EN PLEIN AZUR DU CIEL L'ÉTÉ DANS LA CALIFORNIE
L'épisode des « Siiverado Squatters ». Le campement. Vicissitudes. Les jours et les nuits. Retour à l'individualisme. Ils rejoignent l'Ecosse. Suppression de l'Amateur émigrant.
En attendant de pouvoir affronter le voyage de retour au vieux pays, Stevenson chercha une résidence à une altitude plus élevée que Calistoga où montaient encore trop souvent la brume marine, si dangereuse pour ses poumons sensibles. Un certain Kelmar, aimable Israélite qui pratiquait un peu l’usure autant que le négoce dans toute la région qu’ils parcourait, lui indiqua le site de la vieille mine abandonnée de Silverado. Une reconnaissance permit d’entrevoir un bâtiment délabré, inhabitable en d’autres lieux, mais que la saison et le climat de la Californie rendaient susceptible de servir de campement. On se décida à camper ainsi en pleine nature.
La formule n’évoquait-elle pas quelques-unes des scènes de son Voyage dans les Cévennes ? C’était un retour vers le thème de Walden. En fait, c'était tout à fait l’expérience de Thoreau avec la variante d’une famille à ses côtés (1).
Dans cette maison où pas un cadre de fenêtre ne subsistait, où pas une porte ne tenait sur ses gonds, ils se transportèrent bientôt. C’était la solitude; on était à une certaine distance du hameau. La construction était adossée à une colline. Il y avait trois pièces distinctes super-
(1) Cf. avec la situation examinée dans l'épisode des Cévennes, pages 241-42,