La prière ardente et assidue
Le désir ardent de connaître la volonté de Jésus dans le choix de sa vocation doit être accompagné d’un grand esprit de prière ; à l’exemple des Apôtres, quand il s’est agi de l’élection du successeur de Judas : « Tous priant, ils dirent : O vous, Seigneur, qui connaissez les cœurs de tous, montrez-nous lequel vous avez choisi » (Act., 1, 24).
Saint Bernard a raison de dire : « qu’on cherche plus dignement Dieu en priant qu’en disputant, et qu’on le trouve plus facilement ».
Jésus Lui-même a voulu nous enseigner le rôle important de la prière dans le choix d’une vocation, car, lisons-nous en saint Luc (vi, 12, i3) : « Il s’en alla sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit priant Dieu ; et le jour étant venu, il appela ses disciples et en choisit douze d’entre eux qu’il nomma apôtres ».
Et cette prière, elle doit être constante, car rien ne justifierait un moment d’arrêt, lorsqu’il s’agit d’une question aussi grave et qui ne peut être élucidée que par la lumière divine. C’est bien ici qu’il convient de tenir compte de la recommandation que nous fait notre divin Maître : « Il faut toujours prier et ne se lasser jamais » (Luc, xvin, 1). « Si nous ne voulons point chercher Dieu en vain, dit saint Bernard, cherchons-le
sérieusement, cherchons-le souvent, cherchonsle avec persévérance. »
Mais, précisément à cause de l’importance du sujet, cette supplication de l’âme qui cherche sa voie et entrevoit Tétât religieux, doit être ardente et monter des profondeurs de son être. Elle ne peut consister dans des formules banales, mais elle doit exprimer les désirs et les sentiments intimes du cœur. « Ce n’est point avec tiédeur, comme s’exprime encore saint Bernard, ou négligence, ou par manière d’acquit, qu’il faut chercher Dieu ; mais il convient de le chercher avec un cœur fervent qui ne se lasse ja^ mais. » C’est-à-dire que notre prière doit être une prière toute d’amour, une prière qui s’embrase au contact du Bien-Aimé vers lequel l’âme se sent irrésistiblement portée par des aspirations toutes divines.
Saint Jean Chrysostome dit justement que « ce ne sont pas les grands cris qui sont puissants auprès de Dieu, mais un grand amour ; Dieu n’écoute pas la voix, mais le cœur ». Saint Augustin s’exprime non moins admirablement : « C’est l’amour qui demande, c’est l’amour qui cherche, c’est l’amour qui frappe, et c’est à l’amour que Dieu se révèle ».
La lumière est assurée à qui prie de la sorte. C’est le Seigneur qui nous le promet, en Jérémie : « Vous me chercherez et vous me trou-
verez, parce que vous m’avez cherché de tout votre cœur » (Jér., xxix, i3).