‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 76 sur 205 · FRE SÉJOUR EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

FRE SÉJOUR EN ALLEMAGNE

jadis le siège de la Diète de la Confédération germanique, riche en souvenirs et en monuments.

Frankfort sur le Mein est la ville natale de Gœthe, et une partie de la jeunesse de celui-ci s’y est déroulée. A ce titre, les lieux étaient intéressants à visiter. Maïs il y avait une nuance entre la familiarité dans laquelle Thackeray en quittant l’Université avait vécu vis-à-vis du poète lui-même à Weimar plus de trente ans auparavant et ce séjour modeste. Stevenson et Stimpson ne menèrent pas la brillante vie mondaine de l'étudiant de Trinity College sur le point bientôt de se préparer au Barreau. Ce fut pour eux simplement l’occasion de se frotter un peu d’Allemand.

Stevenson lut la vie de Gæœthe dans la biographie anglaise de Lewes. l’ami de George Eliot, qui datait de 1855. Ce livre eut sur lui une profonde influence. I] le cite précisément (1) après Spencer dans son essai de 1887 sur « les livres qui m'ont influencé. » Il ajoute d’ailleurs : « Je ne connais personne que j’admire moins que Goëthe, 1l me semble le résumé même de tous les péchés du génie, fracturant les portes de la vie privée et blessant à la légère des amis dans cette prodigieuse indiscrétion de Werther.… » (2).

Stevenson rejoignit bientôt ses parents dans la ville d’eau de Baden-Baden où ils l’avaient suivi en Allemagne.

Le grand charme de cette toire était la proxi- -mité de la Forêt Noire. Il trouvait là un paysage cher à Meredith. Et c’est précisément dans ce site de la Forêt Noire et de Baden que l’auteur du Mariage extravagant évoquera sous les traits de Gower Woodseer, « the natu- . rai philosopher », la physionomie de Robert-Louis Stevenson de ses années de jeunesse, vingt ans plus tard.

Peut-être est-ce là que Stevenson inaugura sa pratique

7 (1) Tusi 28 p. 65.

(2) d° « I Know no one whom I less admire E Goëthe ; he seems a very epitome of the sins of genius, breaking open the doors of private life and wantonly wounding friends, 19 that Done offense of Werther »,

des tours pédestres comme l'avait fait Keats. Du moins, ce fut sa première tentative de cette espèce à l'étranger. car il avait déjà parcouru le pays des lacs de cette façon.

T1 dut remplir de notes et d’observations plus d’un de ces cahiers de deux sous qu’il traînait partout avec lui et dont nous avons déjà parlé (1). Les conserva-t-il ? Il se servira en tout cas de ses impressions dans son roman de Prince Othon, d’abord appelé « le Royaume de la forêt ». Mais le Prince Othon était bien loin devant lui alors. Et ces promenades ne constituaient qu’une heureuse diversion à la routine de sa vie de Swanston et d'Edimbourg et de ses études. Car il n'apparaissait aucune indication de la manière dont il pût accéder à la littérature. |

Quand Stevenson écrivit à Edimbourg ou revint dans

la:capitale écossaise, pour continuer sa préparation au Barreau, à défaut de connaissances très étendues, il put néanmoins parler de l'Allemagne comme un homme qui y était allé. Nul doute que cette particularité ne constituât un mérite.

(1) Voir chapitre VIH, % partie,

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