américains. Ce n’est pas le lien de la foi commune car nous nous reprochons mutuellement nos erreurs. Et cependant quelque part, très profondément, dans le cœur de chacun de nous, l'amour du vieux pays et de ses vieilles affections est bien enraciné. De tous les mystères du cœur humain celui-là est peut-être le plus insondable. Ce pays gris n’a guère de charme extérieur, avec son archipel pluvieux, battu par les vents, ses tristes étendues de montagnes ; ses lieux déplaisants tout noirs de charbon, ses champs nus et sans arbres, d'aspect hostile et morose, sa ville étrange autour de son château, où les cloches s’6-