‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 57 sur 205 · AULD LANG SYNE 1LT · texte numérisé non relu

AULD LANG SYNE 1LT

norait Eduubourg de sa présence. Où était même w vieux Drummond oi tiawtnornden, le Pétrarque de lHcosse, l’anui de 15en Jonson {

Y avait-1l une éclipse { Elle n'etait pas la conséquence de l’amoindrissement du prestige politique. La grandeur httéraire de la capitale avait survécu au Kvyaume 1ndépendant. Cent ans auparavant, quand Adam Smith, le tondateur de l'Économie politique moderne était Ll'ornement de la Cité commerciale de Glasgow, Edimbourg avait David Hume, Dugali Stuart ) et l'historien Kobertson. |

Bien mieux, n’était-ce pas l’époque où avait surgi en core des profondeurs paysannes de l’'Ayrshire ce laboureur inspiré qu'on idolâtrait toujours : Robert Burns. Presque à lui seul, il avait constitué un mouvement de Renaissance au pays des aïeux passionnés, Et sans se soucier de ce que ses opinions politiques ou philosophiques pouvaient avoir de détestable pour des Presbyté-° riens rigides, autant que sa riche verve amoureuse, Edimbourg se souvenant avec ivresse des nobles chevauchées d’antan avec les Bruce et les Douglas, et des grandes actions d’hier, avec le jeune Chevalier, avec Montrose, avec Bonnie Dundee lui avait décerné la couronne de lauriers dont Rome avait jadis couronné le Tasse,

C'était l’époque où Edimbourg avait construit la ville neuve, et où, pour mériter son surnom d'Athènes du Nord, elle avait prodigué les frontons grecs et les colonnes dans ses nouveaux édifices publics. L’Academy, où Stevenson avait fait ses premières classes et d’autres monuments que l’on voit encore dans les jardins de Princes Street, tristes cependant sous le ciel gris et pluvieux, avec leurs pierres ternies par les aménités du climat, rappellent ces hautes aspirations. Ils affirment que la Ville Neuve n’est pas seulement une conception Hanovrienne qui se fond insensiblement dans celle de la

(1) Hume (1711-1776) Robertson 4721-4798) Put DS (1753- 1828).

118 7 \L'ATMOSPHÈRE INTELLECTU ÊLHE

bourgeoisie victorienne.- Elle est marquée d’une ferveur.

Que dire de la génération qui avait suivi ? De cette pléiade audacieuse des « critiques écossais », qui, dans: Ja Revue d'Édimbourg, au Blackwood Magazine inposaient froidement leur loi à l'Angleterre? Ils avaient expliqué à Meats comment il fallait écrire des vers. Et Keats en avait pâli. On leur avait reproché sa mort,

Byron — qui pourtant avait dans les veines un sanz écossais dont il était orgueilleux — leur avait consacré

une longue diatribe en vers (1). C'était, pour la plupart, des avocats d’Edimbourg. Et parmi ceux-ci, beaucou» étaient devenus âe grands hommes politiques britanniques. Mais les bords du Forth étaient toujours leur point de rallièment. Ils s’appelaient Jeffrey, Sidney Smith, Brougham, Lockhart, Christophe North. Ils avaient été rejoints par le berger d’Ettrick, Janies Hoge. Et le plus - grand essayiste, qui prétendait être aussi le plus grand styliste anglais, Thomas de Quincey, avait été attiré, tel un papillon par l'éclat de la lampe, dans cette capitale des lettres qu'était Edimbourg en 1823.

Mais cette Pléiade,même n'était rien. Un homme de loi de la ville, un fonctionnaire logé dans Castle Street avait, sans daigner aller se fixer à Londres, opéré une révolution dans la littérature européenne. Les représentants de l'aristocratie anglaise avaient pris plaisir à le fréquenter. Où le nom de Walter Scott est-1l ignoré ? Grâce à lui de modestes villages d’'Ecosse étaient mieux connus que de grandes capitales. D'Edimbourg et de son voisinage immédiat, il avait lancé sur le monde, après ses poèmes, ses Ronians historiques.

Mais où sont les neives d'autan ? interrogeait triste ment Villon dans sa Ballade, Stevenson pouvait se poser la même question’ La gloire de Robert Burns où de Walter Scott durait encore. Où étaient les successeurs

(4) English Poets and Scotch Reviewers, Les

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