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PREMIERS APPUIS D'ANGLETERRE ET LEURS CONSÉQUENCES

. Un voyage dans le Suffolk. L'atmosphère des Universités anglaises. Sidney Colvin et Mme Sitwell. Stevenson à Londres.

Premier essai. Sa maladie. « Condamné à l'hiver dans le Midi. » La Côte d'Azur et ses bienfaits. Andrew Lang.

Dans le deuxième numéro de « l’Edinburgh University Magazine » Stevenson avait écrit, dès 1871 « De la même façon que l’on envoie un jeune homme dans une Université anglaise pour effacer ses préjugés, on pourrait l'envoyer à Edimbourg pour les renforcer. » C’est dire, s’il appréciait peu l’état d’esprit de l’Université de sa ville natale. Depuis, il avait été élu président de la Speculative Society, il avait passé à son retour d’Allemagne, les épreuves préliminaires de l’examen d’admission au Barreau, et aussi tardivement que le mois de mai 1873 il avait fait encore une incursion dans le domaine scientifique en rédigeant une communication pour le « Royal Society of Edinburgh » sur « l’Influence thermale des forêts », communication que lut son père et qui fut insérée dans le recueil des travaux de l’année. Telle était sa carrière.

Un simple séjour de quelques semaines pendant l'été de 1873 chez une cousine du côté maternel, Mrs Churchill Babington, qui avait épousé un pasteur de l’Eglise anglicane pourvu d’un bénéfice dans une paroïsse du Suffolk, transforma la situation de fond en comble.

Le Révérend Churchill Babington était non seulement « Rector » de Cockfield, petit village près de Bury St-

Edmond où 1l résidait au moins pendant l'été, mais Professeur d'Archéologie à l'Université de Cambridge.

Chez lui, Stevenscn trouva d’abord uné amie de sa femme Mrs Sitwell (1) qui habitait ordinairement Londres, puis un jeune homme de vingt-huit ans, qui avait déjà fait son chemin dans l'Université autant que dans les lettres. C’était Sidney Colvin, Profes-eur d’esthétique à l’Université de Cambridge, où sa chaire était exastement l'équivalent de celle que le célèbre Ruskin, alors âgé de cinquante-quatre ans occupait à Oxford (2).

Le verdict de ces deux personnes au moins fut si favorable à Stevenson qu’il marqua le début d’une correspondance très active avec Londres. Mrs Sitwell — la future Lady Colvin (3) — fut, dès le retour du jeune homme à Edimbourg le 1° Septembre 1873 la confidente des pensées de celui-ci. C’est ainsi que commença la brillante carrière littéraire de Robert-Louis Stevenson.

L'auteur de Virginibus Puerisque citera quelques années plus tard ce passage de Thoreau : « qu’il est nécessaire d’être deux pour dire la vérité, un pour parler et l’autre pour écouter. » « C’est, dit-il, le passage le plus noble et le plus utile que j'ai jamais lu dans n’importe quel auteur moderne » (4).

À Mrs Sitwell, femme délicate et distinguée, il commença à parler en toute franchise. Et l'influence bienfaisante de cette haute amitié, de cette noble appréciation féminine, l’idée qu’elle lui apporta d’un monde, d’une société dans laquelle elle se mouvait si différente de celle d'Edimbourg tourna sa pensée vers Londres.

() Mrs Sitwell, comme son hôtesse, était femme d'un pasteur dont elle vivait éloignée ; elle avait un flls de 7 à 8'ans et n’était pas démunie d’une certaine fortune.

(2) Slade Professorship of Art. fondée dans les Universités d'Oxford Cambridge et Londres par. Félix Slade (1789-1768) antiquaire et collectionneur qui Ssa égalément ses collecti British Museum. Sn TN

(3) Mais seulement en 1903.

(4) Tusi 25 p. 36 — Virg. Pucr, « It takes, says Thoreau, in the

noblest and most useful passage I remember to have read in a modern author, two to speak truth — one to gs

read ». Cf.Emerson I can saÿ to you what I

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