‹ La Vocation ReligieuseChapitre 38 sur 105 · PRINCIPAUX MOTIFS ^ENTRER EN RELIGION · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX MOTIFS ^ENTRER EN RELIGION

corde se dresse noble et tendre devant eux, pour les bénir et les embrasser. Le Jésus qui a tant aimé les pécheurs les regarde avec une particulière tendresse ; et s’ils veulent répondre à ses divines avances, Il va leur mettre dans les mains un moyen efficace de réparer leurs fautes, Il va les introduire dans son intimité pour en faire des saints, comme II Ta fait de tant d’autres pénitents.

Le souvenir des fautes passées pèse lourdement sur les âmes repentantes ; le grand moyen de l’alléger, c’est de multiplier les actes de vertu qui leur font contrepoids et les expient. La vie religieuse en donne de continuelles occasions, et dans des conditions bien plus favorables que dans le monde. « Mon frère, s’écrie saint Jérôme, que faites-vous dans le siècle? Combien de temps encore les ombres des toits vous écraserontelles ? Resterez- vous longtemps encore captif dans la prison enfumée des villes ? Redoutezvous la peine? Mais quel athlète fut jamais couronné sans combat ?... Au jour du jugement vous partagerez la gloire de ceux qui vivent présentement dans les saintes fatigues de la pénitence. »

Il n’y a pas de lieu plus propice pour pleurer ses fautes que le cloître. « L’état religieux, dit saint Thomas, est le lieu le plus convenable pour faire pénitence. » Que les pécheurs y entrent en

foule, et ils seront vite purifiés. Il n’y en a pas davantage de plus solidement édifié pour se préserver de nouvelles chutes. Ceux qui ont beaucoup péché y apprendront à beaucoup aimer, et ceux qui craignent de ne pouvoir persévérer dans leur conversion y trouveront des moyens efficaces de se conserver dans l’amitié de Dieu et de reconquérir, par la pénitence, leur innocence perdue.

Quatrième motif. —Fuir les futilités du monde .

Combien d’âmes qui éprouvent le vide que laisse dans le cœur la futilité des choses de la terre ! Il y a dans le monde tant de frivolités ; on s’y occupe de tant de bagatelles ; on s’y entretient de tant de choses inutiles ; on y perd un temps si considérable ; on y est assujetti à tant de futilités ; on y vit esclave de tant de convenances mondaines ! Que de vies qui ne s’écoulent que dans ces riens, lesquels n’en sont pas moins des chaînes qui rendent les âmes captives !

Il n’y a rien d’étonnant que certaines âmes s’en fatiguent et en sentent le néant. Quand elles réfléchissent que la vie passe si vite, « c’est une vapeur qui s’évanouit», dit l’apôtre saint Jacques (Jac., iv, i5), et que « le temps, selon l’expression du Psalmîste, est comme un tourbillon, comme la paille que le vent emporte » (Ps. lxxxii, 14),

Page 1