LA VIE CACHÉE D'UN GRAVE ESSAYISTE
Les amusements de Stevenson à Davos.The Davos Press et Lloyd Osbourne, « Sifflets d'un sou ». Les suggestions de l'enfant.
Etude sur Samuel Pepys. Le deuil de ne Sitweil.
Depuis l’époque où Stevenson, sur le conseil des mé-
decins vint s’enfermer ainsi pour quelques mois dans sa Thébaïde glacée, Davos a subi une métamorphose. Les facilités d'arrivée et de départ ont été développées. Le nombre de ceux qui y séJournent s’est beaucoup accru. La station a pris un aspect mondain, et les possibilités d'organisation de la vie s’y sont multipliées. Pour Péducation des enfants il y a un lycée ; une véritable petite ville de somptueux hôtels et de gracieuses villas s’est édifiée d’où l’on atteint des sites de montagne au moyen dun funiculaire. Aïnsi puissamment fondé, Davos est un lieu qui ne se distingue des autres coins à la mode de la civilisation européenne que par l’ardeur de ses fêtes et la multiplicité de ses distractions. C’est une perpétuelle bacchanale dans Pair pur, avec le soleil sur la neige. On y pratique le jour les sports d’hiver, on y danse la nuit. On y soupe. II y a le théâtre, des concerts, des chants. Le ton de la vie a pris une qualité audacieuse et artistique que n’y trouva pas son plus célèbre malade.
Stevenson fit des promenades, il pratiqua même un peu le toboggan. Les distractions se réduisaient à quelques modestes concerts organisés avec les ressources locales.
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Ce fut ainsi que le jeune Lioyd Osbourne, alors âgé de treize ou quatorze ans, y collaborà en imprimant avec uu matériel d'enfant qui lui avait été acheté comme jouet, les programmes vendus chaque fois dans la salle.
Ce genre d’activité fut l’origine de plus importants travaux. Stevenson, à toutes les périodes de sa vie, s’était intéressé aux occupations et aux traits du Jeune âge et il y avait trouvé matière à études littéraires. En 1874 le jeune Nelitschka lui avait inspiré un essai « Sur les mouvements des jeunes enfants » paru dans Portfolio. En 1878, il avait écrit « Jeux d'enfants » pour le Co. hill.
II était continuellement en contact, depuis son mariage, avec Lloyd, le fils de sa femme, à qui il servait de précepteur. L’enfant lui témoignait beaucoup d'affection et de confiance et une sorte de camaraderie était née entre le beau-père de trente ans et le fils adoptif de treize.
La « Davos Press », c’est ainsi qu’on appelait le matériel d'imprimerie qui servait à imprimer les programmes des concerts fut bientôt mise à contribution pour des réalisations artistiques assez curieuses, où Stevenson se complut bientôt autant que le jeune Lloyd.
Is imprimèrent des vers spécialement composés à cet effet, et ils tirèrent même des gravures. Stevenson s’adonna laborieusement à ces jeux, perfectionnant ses procédés de dessin et de technique. C’est ainsi que virent le jour diverses compositions sous le titre d’« Emblêmes moraux » accompagnées de devises en quatrains.
Engagé sur cette pente, Stevenson commença sous le nom de « Sifflets d’un sou » (1) les premiers éléments d’une série qui devait constituer ultérieurement : « Le jardin poétique d'enfant ». Imaginativement, sous l’influence de son intimité avec celui qui s’agite sous ses yeux, il revient aux impressions de son enfance, il essaye de les classer tout en se les remémorant.
Comme des personnes plus âgées jouent aux échecs, il s’amuse à jouer aux soldats. Il se plait à raconter ou à 7 (1) Penny whlsties