L'ÉBULLITION INTELLECTUELLE DE LA JEUNESSE ET LES CONTACTS ÉLARGIS
“Occupations sédentaires. Nouvelles influences : Spencer et Huxley. Le jacobinisme de Stevenson. La L. J. L. Le séjour en Allemagne: Frankfort, Baden, la Forêt Noire.
Si la carrière d’ingén'eur im hiquaii une sorte d’apprentissage en pleine nature, ca à deux j:as d'elle dans des sites pittoresques et sauvages, [a carriere d'homme de loi s’ouvrait par un stage beat plus sédentaire. I] s'agissait de passer son temps dans une étude. Celle de MM. Skene et Peacock, échut à Stevenson. L’organisation judiciaire et la terminologie écossaises ne sont pas tout à fait semblables à celles de l'Angleterre. Les fonctions de Writers to the Signet qu’exercaient ces derniers se rattachent à de vieilles traditions et les apparentent plutôt aux avoués.
Il est utile de noter que M. Skene en dre de son travail professionnel s'était fait une notoriété à Edimbourg par ses recherches historiques et par un livre sur l’Ecosse celtique. Mais il y eut si peu de contact entre Stevenson et ses principaux qu 1l passa tout à fait inaperçu de M. Skene.
Les besognes du stage avaient cet avantage d’être rétribuées. À vrai dire, il s’agissait surtout de copier des actes. Walter. Scott, naturellement actif de sa plume, même de cette façon purement mécanique s'était, comme beaucoup d’autres, procuré là dans sa jeunesse les som-
mes que peut-être lui refusait son père. Stevenson, bier que très à l’étroit ne semble pas avoir fait grand etfort pour augmenter ses ressources d'argent de poche. C’est un trait de son caractère que cette absence d'industrie terre à terre, et ce long pouvoir d’attente de l’épanouissement de ses véritables facultés.
Pour une multitude de raisons, Stevenson fut, plus qu’à aucune autre période de son existence soumis aux influences combinées de ses lectures et de la vie qu’on pouvait seulement mener dans la Capitale du Presbytérianisme, la triste Athènes du Nord, la Métropole des Vents, familièrement appelée « Old Reekie » aussi, depuis Robert Burns à cause de ses fumées et de ses brouillards.
Cette vie partagée entre l’atmosphère bourgeoise d’'Heriot Row et les dissipations du dehors, entre Edimbourg et Swanston était relativement sédentaire avons nous dit.
Les sujets qu’il lui fallait travailler n’étaient pas tous très intéressants. Mais Stevenson sortait facilement du cadre de son programme. Et à cet égard, même la médiocrité des questions, les thèmes purement procéduriers et juridiques servaient peut-être à attirer son attention sur des problèmes plus vastes qui les contiennent et les dominent. Pour certains esprits les détails du droit éveillent un intérêt pour la sociologie et la philosophie.
Stevenson semble avoir lu beaucoup dans cette direction. Mais le penseur qui produisit sur lui la plus forte impression fut incontestablement Herbert Spencer. « Bientôt après ma découverte de Whitman, je tombai sous l’influence d’Herbert Spencer » (1), dira-t-il.
Cette circonstance n’a rien de singulier. Herbert Spencer est bien représentatif d’un certain courant intellestuel en Grande-Bretagne. Sa vogue y a été considérable.
Stevenson le dira encore (2) : « Dans quelle
() P. 64. Tusi Books that have influenced me . Close upon the back of my discovery of Whitman I came under thb influence of Herbert Spencer.
(2) En 1887.