‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 77 sur 205 · CONSÉQUENCE DES NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS CONFLIT FAMILIAL · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCE DES NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS CONFLIT FAMILIAL

Fin du système de réticence intellectuelle avec son père. Soucis de véracité de Stevenson. Nécessité des convictio::5 individuelles.f Stevenson fidèle quand même à.

l'inspiration du protestantisme. Sa résistance de conscience. Nouvel 2s5pect de Stevenson. Sa persévérance au travail.

Avant le début de février 1872, c’est-à-dire peu de mois après le retour d'Allemagne, M. Thomas Stevenson découvrit par hasard dans la maison une copie des soi-. disant statuts de la pseudo société secrète de la taverne d’Advocate’s Close, sous les initiales mystérieuses de L. J. L. Les buts de ce groupement limité à six personnes y étaient énoncés. On n’y proposait pas comme Shelley lavait fait publiquement à Oxford soixante ans auparavant le développement de l’athéisme. Mais quelques phrases sur la liberté de pensée, l’affranchissement des préjugés parurent singulières à M. Thomas Stevenson. Il posa probablement pour la première fois à son fils des questions précises sur ses croyances et sur ses idées mora: les, politiques et sociales. Stevenson répondit avec franchise. Et il fut tout à fait clair que le jeune homme répudiait catégoriquement la théologie rigoureuse et le point de vue strictement conservateur et bourgeois d'Heriot Row. Cette révélation s’abattit sur le père comme un coup de foudre. Car il était implicitement admis que les idées arrêtées pour: lui-même par M. Thomas Stevenson :

160 CONFLIT FAMILIAL étaient et devaient être celles de son fils. Le père vit tout à coup celui-ci engagé dans une voie dangereuse.

A la vérité, le jeune homme n’était pas sur un lit de roses. Son ami Sidney Colvin le représente très justement en proie « à divers courants et diverses tendances qui se rencontraient en lui, s’opposant l’une à l’autre dans sa personnalité à moitié formée, avec une très grande dépense de force morale et physique » (1).

I] avait depuis quelques années confié ses doutes concernant la véracité des doctrines qu’on lui avait enseignées dans sa famille à Fleming Jenkin. Stevenson nous a rapporté ces débats dans son « Mémoire de Fleming Jenkin ». Ce dernier était un croyant. Il répondait avec le bon sens d’un homme expérimenté qui a vu s’apaiser bien des excès intellectuels de la jeunesse. Puritain de fond, il était, malgré sa résidence à Edimbourg beaucoup plus près des néo-calvinistes américains, Emerson, Hawthorne et Thoreau que du dogmatisme rigide et des adaptations conservatrices et bourgeoises de l'Eglise écossaise, Il montrait au jeune homme comment on pouvait concilier les données de la foi et de la science en faisant parler aux doctrines un langage plus conforme au siècle. Ainsi pouvait-il toucher la sensibilité et l’intelligence du jeune sceptique. Nul doute que la leçon ne fut pas tout à fait perdue.

Mais le milieu écossais était-il très favorable à développer : le respect des pratiques religieuses? Dans son essai de février 1871, c’est-à-dire de deux ans auparavant dans «l’Edinburgh Magazine » Stevenson nous avait décrit l’état des croyances chez les étudiants d’Edimbourg « considérés de façon générale ».

« L'étudiant en théologie, par exemple, doit-être officiellement un croyant ; et comme la foi est malheureusement considérée par beaucoup comme une confession de faiblesse, il lui faut plutôt choisir entre deux façons

(1) Leiters Vol. I Introductory Note p. 8 — There met in him, various strains and elements which were in these days pulling

against orme another in his half-formet heing at a great expense of spirit and body. (Sidney Colvin).

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