DEVANT LA DOULEUR SACRÉE
Avant sa mort, Lloyd était déjà parti pour l'Angleterre où il devançait sa famille. Pour ceux qui restaient le coup fut rude. Certes, on mourait souvent à Davos. Mais quelle sensation de la mort pouvait se comparer à celleà !
C’est à cette occasion que Stevenson écrivit ses quelques strophes d’In Memoriam F. A. $S. Elles ne sont pas d’un très grand poète comme les stances de Victor Hugo à Villequier. Mais nul sentiment ne fut plus sincère que la façon dont il partagea le sentiment d’une mère atteinte jusqu’au fond du cœur.
« Cependant, oh cœur frappé souviens-toi, oh souviens-
| | [toi Que des jours d’ici-bas 1l a vécu la meilleure part... Avril l’a vu s'épanouir et jamais l’obscur décembre N'a soufflé sa froideur sur sa tête ou son cœur.
Ici, enfant, il a vécu pendant toute l’heureuse saison Et avant le jour du chagrin 1l est parti comme il était [venu » (1).
Toujours l'apologie de l’heureux état de l’enfance ! C’est sous l’impression de cette douloureuse tragédie que les Stevenson quittèrent Davos à la fin d'avril. L’Ecosse les appelait, avec ses bruyères, et ses genêts d’or, et ses montagnes tristes et violentes, mais si différentes du grand désert blanc de l’'Engadine.
(1) In Memoriam — Underwoods — Book Ï — In English : Yet, O stricken heart, remember,-O remember How of human days he lived the better part.
April came to bloom and never dim December Breathed its killing chills upon the head or heart. Hére, a boy, he dwelt through all Fe singing season And ere the day of sorrow departed as he came.