NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA VOCATION
Voilà la vocation générale : nous sommes faits pour le ciel, nous nous en allons au ciel, nous y arriverons sûrement, si nous savons correspondre aux grâces et aux volontés divines.
Les voies pour parvenir au ciel sont cependant variées, suivant les desseins de Dieu d’une part et suivant les circonstances ou les divers états d’âme de l’autre. C’est ainsi que Jésus impose à tous l’obéissance à ses commandements, et qu’il ne propose la pratique des conseils qu’à un certain nombre.
Il est de foi que Dieu préside à tous les évènements de ce monde, même purement matériels et terrestres. Combien plus ne le fait-il pas dans l’ordre surnaturel, et spécialement lorsqu’il s’agit d’une âme qu’il a créée à son image et à sa ressemblance. Le Dieu de bonté, dans la pensée duquel nous existons de toute éternité, a tout prévu de ce qui devait nous arriver dans le cours de notre vie ; et, nous connaissant à fond, avec nos qualités et nos défauts, nos vertus et nos misères morales, notre tempérament et nos tendances diverses, nos goûts et nos aspirations, il a mis sur notre route les secours appropriés à nos besoins. De plus, comme il est libre dans ses dons, il a formé sur chacun de nous des desseins particuliers qui correspondent à sa sagesse et à sa miséricorde ; et, pour
les accomplir, il nous a tracé une voie et fourni des moyens proportionnés.
C’est cette voie spéciale que chacun doit suivre ; ce sont ces moyens dont il faut user ; ce sont ces grâces de salut et de sanctification qu’il est nécessaire de faire fructifier. Ce qui revient à dire que notre premier devoir à tous, est de chercher à réaliser dans le temps les desseins d’amour et de miséricorde que Dieu a formés pour nous de toute éternité ; et, pour cela, marcher généreusement dans la voie de vertu et de perfection qui correspond le mieux aux volontés divines sur nous.
C’est ici qu’apparaît, à l’origine, la vocation à laquelle Dieu nous a destinés, et dont il faut faire la lumière de nos réflexions et la règle de nos déterminations. Ce n’est pas nous, en premier lieu, qui nous déterminons. Avant nous, dans le sein de Dieu, une volonté éternelle s’est manifestée; le tout est de nous y conformer. « Il nous a élus en lui avant la constitution du monde », dit saint Paul (Ephés., i, 4). « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses apôtres, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jean, xv, 16).
Ces choix sont absolus et n’ont d’autres raisons d’être, que la volonté divine. C’est ce qu’exprime saint Augustin, lorsqu’il dit : « Dieu choisit ceux qui ne sont pas encore, et il ne se trompe pas en les choisissant, et il ne les choisit pas