‹ La Vocation ReligieuseChapitre 26 sur 105 · Vie la plus conforme à celle de Jésus sur la terre · texte numérisé non relu

Vie la plus conforme à celle de Jésus sur la terre

L’âme qui quitte tout pour ne plus se préoccuper que des choses du ciel est attirée par le

divin modèle qu’elle a sous les yeux. Jésus Ta ravie, puis 11 Fa invitée à Le suivre pas à pas dans la pratique de toutes les vertus et dans une offrande perpétuelle de tout elle-même à la gloire de Dieu ; elle n’a plus de repos qu’elle n’ait reproduit en elle la sainteté de son Maître.

Des religieux, on peut affirmer à bon droit ce que dit saint Paul : « Dieu les a appelés pour être saints, il les a prédestinés à devenir conformes à l’image de son Fils » (Rom., viii, 29). Mais « les saints, nous dit saint Thomas, ne se réjouissent et ne se' glorifient que dans les richesses de la vertu ; ils se glorifient dans l’amour de Dieu, dans la connaissance de Dieu, dans l’imitation de Dieu ».

L’âme religieuse n’a plus autre chose à faire que d’étudier son divin Modèle pour le connaître, de le connaître pour l’aimer, de l’aimer pour l’imiter. « Vous avez été appelés à suivre les traces du Christ, qui vous a laissé son exemple », nous dit saint Pierre (I Pïer., ii, 21). « Suivre le Christ, comme s’exprime saint Bonaventure, c’est se rendre semblable à lui aussi parfaitement que possible» ; et il ajoute : « C’est en quoi consiste la parfaite religion, c’est la perfection religieuse. »

Loin du monde, dégagée des soucis terrestres, sans autre responsabilité que celle de travailler à sa propre sanctification, l’âme vit de solitude,

de prière, de pénitence et de recueillement. Constamment préoccupée de plaire à son Maître, elle dépense à son service ses talents, ses forces, sa vie ; elle demeure amoureusement dépendante de Jésus, comme Jésus Tétait de son Père; elle met son bonheur à s’entretenir avec Lui, elle jouit ineffablement de ses saints colloques et elle réalise ainsi, par ces relations d’intimité divine, ce que dit saint Paul : « Celui qui est uni à Dieu est un même esprit avec lui » (1 Cor., vi, 17).

Eloignée du regard des hommes, elle n’est vraiment connue que de Dieu seul, et sa vie est cachée en Dieu son Seigneur. Sans autre ambition que celle de rendre sa vie conforme à celle de son divin Epoux, elle reste étrangère aux choses du siècle et elle ne s’intéresse plus qu’aux choses éternelles ; elle pratique à la lettre les conseils évangéliques, elle se voue avec joie aux exercices de pénitence et de mortification, elle ambitionne de devenir une copie vivante de son Maître et, poussant l’amour jusqu’à l’héroïsme, elle se considère comme la victime de son sacrifice et elle se laisse immoler.

L’apôtre saint Jean nous avertit que « quiconque dit qu’il demeure en Jésus-Christ, doit suivre la voie que Jésus-Christ a suivie » (I Jean, h, 6). Mais « suivre le Christ dans sa passion et dans sa mort, dit saint Bonaventure, c’est une

parfaite et souveraine imitation du Christ ». C’est au Calvaire qu’aboutit et se couronne la vie de Jésus ; c’est donc jusque sur la croix que doit Le suivre l’âme religieuse, pour s’y laisser crucifier avec Lui. Comme pour Jésus, sa vie n’est qu’une préparation au grand sacrifice. Avec Jésus, elle s’immole chaque jour. Constamment les regards de son âme restent fixés sur Jésus, comme ceux de Jésus l’étaient sur son divin Père. A tous les moments de sa vie, faite de renoncement et d’obéissance, elle peut dire qu’elle fait sa nourriture de la volonté divine, et s’écrier dans des transports de joie et d’amour : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi... Ma vie c’est Jésus-Christ » (Gal., ii, 20 ; Phil., i, 21).

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