L’ENCHANTEMENT MÉDITERRANÉEN
port sanitaire. Une villa beaucoup plus exiguë à Hyères lui sembla en tous points préférable à habiter. C’est ainsi que non sans quelques froissements avec le propriétaire de St-Marcel, ils émigrèrent bientôt là-bas: Le 20 mars 1883 Stevenson prit sa nouvelle résidence à la Villa La Solitude.
Hyères, où les prédilections anglaises se sont depuis tant affirmées, est dans le site admirable d’un vieux bourg de Provence. La petite cité antique autour de laquelle se sont construits des hôtels internationaux et des propriétés somptueuses est encore entourée de ramparts. N'y a-t-il pas dans ses ruelles et ses voutes fortifiées quelque chose qui rappelait la Vieille Ville d’'Edimbourg ? Quelle majesté dans l’horizon ! Mais quel changement de décor ! Les tristes montagnes de Maures se profilent derrière, pendant qu’au large, vers le Sud, c’est toute la splendeur, tout le faste exubérant de la nature méditerranéenne.
De sa villa La Solitude, au pied du château ruiné, Stevenson pouvait contempler par dessus les Salins l’étendue azurée de cette rade bordée par des îles fertiles. Porquerolles et Port Cros, semblables à quelque vision des paysages de la Grèce lointaine, la nature primitive où prirent naïssance dans la lumière toutes ces perceptions artistiques, vrai trésor de l’humanité.
Hyères est naturellement abritée du souffle glacé du terrible mistral qui sévissait à St-Marcel. Mais on était maintenant au printemps, presque en été. La santé de l'écrivain sembla merveilleusement s’améliorer. Dans ce cadre enchanteur de l’horizon de la mer, des prairies pleines d’asphodèles, des bois d’oliviers, des jardins en fleurs, parfumés de roses et, de mimosas, avec leurs étranges aspects de cactus et d’aloes, leurs bariolages criards de bougainvilliers et d’ibiscus où plane la majesté lente des palmes, Stevenson sembla renaître à la vie, à la quiétude, à l’espérance.
‘ Au.travers de toutes ses appréhensions pour sa santé