‹ La Vocation de Robert-Louis StevensonChapitre 84 sur 205 · DANS LA CAPITALE ANGLAISE · texte numérisé non relu

DANS LA CAPITALE ANGLAISE

Il envoya dans la: capitale anglaise un premier essai :

La pression nerveuse de ces derniers mois avait-elle miné sa santé ? Etait-ce la surexcitation de nouveaux espoirs ou un accident fortuit ? Stevenson tomba malade. Un médecin londonien fut appelé par ses amis, et son examen entraîna des conséquences décisives. Il diagnostiqua un mauvais état général, un état nerveux inquié- Les Routes, qui, refusé à la Saturday Review, finit par être accepté par Portfolio, revue artistique et littéraire que publiait P. G. Hammerton, le futur biographe de Turner.

Mais avaat que ne parut cet essai, sous le pseudonyme transparent de L. S. Stoneven, en Novembre, Stevenson facilement qu'à Edimbourg. Cependant sa visite, où il revit Mrs Sitwell et Sidney Colvin et leurs amis eut un résultat inattendu. | était déjà à Londres. Il avait conçu l’idée de se présenter au Barreau de cette capitale où il espérait être recu plus tant, avec des menaces de phtisie. Il déconseilla très vigoureusement le retour à Edimbourg.

I1 y eut un échange de vues avec les parents. Ceuxci suggérèrent un séjour avec Mme Stevenson à Torquay. Maïs le D' Clarke qui soïgnait le jeune écossais repoussa catégoriquement de semblables plans. II indiqua avec autorité la nécessité de changer Stevenson de milieu, de l’éloigner temporairement du cercle familial, de lui donner du large. T1 fallait un climat très doux pour passer l’hiver. Il ordonna le transfert immédiat sur

la Côte d'Azur. Après quelques difficultés, M. et Mme Stevenson s’inclinèrent.

M. Thomas Stevenson vit les nouveaux amis de son fils. Celui-ci rendit compte de cette entrevue par un? lettre à Mrs Sitwell, écrite de Douvres en route pour la France : « Mon père fut très enchanté de vous comme je savaîs naturellement qu’il le seraît ; mais vous et Colvin avez si lamentablement surfaît votre solennité que vous avez donné l’occasion d’une théorie entièrement nouvelle de ma maladie. J’ai été dans les pires mains

possibles » ; ma maladie est presque entièrement due à votre société et ainsi de suite. Ne sont-ils pas bien embarrassants ? » (1).

‘Les parents ne s’alarmèrent pas outre mesure des symptômes qui leur furent signalés. Après les grandes démonstrations de désespoir qui avaient marqué la découverte de ses vues personnelles qui ne cadraient pas exactement avec les leurs, Stevenson fut assez étonné de leur tranquillité sur ce point : « L/admirable placidité de leur esprit ne semble pas du tout dérangée » (2), écrivit-il. Dans tous les cas, il prenait le chemin de Menton,

libre de ses propres mouvements. Il avait écrit de Dou-.

vres à Mrs Sitwell ; il lui écrivit tous les jours. C’était

en. vérité son bon ange. Car, grâce à la solennité de Sid-

ney Colvin, le jeune homme, aux yeux de ses parents n’était plus tout à fait un « abominable athée ». Il semblait avoir acquis APS un statut personnel beaucoup plus élevé.

« Mon premier enthousiasme fut à mon réveil à Orange quand j’ouvris les volets. Un tel flot de soleil et de vie m’inonda tout à coup que je confesse avoir dansé et exprimé bruyamment ma satisfaction », écrivit-il à Londres (3).

De Menton où il était déjà venu dans son enfance, il rot à sa mère les changements survenus depuis leur passage neuf ou dix ans auparavant (4). Mais, le premier moment d'enthousiasme passé, Stevenson se sentit bientôt « placide et inerte ».

Cependant il commença à écrire son essai « Condam-

RE

() Letters Vol. I p. 89 — Dover Nov. 5 1873, to Mrs S. « My father wasi much delighted with you, as I know of course he would be : but you and Colvin have so lamentably overdone your solemnity that you have given rise to an entirely new theory of my illness. 1 havé hcen « in the worst possible hands », my filness is almost entirely owing to vour Society and so forth. Are they not perplexing people to deal with ? ,

(2) d° p. 88. The admirable placidity of their minds docs not seem to be at all perturbed.

(3) Letters Vol. 1 p. 93 — Mentone Nov. 12 1873 — « My first enthousiasm was on rising at Orange and throwing open the shutters. Such a great living flood of sunshine poured in upon me that 1! confess to having danced and expressed my satisfaction aloud ».

(4) Voir Lettre Nov. 13 -— Letters Vol. I,

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