‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 169 sur 205 · DEVANT LA DOULEUR SACRÉE · texte numérisé non relu

DEVANT LA DOULEUR SACRÉE

Avant sa mort, Lloyd était déjà parti pour l'Angleterre où il devançait sa famille. Pour ceux qui restaient le coup fut rude. Certes, on mourait souvent à Davos. Mais quelle sensation de la mort pouvait se comparer à celleà !

C’est à cette occasion que Stevenson écrivit ses quelques strophes d’In Memoriam F. A. $S. Elles ne sont pas d’un très grand poète comme les stances de Victor Hugo à Villequier. Mais nul sentiment ne fut plus sincère que la façon dont il partagea le sentiment d’une mère atteinte jusqu’au fond du cœur.

« Cependant, oh cœur frappé souviens-toi, oh souviens-

| | [toi Que des jours d’ici-bas 1l a vécu la meilleure part... Avril l’a vu s'épanouir et jamais l’obscur décembre N'a soufflé sa froideur sur sa tête ou son cœur.

Ici, enfant, il a vécu pendant toute l’heureuse saison Et avant le jour du chagrin 1l est parti comme il était [venu » (1).

Toujours l'apologie de l’heureux état de l’enfance ! C’est sous l’impression de cette douloureuse tragédie que les Stevenson quittèrent Davos à la fin d'avril. L’Ecosse les appelait, avec ses bruyères, et ses genêts d’or, et ses montagnes tristes et violentes, mais si différentes du grand désert blanc de l’'Engadine.

(1) In Memoriam — Underwoods — Book Ï — In English : Yet, O stricken heart, remember,-O remember How of human days he lived the better part.

April came to bloom and never dim December Breathed its killing chills upon the head or heart. Hére, a boy, he dwelt through all Fe singing season And ere the day of sorrow departed as he came.

Page 1