‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 20 sur 205 · NOUVEAUX ASPECTS DE L'ENFANCE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX ASPECTS DE L'ENFANCE

Le presbytère. Les voyages. Le manque d'as- -siduité scolaire. Originalité du père. La théorie de l'inspiration. Contraste avec le système anglais.

Il ne faut néanmoins pas se représenter l'enfance de Stevenson sous des couleurs entièrement tragiques. Pendant toutes ses tendres années, le Presbytère de Colinton, où habitait son grand-père maternel, Lewis Balfour, à proximité d'Edimbourg, fut un rendez-vous familial très fréquenté. Stevenson n'était point seul au monde. Son père et sa mère avaient trop de frères et

de sœurs pour qu'il n’y eût pas une quantité de cousins

et de cousines, Et en vérité, 1l en avait à Edimbourg

plus de trente. « Lou » était souvent avec les uns où avec

les autres au Presbytère de Colinton.

€ C'était un lieu qui ne ressemblait à aucun autre : le jardin, divisé en provinces par une grande haie de hêtres et dominé par l’église, et la terrasee du cimetière où les tombes étaient drues; des lauriers et de grands ifs faisaient ailleurs une agréable horreur d'ombres: le bruit de l’eau partout et le bruit des moulins: des oiseaux dans tous les buissons et de tous les coins du bois penchés sur nous faisant retentir leurs notes au point de faire vibrer l'atmosphère, et au milieu le Presbytère. » (1)

(1) P, 52. Memories and Portraits. The Manse -- It was à place in that time like no other ; the garden eut into provinces by a great hedge of beech, and overlooked by the church and the terrace of great yews making elsewhere a pleasing horror of shade ; .….the the churchyard where the tombs were thick ; … laurels and the sound of water every wlere, and the sound of mills ; the birds on evæy bush and from every corner of the over hanging woods pealing out their notes until the air throbbed with them ; and in the midst of this, the Manse.

On faisait naturellement d'interminables parties. On pouvait s'imaginer être enfoncé dans de vastes solitudes. Pour des enfants, un Jardin est vite une forêt vierge. Au sortir de quelque lecture, on s'y figure être dans la situation de Robinson Crusoe. La proximité des sauvages donne la chair de poule. Quelquefois, ce sont les -rêveries solitaires qui alternent avec les amusements avec les cousins. et cousines.

Quand on avait réintégeré Heriot Row, et qu'une indisposition vous réduisait encore à errer « au pays des couvertures et des édredons », il y avait de quoi donner essor à Son imagination sans avoir recours aux sombres fureurs des Covenantaires de Cummie.

A la mort du grand-père, qui survint lorsque Robert-

Louis eut l’âge de dix ans, quand la cure passa naturellement à un successeur, les parent prirent l'habitude de louer pour quelques mois une villa sur l’une des plages, tour à tour, qui bordent l'estuaire près duquel est bâtie Edimbourg.

. La plus proche est Portobello, dont le nom suggère un port des Antilles. Et la localité tire aussi son nom d'un premier résident qui avait pris part à la capture de cette ville au XVIII siècle. Puis, vient Musselburgh, où l’on pêche les moules. La dernière plage, et la plus appréciée peut-être est North Berwick, à proximité du rocher de Bass. Ce sont des plages de sable agréables aux enfants, avec un voisinage de bruyères et de collines sauvages très pittoresques. Les grandes personnes y trouvent des golf-links, et toutes sortes de distractions. De nombreuses familles de la capitale écossaise y vont villégiaturer. Les Stevenson séjournèrent tantôt à l’une tantôt à l’autre. Quand l'âge vint, leur fils fut réfractaire au golf, institution nationale pourtant, mais il apprit à ramer, à monter à cheval et à danser.

Ces divers séjours ne furent pas les seuls qui rompirent la monotonie d'Heriot Row. Comme c'est souvent le cas en Grande-Bretagne, ils étaient assez enelins aux voyages, aux déplacements, M. Thomas Steven-

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