LA VIE SIMPLE EN CALIFORNIE
posées. Pas d'escalier : on y accédait séparément du dehors, de trois côtés et de trois niveaux différents. La : pièce du haut avait deux fois la surface de celle du bas. Des couchettes comme celles d’un paquebot ,qui avaient servi aux mineurs, étaient disposées contre les murs.
Les approches de cette singulière demeure étaient constituées de pierrailles, de graviers au milieu desquels toute une flore rabougrie, mais somptueuse d’exotisme avait réussi à se développer.
À cette époque de l’année ce parterre aux couleurs chatoyantes exhalait d’étranges et capiteuses senteurs. Incomparable ermitage naturel, situé sur un éperon de terrain, au-dessus d’une gorge, et comme suspendu dans le vide béant de la vallée!
Les Stevenson, accompagnés de leur chien Chuchu essayèrent d’y organiser leur existence, Mme Stevenson déploya une grande ingéniosité à rendre les locaux habitables. L'installation demeura néanmoins très primitive. Une forge ne servait-elle pas de fourneau de cuisine? Et is n’avaient ni table ni chaïses.
Tout cela eût été supportable si Mme Stevenson et son fils n'étaient tombés malades. Comme Stevenson était loin d'avoir retrouvé la santé, il leur fut impossible de demeurer dans cette solitude. Ils durent revenir au hameau pour quelque temps. Quand Mme Stevenson fut enfin rétablie, on réintégera Silverado. Leurs moyens le leur permettant, les époux firent leur possible pour avoir à leur service un domestique chinois. Mais celui qu'ils avaient réussi à se procurer ne put jamais se persuader de les suivre là-bas. Ainsi ils revinrent à leur ermitage dans les mêmes conditions que la première fois.
Ts furent plus heureux dans cette seconde tentative. Les semaines s’écoulèrent tranquillement. Stevenson enseienait la grammaire latine et la géométrie à Lloyd dont on ne voulait pas négliger l'instruction. Il se levait de très bonne heure comme ce sera de plus en plus sa coutume, TT préparait le porridge et le café. Puis il li-