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LE PRESTIGE COVENANTAIRE

well, domina l'Angleterre par le fer et la discipline mihtaire, n’a-t-elle pas laissé dans son sillage son Bunyan et son Milton ? Les Covenantaires ont été moins heureux. 1Is n’ont jamais triomphé, et ils n’ont jamais produit que des auteurs secondaires : M'Cheyne, Walker, Shield, qui manient d’ailleurs indistinctement la prose et le vers. Ces œuvres sont moins connues que la simple Ballade de Walter Scott en faveur de leur adversaire « Bonny Dundee ». (1) Mais, dans le cercle restreint de leur influence, elles égalent les plus grandioses.

La ferveur de la légende épique du Pacte d'Union constituait sans doute la seule initiation à la vie intel. lectuelle de lhonnête fille des Basses Terres qui serrait de nourrice à « Lou » comme elle appelait Robert- Louis Stevenson. Quand elle essaya de le distraire et de l'intéresser, ce ‘fut par ses histoires et ses hymnes favoris, qui reflétaient le monde de ses préoccupations et de ses simples pensées. Il y avait, dans tout ce fatrassbien des actions concrètes, bien des enchantements dramatiques susceptibles de river l'attention d’un enfant qui gardait la chambre.

Comme beaucoup de gens dans un pays où lambition de prêcher et d’exhorter est répandue dans toutes les classes de la population, où le plus modeste tisserand peut acquérir un ascendant par ses discours bibliques. Cummie possédait une diction efficace et dramatique. C'était un prêcheur de plein air (2) installé à demeure dans la nursery. | |

L'imagination de l'enfant fut saturée de ce folk-lore. Des histoires semblables à celles qui ont cours aux veillées des villages de jadis se mêlaient aux grands récits bibliques, à la lecture de rigueur des passages les plus impressionnants des livres saints. Ainsi fut capturée l’existence naissante par des images vigoureuses et tyranniques de toutes sortes.

(1) The Doorn of Devergoil, Walter Scott : To the Lords of Convention ’twas Claver’se who spoke. ; (2) Field - preacher.

Non seulement on lui lut, ou bientôt ,précocement il put lire lui-même la saisissante allégorie du Voyage du Pélerin, de Bunyan, ferblantier ambulant, mais il put contempler, avec des yeux agrandis d'épouvante, les nombreuses illustrations de Pouvrage, Et les situations du héros lui devinrent bientôt familières. L

Une telle imprégnation de la sensibilité fiévreuse d’un Jeune enfant n’était peut-être pas une chose très sage. Mais c'était une pratique répandue. Ce n’était pas plus dangereux certes que la méthode qui consiste, dans certaines provinces, à donner de très bonne heure aux nourrissons es rasades d'eau-de-vie. L'Ecosse réserve ces stimulants pour plus tard. Stevenson se contentait alors du « porridge » traditionnel, la bouillie de gruau d'avoine, nourriture fortifiante d’un pays pauvre.

La tendance à ébranler lPimagination de leur fils ne pouvait guère trouver de frein chez les parents. Certes, M. Thomas Stevenson n'avait aucune sympathie pour les excitations démagogiques. Il n'était même pas libéral. Il était nettement Tory, et conservateur en politique. Il n'était peut-être pas très strict quant aux prescriptions de discipline religieuse. 11 y avait des gens plus rigides que lui. Cummie était de ceux-là, et déploait dans la nursery qu'il se laissât aller à jouer aux cartes après dîner. Pourtant, il était Presbytérien convaincu. 11 observait le Sabbath. 11 allait presque régu- Bèrement au sermon du dimanche. Mais, il faut se souvenir qu'à peu de générations en arrière, il était dela classe paysanne de l’Ecosse, et son cœur allait toujours pareillement aux Covenantaires.

Cet état d'esprit était évidemment en étrange contradiction avec ses idées politiques. Les Tories n'avaient ils pas été les persécuteurs des Covenantaires ? Ceuxcl avaient été nettement appuyés par les Whigs. Le parti aristocratique était synonyme d° Episcopat, pour ne pas dire de Romanisme, Il y avait eu un renversevent singulier de la fortune des Se petits fermiers de Nether Carsewell, paroisse de Neiston, près

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