‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 39 sur 205 · RECRUDESCENCE DE LA VIE CACHÉE · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE DE LA VIE CACHÉE

La femme dans la vie du jeune étudiant. Ses fréquentations plébéiennes. Swanston. Mépris de l'instinct.

M. Stuart nous dit que c’est à Swanston que ce grand jeune homme élevé sans méthode et sans discipline-dans des principes rigoristes s’apercut pour la première fois du charme que ses yeux caressants pouvaient exercer sur les «Scotch lassies», toute la gamme des «Bonnie Mary», des «Nancy», des «Peggy», des «Anna» et des «Polly». qu'a célébrées Robert Burns. Rien de plus dangereux à regarder que les filles d'Ecosse, des Hautes et des Basses Terres ! Rien de plus dangereux aussi pour lPintégrité de leur cœur que ces sortes de baladins, ces curieux

*« Robbies » (1). Il n’y à pas qu’en Irlande que ceux-ci ont secrètement (2) leur prestige auprès de l'éternel féminin. Il y a suffisamment de sang celtique aux abords d’Edimbourg ! Et peut-être la race saxonne n'est-elle pas non plus sans ses mystérieux instincts ataviques.

On ne peut, sans doute, pas citer d’anecdote précise. Stevenson a écrit des poésies amoureuses (3), mais il n’a pas fondé sa gloire sur ses plaintes, ses adieux ou ses sollicitations aux belles du Lothian comme Burns pour celles de V'Ayrshire. Les souvenirs des irrégularités que le grand « Robbie », a pu commettre dans la capitale

(1) Diminutif de Robert - Robert Burns, Robert Fergusson.

(2) Voir The Play - boy of the Western World - by John M. Synge,

(3) publiées en 1915 et 1924 à Boston. Aujourd’hui dans les New Poems.

est éternisé par des inscriptions sur les maisons favorisées. Mais au siècle pudibond de la Reine Victoria, une telle légende n’a pu se développer autour de Stevenson. Elle a été réprimée. .

I n’en est pas moins vrai que son penchant aux intri- .

gues féminines, l'attrait que les femmes ont eu pour lui est un fait avéré. Le trait est un de ceux que souligne Meredith dans son personnage de Woodseer (1) des premiers chapitres de son roman « The Amazing Marriage » où il a voulu peindre Stevenson. D'ailleurs, écrivant à son cousin quelques mois avant sa mort, celui-c1 n'écrivait-il pas en regardant très loin en arrière :

€ S'il me fallait recommencer ma vie, je ne sais pas —

si jeunesse savait, si vieillesse pouvait — je ne sais pas

du tout — je crois que j’essaierais d’honorer le sexe plus religieusement . Le mauvais côté de notre éducation est que le Christianisme ne reconnaît pas et ne sanctifie pas le sexe. Il le regarde de travers, par dessus l'épaule, oppressé pour ainsi dire par des réminiscences d'ermites et d’ascétismes asiatiques. C’est un terrible hiatus dans notre éducation religieuse moderne » (2).

En 1839, il écrira à un jeune étudiant : « Si vous pouvez tenir en ordre vos désirs sexuels, soyez heureux, soyez très heureux (3). Au même, il confessera : « Je crains de ne pas être aussi rigide que vous sur la question de la chasteté ; mais ceci me semble un vrai dilem-

(1) He was of the class of youths, who in apprehension that their bright season may not be permanent chose to fortify it by a systematic contempt of material realitfqs unless they come in the fairest of shapes. Chap. VI. The Amazing marriage.

(2) Letters Vol. 5. p. 168 Sept. 94, to R.AMS. — If Y bad to begin again - 1 know not - Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait. I know not all - I belfeve I should try to honour Sex more religiously. The worst of our education is that Christianity does not recognise and hallow Sex, it looks at it askance, over its shoulder; oppressed as it is by reminiscences of hermits and Asiatie self tortures It is keep, your sexual desire in order, be glad, be very glad a terrible hiatus in our modern religions.

(3) Letters Vol 2, page 200, To Trevor Haddon 1882, II you can

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