‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 42 sur 205 · L'INSTINCT PRIMITIF DANS LA LANDE · texte numérisé non relu

L'INSTINCT PRIMITIF DANS LA LANDE

Est-ce aux abords de l’église de Glencorse, dans la mélancolique étendue de la lande que Stevenson connut pour la première fois cet aspect bouleversé et presque terrifiant du Péché sur le visage de la femme ?

C’est fort probable. Mais s’il eut réellement lieu, ce contact trop intime avec cette « machine explosive » de la femme eut plutôt pour résultat de fortifier en lui un certain mépris de l'instinct. Son éducation lui avait appris « à regarder le sexe par dessus l’épaule ». C’était un terrible hiatus que ce manque de confiance dans le ressort des attitudes « théâtrales » et chevaleresques, dont l’entourait l’Ecosse bourgeoise et presbytérienne. Chauds de cœurs, pleins de sentiments passionnés, mais habitués à les réprimer ! Burns lui-même — Stevenson nous l’a prouvé — n'a pu échapper à la psychologie cauteleuse. L’attrait violent et incompréhensible du sexe s’exprima chez Robert-Louis Stevenson longtemps par la joie secrète d’un thème de vie furtive et dangereuse. Cette ivresse là n’est pas de celles qui s’étalent au grand

jour. Non peut-être pas tant à cause de la pudibonderie

que de la honte du sentiment, qui est au fond la vraie honte de lPinstinct et de la nature qu’enseigne le Puritanisme. Les instincts brutaux n’ont jamais honte à se déployer sans grâce.

vain he looked back. It scemed unprovoked, à wilful convulsion of brute naturc. s

Ce n’est pas Je seul incident de l'existence réelle de Stevenson à Edimbourg et à Swanston qui serait attribué à Archie. Ce roman du Weir of Hermiston est le plus fort parce qu’il est le plus révélateur.

Les amis. Robert Alan Mowbray Stevenson.

Fleming Jenkin. Son intimité, ses vues. Les représentations théâtrales. La vie d'Edimbourg.

Dans un fragment . d'Autobiographie (1) que nous avons déjà cité, Stevenson dit : « Je date le tournant de ma vie de trois circonstances : le développement instinctif, la venue des amis, et l'étude de Walt Whitman. »

Nous avons quelque peu parlé de son développement spontané dans l’environnement de son milieu. Il est temps d'aborder le sujet de la venue des amis. Le seul membre de sa famille avec lequel Stevenson sympathisa complètement fut son cousin Robert Alan Mowbray, dont le père était également de la lignée paternelle, c’està-dire un Stevenson. Robert Alan Mowbray avait trois ans de plus que Robert Louis. 11 semble avoir reçu une éducation plus régulière et plus méthodique que ce dernier. Il avait été élevé selon la méthode anglaise, et en Angleterre même, d’abord au collège de Windermere, ensuite à Cambridge, Sidney Sussex College (2)..Bob, comme 1} était appelé familièrement possédait une grande vivacité naturelle, il était doué de goûts artistiques. A vingt ans, il devait être déjà un brillant causeur. Dans sa galerie de portraits de son essai sur la conversation, Stevenson, l’a décrit sous le surnom de Spring-heel’d

(4) P. 86 à 94. Life of R.L.S. by Graham Balfour 1922. (2) Balfour, p. 88, Note.

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