SUR LE BORD DES FLOTS BLEUS
Pavait-1l jamais perdue? A quel moment avait-il ralenti son effort ? Non seulement il continuait vaillamment d'écrire, mais il s’évertuait à fortifier ses positions acquises. Après ses « Etudes familières d’hommes et de livres » réunies en volume en mars, il avait publié en août son premier recueil de littérature d'imagination, ses « Nouvelles Mille et Une Nuits » dont les premiers récits avaient paru dans le London d’Henley dès 1878, et qui étaient demeurées éparses dans diverses revues. Son essai dans le Longman’s Magazine de novembre « Sur le roman romanesque » montre combien il était préoccupé des qualités de ce genre de production où il aspirait à s'affirmer. PA
À la campagne Delfi Stevenson avait commencé pour Young Folks, le périodique où avait paru « l’Ile au Trésor », Un nouveau roman juvénile : « La Flèche Noire, une aventure de la Forêt de Tunstall », qui devait paraître en juin 1883 sous son pseudonyme de capitaine George North. Son imagination -s’enfonçait dans un passé plus ancien que le XVIIT: siècle ; il s'agissait ici de l’époque de la terrible guerre des deux Roses, fertile en épisodes tragiques. r
Mais à Hyères, il reprit plutôt cette œuvre depuis si longtemps caressée, si souvent remaniée, amendée, embellie qui devait être le Prince Othon, tramecharmante et peut-être unique dans l'extraordinaire versatilité de sa production. Jamais il ne fut plus loin de la formule réa- Liste que dans ce roman quintessencié, aussi artificiel que la comédie anglaise du XVIIL siècle, et aussi transcendant qu’une œuvre de Meredith.
À Hyères, Stevenson vécut la vie de son personnage du Trésor de Franchard, le docteur Desprez. Il jouissait d’une retraite tranquille, laissant s'épanouir en lui une sensualité légère, si différente de ses égarements d’Edimbourg. Jamais il ne prit tant plaisir à s’assimiler quelques-unes des vraies qualités françaises, Il cultivait ses goûts, fortifiant ses propres penchants au contact de no-