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LA RELIGION PRESBYTÉRIENNE

de Glasgow. Mais on n'avait pas pu changer toutes les convictions, n1 les mettre toutes d'accord.

Le zèle covenantaire du père de Stevenson n'avait peut-être pas la virulence de Cummie. Mais c'était un zèle qu'il approuvait. L/Eglise Presbytérienne écossaise n’était-elle pas reconnue comme religion d'Etat en grande partie sur les bases arrêtées dans le Pacte? A son tour l'Eglise épiscopale hiérarchisée et lithurgique représentait l'innovation, la formule subversive de l’ordre établi. Et la discipline officielle, par une singulière métamorphose et un singulier rapprochement, était Covenantaire et conservatrice, Il y avait une part d’empirisme anglo-saxon dans l’état d'esprit du chef de famille d’'Heriot Row, mais 1l y avait aussi une raison écossaise dans la juxtaposition de ces attitudes psychologiques entièrement différentes. Le torysme d'aujourd'hui était la con: séquence de l'insurrection d’hier. La bourgeoisie d'Edimbourg était la suite de la petite paysannerie de Nether Carsewell.

C’est dans ces conditions que Robert-Louis Stevenson fut initié aux dogmes de l'Eglise Presbytérienne d'Écosse dès qu’on put les graver dans sa mémoire.

Une raison logique et presque légale, admirablement juridique, une intelligence française, celle de Jean Calvin, natif de Noyon-en-Valois, étudiant d'Orléans, et dictateur spirituel de (Genève, est à la base de cette théologie.

Plus hardi, plus radical, plus intellectuel que Luther. l’auteur de lTnstitution de la Religion chrétienne, appuyée sur St Paul et sur St Augustin à reconstruit une Eglise « primitive ». Chaque année, en Ecosse, le Synode solennel des pasteurs assure la discipline religieuse et sociale, rectifie les erreurs, et prend toutes décisions utiles. Le Presbytérianisme répudie Ta liturgie, les prières pour les morts, l’invocation des saints, le culte des images, qu'il qualifie de superstitions païennes, l'utilisation des enchantements et des charmes de l’art, c’està-dire de la musique et de la peinture, et met tout son

effet dans la vigueur et l'ordonnancement du sermon. La déclamation est le seul art resté licite. On en à abusé.

En attendant de pouvoir suivre ces exposés, le jeune fidèle prend connaissance des vérités élémentaires au moyen d’un catéchisme (1) qui affirme la Prescience de Dieu, l'existence du Péché, l'alternative d’un Paradis et d'un Enfer sans Purgatoire intermédiaire. La théorie de la Prédestination est accompagnée de celle de l'élec. tion, c’est-à-dire de la grâce divine accordée en dehors de tout mérite, idée d’une récompense arbitraire correspondant à celle d’un Dieu terrible. Nulle religion n'est plus grandiose, plus écrasante pour l’homme et Ia pensée. Le tableau qu’elle présente n’est peut-être pas adapté à la psychologie enfantine. Mais, comme le remarque Stevenson, il y trouve dans un style solennel, calme et sévère, « un véritable modèle d'expression inconsciemment artistique d’une pensée austère ».

Stevenson apprit de plus à composer lui-même des prières ferventes et, dans son propre besoin, à se tourner seul vers Dieu. 11 apprit également à maintenir la discipline des exercices religieux, telle la prière du soir avant de s'endormir. Il eut une ardente vie intérieure à l’âge où la nature devrait simplement végéter et croftre.

Mais le lait des lions qu’il suçait était-il trop fort pour son tempérament d'enfant impressionnable ? Etait-il au surplus trop persuadé de se laisser emmaillotter, de garder la chambre à la moindre alerte ? Etaitil trop claquemuré, trop dissuadé d'une saine activité physique jugée dangereuse ? Ce frein mis au développement spontané de ses instincts violents de garçon appelait-il des manifestations pathologiques ?

Nous avons parlé d’une cérébration excessive. Elle se manifestait de toutes manières.

Il nous à décrit l'attrait qu'exérçait alors pour lui « ce vaste monde sur le bord duquel 1] se trouvait » et qui lui était interdit. Il aspirait à s'aventurer. Le front

(A) dit « The lesser cathechism »,

O9 en

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