‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 27 sur 205 · BESOINS D'IMPRESSIONS VIVANTES · texte numérisé non relu

BESOINS D'IMPRESSIONS VIVANTES

tion. « Elles ne vous écrasent pas sous le poids dun dogme qu'il faudra plus tard désapprendre; elles classent et elles clarifient les leçons de la vie », (1) s’écriera-t-il. Les leçons de la vie, ce ne sont pas quelques préceptes de sagesse : c’est le goût exquis ou amer de l’expérience active, c’est le résultat de l’aventure. Il ne se tourne pas vers les- penseurs professionnels. Le Capitaine Marryatt, et Daniel de Foe ont plus de poids qu'Addison. Il lut Smollett, il lut Kingsley, Charles Reade, il lut Lord Lytton. Il lut l'intañiSsable Walter Scott. Il apprécia peu Dickens. Il aura une assez piètre opinion de Thackeray. Mais il aura la naïveté de mordre aux récits extraordinaires de Poë, aux romans policiers de Gaboriau.

Mieux que Walter Scott, un auteur fit sur lui une.

vive impression : « Je fis, dit-il, la connaissance du Vicomte de Bragelonne d'Alexandre Dumas d’une façon assez indirecte, lorsque, en l’an de grâce 1863, j’eus l’avantage d'étudier certaines assiettes à dessert illustrées dans un hôtel de Nice. Ce nom de d’Artagnan, dans les légendes explicatives, je le saluai déjà comme une vieille connaissance, car je l’avais rencontré l’année précédente, dans un ouvrage de Miss Yonge. Je lus le livre pour la première fois dans une de ces éditions frauduleuses venues de Bruxelles qui pullulaient alors et qui constituaient un si bel alignement de volumes minuscules et soignés. J’appréciai peu ce qu’il y avait d'excellent dans le livre ; mon souvenir le plus vivace est celui de l'exécution d'Eymeric et de Lyodot — ce qui témoigne des médiocres facultés de l'enfant (2) qui pouvait se délecter des déploiements de brutalité de la Place (1) P. 62 et 63. Tusi 28 ,Essays litorary and Critical.

(2) P. III. Memories and Portraits. À Gossip on à novel of Dumas. « My acquaintance with the Vicomte began, somewhat indirectly, in the year of grace 1863, when I had the advantage of studying certain illustrated dessert plate, in a hotel at Nice. The name of d’Artagnan in the légends I already saluted like an old friend, for * had miet him the year before in a work of Miss Yonge.

My first perusal was in one of those pirated edition that swarmed at the time out of Brussels, and ran to such a troop of neat and

de Grève et laisser passer les visites de d’Artagnan aux deux financier ». |

Stevenson insistera d’ailleurs sur le manque d’appréciation de ces jeunes années. « L’enfant, pose-t-il en principe, à conscience d’un intérêt non pour la littérature, mais pour la vie. Une appréciation du mot juste, de l'expression élégante ou adroite vient tard. » (1)

A l’un de ses admirateuts français, Marcel Schwob prématurément enlevé aux lettres et qui avait cru dans son œuvre sai8ir un reflet « de sa solide éducation elassique », Stevenson crut devoir affirmer péremptoirement : « Je crains que ma solide éducation classique ne soit mieux décrite, comme celle de Shakespeare. par la phrase : très peu de latin et pas de grec. » (2) I?absence d'initiation régulière aux langues classiques doit s'entendre de la façon la plus large. Il est chez lui le symbole de ce manque de véritable direction dans son développement dont nous avons parlé. Sa psychologie intime était réellement un jardin laissé à l'abandon, et susceptible de produire des ronces autant que les fleurs les plus inattendues. | . :

S'il persévéra dans son admiration d'Alexandre Dumas, il ne limitera pas là non plus ses incursions dans la littérature française, Si les Mystères de Paris, d’ Eugêne Sue firent ses délices, il lut aussi Balzac et surtout Victor Hugo, dont Notre Dame de Paris avait paru depuis longtemps, et dont les Misérables, après l'Homme qui rit et les Travailleurs de la Mer, datait seulement de 1862. ne

Etait-ce quand même une survivance de ce qu'il y avait au demeurant de puritain dans son éducation ?

dwarfish volumes. 1 understoud little of the merits of the book : my strongest memory is of the execution of Eymerie and Eyodot, 4 strange testimony to the dulness of à boy, who could enjoy the rottgh and tumble in the Pla@ de Grève and forget d'Artagnan’s visits to the two financiers ».

(ÿ Further Mem:. p. 1. The:child ‘is conscious of an interest not in literature; but in life. À taste for the precise, the adroit or the comely in the use of words comes late »

(2) Letters Vol, 4, p. 50 1891 « I fear my « solide éducation classique » had best be descr ibed like Shapesneares by : «a little latin nnd no greek », IR ET LE

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