‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 44 sur 205 · PREMIÈRES INDÉPENDANCES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES INDÉPENDANCES

tre prétexte étaient une excuse que d’ailleurs 11 n’eut méme pas à fournir. Il.semble qu'il ait eu vite un passe par-- tout qui lui permit de rentrer à toute heure (1). Prit-il tout de suite l’habitude des flâneries dans les wynds de la Vieille Ville, ou dans les quartiers du Bas Carlton, de fréquenter les tavernes d’Avocate Close, ou celles du port de Leith où l’on entrevoyait, où l’on coudoyait méême des gens de toutes sortes ? Mais la vie de Stevenson n'avait pas que ces ressources. Il avait encore et plus que jamais les livres. 11 lisait, et même déjà il écrivait sur des cahiers qu’il avait toujours dans sa poche. N’entrevit-il jamais quelque jeune fille de son milieu qui fit battre son cœur ? Il y a un nom qui revient au moins deux fois (2), celui de Flora, qui semble être associé dans sa mémoire à de chastes inipressions de jeunesse. Et voilà comment une existence d’oisiveté organisée peut être pleine de sensations fugaces, de distractions mêlées, et de plaisirs plus dangereux et plus violents entre Edimbourg et Swanston.

(1) Le régime d’une famille bourgeoise d’Edimbeurg dans «:the Misadventures of John Nicholson », Vol. 13 Tusitala ; Fragments, The Recluse, p. 239, Vol. 16.

(2) Misadventures of John Nicholson -St-Ives,

Le thème de la civilisation. Les suggestions de la vieille Ecosse. Archaïsme et modern sme. Faible attrait des travaux pratiques.

Les influences du Nord. Nouveau thème de la vie cachée. Premières sensations mystiques.

Le stage dans ses chantiers-que son père lui imposait à partir de l'été de 1868 qui suivit sa fréquentation plus où moins scrupuleuse de Université fut, pour Stevenson, l’occasion de s'initier aux impressions d’un pays qu’il ne connaissait pas encore.

Le jeune homme n’était familiarisé qu'avec les prosaïques Basses Terres. C’est la région la plus policée «t la plus laborieuse de l'Ecosse. Elle constitue le pivot de la production et de l’économie nationale. Mais ses coins romantiques et pittoresques sont un peu noyés dans l’atmosphère de progrès et de civilisation. Dans la plaine du Sud, malgré les quelques landes et les quelques collines, qui suggèrent parfois l’imminence d’autre chose, on a partout le spectacle d’une population précise et frugale qui cherche à tirer le meilleur parti possible d’un sol suffisamment fertile, mais dans les conditions d’un climat plutôt ingrat.

La région des îles de l'Ouest où Stevenson alla priucipalement passer l’été au cours des années suivantes se distingue des Hautes Terres par son caractère, plus ma ritime encore que montagneux, et par sa population beaucoup plus mêlée. Mais son accès relativement difficile à cette époque lui conservait un aspect archaïque. Le décor naturel en est farouche et merveilleux. Cependant, elle ne manque pas non plus d’associations histori-

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