CONSCIENCE ET FRIVOLITÉ
entendre les histoires de pirates. Il s’assimile tout à fuit ia psychologie juvénile et se rend compte qu’il y prend intérêt. ; EN EN
Activité mentale essentiellement frivole ? Pas autant qu'il peut paraïtre. Stevenson s’est jadis penché sur Schopenhauer, et connaît la nature du problème posé dans « Le Monde comme Volonté et comme représentation ». Si certaines de ses aspirations exaltent la conscience, 1l subsiste chez lui une volonté de vie très forte, d'autant plus forte qu’il est de plus près frôlé par la menace de la mort.
Peut-on calculer linfluence de la terrible maladie qui le menace sur le ressort de résistance vivante déployé par lui ? Peut-on discerner ce que dans son activité trépidante, dans son besoin de nouveautés et d'émotions, il y à d’instinct à se rattacher de toutes ses forces aux manifestations qui constituent la substance même de la vie!
Son effort d’introspection, d'analyse spirituelle et de conscience n’est issu que d’un réflexe du même ordre auquel il se subordonne : celui de se libérer de la tyrannie étroite et tatillonne de son milieu initial. C’est sa façon de réagir contre le pessimisme dont celui-ci tend à l’envelopper. Dans la mesure où il est émancipé de ce joug qui diminuait l’élan de sa vitalité, Stevenson peut s’adonner à l’inconscient, et 11 s’y adonne avec joie.
Ce n’est pas la vie de la pensée, mais celle des sensations qu'il convoite au fond avec le plus d’ardeur. Mais comment s’adonner à la vie machinale quand nous sentons de toutes parts le danger que la discipline, la pression de la société fait courir à la plénitude de nos instincts ? Conviction intime éminemment protestante que cette façon d'interpréter la conception
religieuse de la chute, qui hante encore les âmes comme une détérioration du moi susceptible d’être imputée à la nature artificielle, et partant erronée, de notre civilisation !
Stevenson se plaît à l’attitude de l’enfant, parce qu’il