LES ILES DE L'OUEST
ques qui rehaussent encore l'effet cue peut produire un site sur le spectateur non dépourvu d’enthousiasme et d'imagination.
S'imagine-t-on, à voir cette île d’Iona, près du Ross of Mull, qu’elle est la plus vieille, et peut-être la plus - illustre capitale du Christianisme de la Grande-Bretagne tout entière ?.
Trente ans avant que le Moine Augustin n’y pénétrât par la côte du Klent. St-Colomba, venu d'Irlande, avait construit une église et un monastère à Tona, d’où il avait d'abord christianisé les Pictes, son Eglise s’avançant toujours vers l'Est et vers le Nord, et redescendant an Sud jusqu’en Angleterre. C’était l’époque où l’Eglise d'Irlande, à l’abri des invasions, semblait être le dernier refuge de la civilisation antique. St-Colomba avait réussi dans sa tâche de conquête pacifique. Et longtemps, autour de son église de 563, les rois d’Ecosse successifs avaient désiré recevoir leur sépulture. A côts d'eux avaient été ensevelis même des Rois de Norvège. On vient encore visiter ces vieilles tombes royales émouvantes dans leur simplicité dans le voisinage de la houle du large, des archipels déchiquetés et des côtes à l'Est échancrées profondément par des sortes de fiords:-
Depuis St-Colomba, pour la possession de ces îles déshéritées, sur lesquelles un tel vent souffle, qu’en dehors de la pauvreté du sol la culture y est à peine possible, des races glorieuses se sont affrontées sans arrêt.
Ici, c’est la petite île de Staffa où se trouvent les célèbres grottes de Fingal, le héros de la mythologie gaëlique, évoqué pour nous dans les poèmes d’Ossian. Un peu plus loin, c’est là qu'a passé l’infatigable Kanut le grand, le conquérant scandinave. |
Partout, se sont déroulées de terribles bataïlles entre Celtes et Vikings. Et quand cette fureur s’est apaisée, une Principauté féodale s’est instituée, qui a eu quelquefois l'ambition de dominer l’Ecosse. Son dernier Seigneur, chanté par Walter Scott n’a été vaincu par la
puissance d’Edimbourg qu’en 1493, avant que Jacques IV enivré d’orgueil n’allât tomber à Flodden.
Mais quand ce n'étaient pas leur vassaux, c’étaient leurs ennemis du dehors qui, sur cette frontière maritirne menacçaient les rois d’Ecosse, Faut-il rappeler lattaque d'Haakon, le roi de Norvège, dont la flotte formidable fut, comme l’Armada, dispersée par la tempête, le combat de Largs dans l’Ayrshire, et la mort du té-. méraire monarque ?
Les descendants de Robert Bruce s'étaient maintenus sur ces régions à travers ce passé turbulent. Bien mieux, ils avaient incorporé à ces fiefs de langue erse ou gaëlique, les plus lointaines Orcades et les Shetland de population scandinaves apportées en dot en 1468 à Jacques TT par la fameuse Marguerite de Danemark.
Voilà ce qu’évoquent ces régions pour une âme et une imagination écossaise. Ces îles sont pleines de bruit et de mouvement. Elles sont pleines de rêves, pleines de superstitions. Christianisme et pasanisme, Scandinaves où Gaëls d'hier, tout y demeure proche et encore puissant de frissons et de hantises.
Le jeune Stevenson y alla pour voir construire, et aider peut-être un jour à construire, des ports, des jetées, et principalement des phares. Est-ce que depuis trois quarts du siècle ce n’était pas la tâche des Stevenson de tirer toutes les conséquences du développement de la civilisation industrielle ? Est-ce que ce n’était pas cette civilisation industrielle qui avait permis à la race obscure des Stevenson de sortir de leurs villages, d’affluer à Glasgow, et de devenir quelquefois des gens en vue. |
Le spectacle qu’on avait sous les yeux était bien digne d’inspirer l'enthousiasme et l’émerveillement. Qu'étaïent ces événements épiques dont ces lieux avaient été le théâtre impassible en face de cette prodigieuse puis- sance dasservissement de la naturé aux besoins de l’homme qui s’affirmait ? Cette côte de rochers sauvages, ces passes entre les flôts balayés par les courants, ces